La vallée de la Meuse à pied

Balade dans la vallée de la Meuse de Givet à Char­le­ville. Nuits dans la forêt, vallées sauvages, villages du bout du monde… Itiné­raire le long de la voie verte.

Montagnes russes pour cette première semaine de rodage au coeur des Ardennes. Exalté par la beauté des forêts et des vallées sauvages, je dois aussi composer avec le poids d’un sac qui mérite quelques réglages. Qui veut aller loin ménage sa monture. La monture, c’est moi…

Encore une nuit où j’ai eu froid ! Je n’ai jamais froid, d’habitude. Là, l’humidité conju­guée du fleuve et de la forêt me donnent des fris­sons. Les Ardennes : de l’eau et de la forêt. Le vent de pluie qui fait bruisser les feuilles ne présage rien de bon. Ce soir, c’est décidé, je dormirai au chaud !

Au gîte Au bord de la Meuse, je suis accueilli à bras ouverts. Angé­lique et John ont fait de cet endroit qui mérite bien son nom quelque chose de simple, joli et chaleu­reux. Pas vrai­ment le temps de tester les talents de cuisi­nier du patron. Parti pour « une petite sieste », j’enquille sans ciller 15h d’un sommeil de plomb.

Après une semaine de marche, mon corps réclame une trève. Fina­le­ment, un âne, était-ce une si mauvaise idée ?

mon futur sherpa ?

Les sons de la forêt

Pour­tant, j’aime ces nuits sauvages en forêt, où les chenilles font du rappel et les sangliers ronchonnent, où une barrière de feuille et le chant des oiseaux adou­cissent la violence de l’averse. Dans ma tente-bouclier, je teste ma peur face aux bruits de la nature. Au village des animaux, je suis l’attraction de la soirée.

Souffles, gron­de­ments, pas dans les feuilles… Je paie­rais cher pour aper­ce­voir ce qui me tourne autour lente­ment, pour savoir qui sont mes visi­teurs du soir. Mais je n’imagine pas une seconde quitter le cocon protec­teur. Ma plus grande peur : une envie de pisser !

Brouillards de légende

Chucho­te­ments du feuillage, glous­se­ment du torrent, la lumière se diffracte dans des milliers de gout­te­lettes. Baignées dans la brume, les clai­rières ouvrent des puits de lumière, les feuilles allument le sous-bois, les mousses luisent dans la pénombre. Les Ardennes sont une terre de légende.

Sous la montagne, je m’aventure dans des laby­rinthes de pierre creusés de main d’hommes. L’exploration est tentante, mais seul et mal équipé, je risque­rais de me faire engloutir. Si ce n’est pas un troll, au moins l’obscurité.

Villages de bout du monde

Les villages de la vallée de la Semois ont des airs de radeaux perdus dans un océan de forêt. Senti­ment d’être au bout du monde. Comme si le temps s’écoulait diffé­rem­ment ici. Mont malgré tout, col du loup, Roc Latour… Des histoires de diable et de fées plongent chaque lieu dans une histoire mythique.

Au confluent de la Meuse, les ruines de Montessor évoquent encore l’esprit fron­deur des 4 fils Aymon. L’identité arden­naise s’est forgé ici. Refus de l’arbitraire, courage, vaillance, persé­vé­rance… Je vais avoir besoin de toutes ces qualités pour venir à bout de ce voyage au long cours.

Moins vite, moins loin, moins haut

J’avais dit que je ne marche­rais pas tous les jours… Et je marche tous les jours. J’avais dit que je ne parti­rais pas avec plus de 15 kilos… Et je ploie si bien sous les 20 kg de mon sac à dos que j’ai cru avoir des bleus aux clavi­cules ! Ou je lâche du lest ou je ne passe pas la fin du mois. Mission numéro un : opti­miser le range­ment et alléger la charge.

Je sacrifie mon livre et mes oripeaux de citadin. Des pieds à la tête, je suis jaune, fluo, anthra­cite. Micro­fibres, goretex, novadry, polar­tech… Me voilà déguisé en voya­geur. Pour me fondre dans la foule en toute discré­tion, c’est raté. J’ai l’air de partir en expé­di­tion à l’autre bout de la terre, y compris quand je fais mes courses à la supérette.

Des bonnes ondes

Après une petite semaine de pause tech­nique, je suis de nouveau prêt à reprendre la route.

Reste à trouver le bon tempo du voyage et arrêter de m’en référer aux cartes. J’ai encore peu cédé à l’appel des chemins inconnus menant qui sait où. Je suis en rodage.

Mais les rencontres des dernières semaines sont autant d’encouragements. De ce point de vue, le voyage dépasse mes espé­rances. Partout où je passe, l’énergie et les bonnes vibra­tions sont là. En avant toute !

En avant !

Le livre d’un voyage exotique en France

Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ? Pour y répondre, j’ai traversé la France à pied à travers la diago­nale du vide.

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Commentaires

Ah les couleurs fluos des matières tech­niques, c’est pas le panard. Ya des trucs chics ayant la même fonc­tion, mais bonjour le prix. Ryan le sac à dos avait fait un petit article avec la marque de ces vête­ments légers et passe partout.

Hello Seb ! Oui, il y a bon nombre de marques et de sites qui donnent en effet dans la laine de mérinos, les tissus élas­tiques, le petit air gent­leman farmer. Diffi­cile d’avoir la classe en voyage. Je crois qu’avec le chèche sur la tête, j’ai défi­ni­ti­ve­ment dit adieu au style passe-partout… Au moins, ça attire la curio­sité. Et parfois, la sympathie !
Merci pour le petit passage par ici 🙂

Jsuis en plein dans la prépa­ra­tion de mes sacoches vélo. Et je pense que je suis bien trop lourd, (23 kg de bagage sans bouffe et sans eau). Après, en vélo, je crois que le poids est pas aussi impor­tant. Je pour­rais gagner 3–4 kg en moins, mais j’aurai l’air d’un plouc si je dois sortir en ville, et j’aurai du matos photo en moins. … Affaire à suivre

23 kg, c’est aussi ce que je portais dans mes sacoches pour mon tour du monde.
Là, mon sac à dos fait 16 kg sans eau… J’ai congédié le jean depuis belle lurette. En revanche, pas ques­tion d’aban­donner le matos photo ! Je serai un plouc photographe.

Je découvre ton blog, c’est un grand plaisir de lire tes récits. J’ai commencé en parti­cu­lier par celui sur le Morvan, région que que j’ai décou­verte en décembre dernier. Un grand souvenir,d’autant que les randon­neurs se font très rare à cette saison.
Je vais conti­nuer la décou­verte de ton blog ! Bonne aventure !

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