Comment voyager plus léger (pour la planète) ?

Du tourisme durable au slow tourisme, quatre bonnes pratiques pour voyager autre­ment et réduire le bilan carbone de nos voyages.

Le tourisme durable comme solu­tion au réchauf­fe­ment clima­tique ? Pour les voya­geurs qui se soucient de leur bilan carbone, l’industrie du tourisme et des trans­ports propose des solu­tions. Si celles-ci vont dans le bon sens, elles ne sont pas à la hauteur des enjeux actuels. En atten­dant que ça bouge là-haut, voici quelques bonnes pratiques pour réduire le bilan carbone de nos voyages à notre niveau.

En novembre dernier, à l’invitation du festival atmo­sphères, je parti­ci­pais à une table ronde sur le thème « repenser le tourisme ». Y parti­ci­pait égale­ment Michel Gioria, le direc­teur de l’ADEME île-de-France, dont les mots faisaient mouche :

Le secteur du tourisme c’est 8% des émis­sions de gaz à effet de serre au niveau mondial. 8% des émis­sions mondiales de gaz à effet de serre, c’est la moitié des émis­sions de gaz à effet de serre émis par l’Europe.

Le tourisme, avec le numé­rique et la mode, fait partie des trois secteurs d’activité au niveau mondial qui, à eux seuls, sont en capa­cité de remettre en ques­tion la réus­site des poli­tiques de lutte contre le chan­ge­ment climatique.

Le tourisme est un secteur qui doit complè­te­ment se réin­venter. Partir s’aérer avec des micro-voyages, faire rentrer ses acti­vités touris­tiques dans un bilan carbone indi­vi­duel est essentiel. »

Une chose est sûre : pour réduire l’empreinte carbone de nos voyages et géné­ra­liser la pratique du tourisme durable, rien ne se fera sans la mise en place à grande échelle de lois contrai­gnantes par des instances supé­rieures. Cela étant, au niveau indi­vi­duel, il est d’ores et déjà possible de voyager sans plomber son bilan carbone.

Voici donc quelques bonnes pratiques parmi lesquelles piocher pour rendre vos voyages un peu plus durables et quelques ressources qui vous donne­ront des idées pour voyager plus léger :

1. Voyagez moins loin
2. Changez de moyens de trans­port
3. Prenez le temps
4. Sortez des sentiers battus

Voyager encore ? Le monde délivré du tourisme

Voyagez moins loin

En matière d’émission de gaz à effets de serre, les trans­ports repré­sentent la grande majo­rité de l’impact sur l’environnement de votre voyage. Autre­ment dit, moins vous voyagez loin, moins vous polluez.

Nous avons la chance d’habiter en France, dans le plus beau pays du monde, comme je l’ai entendu à maintes reprises partout où j’ai voyagé (sans parler des soupirs d’admiration lorsque je disais que j’habitais Paris). Avant d’aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte, pour­quoi ne pas aller décou­vrir les hauts plateaux du Cézal­lier, les reliefs du Pays basque, les forêts des Ardennes ou du Morvan ?

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Rien de tel que la marche pour voyager autrement,

Changez de moyens de transport

Selon cette étude sur l’impact du tourisme sur le chan­ge­ment clima­tique75% de l’impact de nos voyages est lié au trans­port. Pour voyager respon­sable, il s’agit donc de commencer par repenser sa manière de se déplacer.

Emissions de CO2 par passager et par kilomètre

Exit l’avion, pensez à des alter­na­tives. Elles remet­tront le dépla­ce­ment au cœur de votre voyage et lui donne­ront une autre saveur. C’est l’essence même du slow travel.

Prendre le train

En matière d’émissions de CO2 par passager au kilo­mètre, le train est le moyen de trans­port (moto­risé) le moins polluant (20 fois moins que l’avion selon les données). Il permet de parcourir de longues distances rela­ti­ve­ment confor­ta­ble­ment, de parvenir direc­te­ment en centre-ville, de trans­porter un vélo… Pour savourer le paysage, rien de tel. Et si vous êtes plutôt lecture, un long trajet en train avec un bon bouquin vous paraîtra trop court !

