Voyage à pied en France – les 9 premiers mois

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Voyage à pied en France – les 9 premiers mois

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9 avril 2017

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Que retenir de ce voyage à pied en France ? Coup d’oeil dans le rétro sur les neufs premiers mois de marche à travers la diagonale du vide. En mettant bout à bout tous ces (bons) moments, cette traversée qui s’achève dessine-t-elle quelque chose ? Des Ardennes à l’Indre, l’aventure tient au moins toutes ses promesses.

Première semaine de rodage au coeur des Ardennes. Exalté par la beauté des forêts et des vallées sauvages, l’enthousiasme des premiers jours laisse vite place au doute

Mon corps tiendra-t-il le rythme du voyage sous l’embonpoint de mon sac à dos ? Comment parler de la France qui a le sourire sans tomber dans un angélisme imbécile ? Comment laisser le hasard s’immiscer dans mon planning trop chargé ?

C’est toute la magie du voyage. Les rencontres se succèdent et ne se ressemblent pas. Sans avoir à forcer le trait, ce voyage en France s’annonce comme une aventure.

Dans les Ardennes, le temps s’épaissit !

Dans le val d’Ardennes, quelque chose ne va pas. Villages de cartes postales, rues proprissimes, maisonnettes modèles et jardins fleuris… Tout est trop lisse ici. Le joli décor de cinéma de la pointe de Givet cache quelque chose de malsain.

J’avance le long de la Meuse. À Sedan, les cow-boys sont des pêcheurs et les Ardennes ont des airs de far-east. Il y a de la bière et des frites, des histoires de comptoir, quelques séances de pêche et le blues d’une ville aux airs de belle endormie

Je passe en bateau-stop la frontière des Ardennes à la Meuse pas moins excité que si je traversais l’équateur !

En Meuse, dans le vif du sujet

Les Ardennes étaient un amuse-bouche. Dans la Meuse, la diagonale du vide se révèle : moins de villages, moins de réseau, moins de boulangeries, moins de bistros…  À pied, à travers champs, tout prend une autre dimension.

Moins vite, moins haut, moins loin… C’est un peu la devise de ce voyage à pied en France. Je passe plus de temps chez les gens que sur la route.

Chez Jacques, dans l’Argonne, balade en âne le jour, concert la nuit. Il fait bon vivre sous la grange à son. À Fresnes-au-Mont, habitants et artistes créent des parcours artistiques. C’est le Vent des Forêts, une galerie d’art à ciel ouvert. Chez Martine et Christian, à la ferme de la Clé des champs, le tourisme rural a un goût de confiture.

En Haute-Marne, la nature prend le dessus

L’été est là, et avec lui la canicule. La traversée de la Haute-Marne se fera à l’ombre des forêts.

Une andouillette glissée dans mon sac à dos me révèle la faune sauvage sous un jour moins amical. De la compagnie des hommes à celle des animaux, un peu d’enfer, un peu de paradis.

Lancé sur le GR 7 entre la liberté solitaire de la rando nature et les plaisirs sophistiqués des villes-étapes, je navigue de port en port. La nuit, j’écoute vibrer le monde de la forêt. Le jour, je joue à cache-cache avec les bêtes sauvages. À Auberive, un heureuse rencontre réveille mon instinct de chasseur.

La nature a pris le dessus en Haute-Marne

Dans l’Aube, des histoires à dormir debout

Dans l’Aube, mon voyage s’annonce moyennement glamour.

Horizon plat, route rectiligne, chaleur écrasante au plus creux de l’été. Ça sent le foin et l’ennui. Les rencontres toujours improbables vont se charger de l’animation.

De l’abbaye d’Auberive à l’abbaye de Clairvaux, sur les chemins de Dieu, je deviens pélerin.

Autour de la forêt d’Orient, le passé se mélange avec le présent dans un joyeux folklore. Des templiers aux OVNIs, je chasse les fantômes et remonte la piste des extra-terrestres.

À Clairvaux, je m’essaye au tourisme carcéral. Mais il s’agit moins de la visite d’un lieu unique, abbaye et prison, que de la rencontre de l’homme qui l’a fait renaître, Jean François.

Mon itinéraire improvisé me ballote de surprises en surprises.

Dans l’Yonne, bon appétit et large soif !

Dans l’Yonne, l’itinéraire prévu de châteaux en châteaux se transforme en balade gastronomique. Vins de Chablis, tables ombragées et viandes en sauce… Le long du canal du Nivernais, le temps est au beau fixe, l’ambiance à la sieste.

Côté organisation, ça patine un peu… Rien ne veut se mettre en ordre. Je prends les choses comme elles viennent. Une nuit dans une grotte, un camping très nature, un petit cours d’ésotérisme, un vol en ballon. D’Avallon à Vézelay, l’Yonne se découvre sur la terre comme au ciel.

À Vézelay, départ des chemins de Compostelle, la colline éternelle aimante les visiteurs. Pèlerins, touristes, marcheurs… On trouve tout et son contraire. Vézelay est mystique et ésotérique.

Dans la Nièvre, ça sent le sapin…

Selon les autochtones, « dans le Morvan, y’a pas d’bon vent, y’a pas de bonnes gens ». Sur les cartes, la grande traversée du morvan a quelque chose d’épique, un parfum d’aventure. Je m’élance.

Il y a des orages, du granit et le vent qui fait chuinter les arbres. Dans les vallées, ça sent le sapin et la poudre à canon. C’est le week-end d’ouverture de la chasse. Parmi les arbres, les sangliers touchent du bois. Moi aussi

Le Mont Beuvray marque la ligne d’arrivée. On me l’a décrit comme le plus beau point de vue du Morvan. Levé aux aurores, ma randonnée nocturne se transforme vite en course-poursuite contre le soleil. Dans le noir, je fais le point avec moi-même.

Coup de coeur dans le Cher

En passant la Loire, j’ai l’intuition que le voyage va changer. L’automne s’installe. Jours plus courts, nuits plus fraîches.

Dans les bois, les cerfs brament et annoncent la fin de partie. Il y a des sons comme ça qu’il faut avoir entendu au moins une fois dans sa vie.

La forêt de Sologne est un must pour les randonneurs à la petite semaine. Kat, une backpackeuse philippine, m’a rejoint pour quelques jours. Le « camping trip » se transforme en aventure.

La forêt de Sologne a mis son manteau d’automne. En chemin, des rencontres colorées pimentent la balade romantique. Éleveurs, apiculteurs, chasseurs, poètes…

Coup de froid dans le Berry

La fin de l’année approche, mon corps réclame une pause. Bronchite, angine, rhino-pharyngite… Physiquement, je suis au bout du rouleau.

Entre deux poussées de fièvre, je trimbale mes microbes dans les marais de Bourges. Dans ce labyrinthe de jardins et de canaux à l’écart du monde, la promenade est nature et gastronomique, de la terre (fertile) à l’assiette (étoilée).

Je repars tant bien que mal. Dans le sud du Berry, j’arrive au centre géographique de la France. Le moment est particulier. Les élections régionales viennent de se dérouler sur fond d’attentats. Électeurs du front national, agriculteurs écolos, étrangers amoureux de la France… À chacun sa vision des choses.

Pour moi, c’est le moment de faire une pause dans ce voyage au long cours en France. Je rentre me retaper quelques semaines pour repartir du bon pied. J’aurai besoin de forces pour me frotter aux Pyrénées sous l’hiver…

Les neufs mois à venir vont s’avérer physiques. Quand le voyage prend du relief…

Par ici pour la suite et fin du voyage en France

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