À noter que sur des très longues distances, les trains de nuit sont égale­ment une option à consi­dérer ! (Par ici pour la liste des trains de nuit et la super carte des trains de nuit en Europe)

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Voyager à vélo

Voyager à vélo offre un bon compromis entre le voyage sans moteur et la possi­bi­lité de parcourir des kilo­mètres. Si vous avez du temps, vous pouvez partir loin. Mon premier long voyage m’a mené autour du monde à vélo, à la recherche des musiques du monde. Un voyage initia­tique, l’apprentissage de la liberté… 25 000 kilo­mètres de bonheur !

Le vélo se marie égale­ment très bien avec le train, une grande partie des rames permet­tant d’embarquer des vélos à bord. En France comme à l’étranger, c’est une bonne manière de voir du pays au contact de la nature (ici, la liste des trains qui acceptent des vélos à bord)

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En Europe, un réseau dense offre de nombreuses idées d’itinéraires. Ce sont les Euro­vélos, l’équivalent des sentiers de grande randonnée. 19 vélo­routes sont actuel­le­ment en phase d’être termi­nées. Elles devraient l’être pour la fin 2020.

Faire de la voile

Quitter pour quelques jours le plan­cher des vaches et embar­quer sur un voilier, pour­quoi pas ? Si les subti­lités des nœuds et la promis­cuité de la vie à bord ne vous font pas peur, un voyage en bateau offre une expé­rience à coup sûr dépay­sante. Le site de la bourse des équi­piers met en rela­tion les proprié­taires à la recherche d’un équi­page et les équi­piers en quête d’un voilier.

Prati­quer la marche

L’idée n’est pas de vous rendre sur votre lieu de vacances à pied, mais d’orga­niser votre voyage autour de la marche. C’est le rythme le plus naturel et le plus libre, celui qui vous réserve proba­ble­ment le plus de surprises et vous assure une liberté totale de dépla­ce­ment. En France où le réseau de sentiers de grande randonnée est immense (180 000 km selon la FFRan­donnée), les possi­bi­lités sont infi­nies. À raison de 4 km/h, vous verrez moins de choses mais vous rencon­trerez plus de monde et vous serez en prise direct avec votre envi­ron­ne­ment. Rien de tel pour se recon­necter à la nature, mais aussi à soi. Parole de marcheur. Et si vous n’avez pas emporté la tente, vous trou­verez peut-être une cabane où vous héberger ?

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Pratiquer le slow travel pour profiter du temps du voyage

Prenez le temps, arrêtez de courir

Plus on va vite, plus on consomme. C’est un fait avéré, en matière de budget comme en matière de bilan de carbone. Si le temps c’est de l’argent, le temps, c’est aussi du CO2. Prendre le temps permet de réduire consi­dé­ra­ble­ment son impact sur l’environnement. Mais c’est bien plus que ça.

S’ouvrir à la lenteur, c’est se rendre dispo­nible à l’imprévu et aux rencontres, s’accorder la possi­bi­lité de faire son propre voyage. Se perdre, arrêter de prévoir et prendre ce qui vient sur la route. Je n’ai jamais été déçu par ce type de voyage qui donne le senti­ment de faire SON propre voyage, de tisser un lien parti­cu­lier, personnel, avec le pays ou la ville où l’on se trouve.

Vivre des expé­riences qui nous enri­chissent, agran­dissent un peu notre vision du monde, ouvrent des fenêtres sur des réalités auxquelles nous n’avions pas accès, pas même conscience, n’est-ce pas ce pour quoi nous voyageons ?

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Sortir des sentiers battus pour échapper au tourisme de masse

Sortez des sentiers battus

Dans un monde où le tourisme se géné­ra­lise et s’homogénéise, le tourisme de masse menace les équi­libres envi­ron­ne­men­taux et écono­miques des popu­la­tions qui vivent là où d’autres ne font que passer. Venise, Lisbonne, Barce­lone, Berlin… La liste s’allonge d’années en années.

Une solu­tion consiste à aller là où d’autres ne vont pas : fermer les guides, suivre son instinct et se laisser guider par la route. Lorsque l’inattendu et les rencontres s’immiscent, le voyage commence.

C’était le pari de ma traversée de la France à pied à travers la diago­nale du vide : traverser des endroits où il n’y a « rien à voir » et aller cher­cher l’exotisme là où on ne l’attend pas. Je n’ai pas été déçu. C’est mon plus beau voyage.

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Le livre d’un voyage exotique en France

Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ? Pour y répondre, j’ai traversé la France à pied à travers la diago­nale du vide.

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