Mad Jacques : quand la microaventure débarque chez vous

Bivouac, kayak, trek­king et sac à dos ne riment pas avec vie séden­taire, orga­ni­sa­tion et plani­fi­ca­tion. Heureu­se­ment pour les oubliés de l’aventure, il y a la microa­ven­ture. Tout plaquer pour changer de vie et vivre ses rêves ? Le temps d’un week-end, c’est possible !

Bivouac, kayak, trek­king et sac à dos ne riment pas avec vie séden­taire, orga­ni­sa­tion et plani­fi­ca­tion. Heureu­se­ment pour les oubliés de l’aventure, il y a la microa­ven­ture. Tout plaquer pour changer de vie et vivre ses rêves ? Le temps d’un week-end, c’est possible !

L’aventure ? Avant tout, c’est un état d’esprit. Élu aven­tu­rier de l’année 2011 par National Geogra­phic après quelques faits d’armes, (un tour du monde à vélo, une traversée de l’Inde à pied et une trans­at­lan­tique à la rame), Alas­tair Humphrey propose une défi­ni­tion de l’aventure à géomé­trie variable :

« l’aventure, c’est s’étirer, s’étendre : menta­le­ment, physi­que­ment ou cultu­rel­le­ment. Il s’agit de faire quelque chose qu’on ne fait pas d’habitude, se dépasser, faire au mieux de ses capacités. »

Alas­tair Humphrey

De l’aventure à la microaventure

Pour rendre acces­sible l’idée de partir à l’aventure, Alas­tair Humphrey a inventé le concept de microa­ven­ture : des expé­di­tions et des défis proches de sa maison, bon marché et faciles à orga­niser pour encou­rager les gens ordi­naires à sortir et à faire des choses qui leur font du bien. Par exemple, aller camper sur le sommet de la colline d’en face, se baigner dans la rivière voisine, esca­lader un arbre en forêt…

Ce concept de microa­ven­ture, le duo rusé de la start-up Davaï­Davaï l’a trouvé suffi­sam­ment bon pour l’importer en France.

La microaventure débarque en France

Initiée en 2017, la Mad Jacques propo­sait une échappée de 450 km de stop sur les routes de France pour rallier un village tenu secret. Depuis, l’idée a fait des petits : Bad Bertha, née en 2018, et tout récem­ment, check Maurice, le petit dernier.

Alors qu’ils lancent en 2019 – avec pas mal d’autodérision – le « tour du monde de la microa­ven­ture », Maëlle, la moitié du duo à l’origine de ces événe­ments « où tu ne sais pas ce qui va t’arriver et si tu vas arriver » et qui poussent les gens à sortir de chez eux, m’a dit tout ce qu’il faut savoir de cette idée déjantée.

L’interview à écouter ici… 

… ou à lire ci-dessous… 

Mad Jacques - Quand la microaventure débarque en France

Vous venez de finir la campagne pour la Bad Bertha. De quoi s’agit-il ?

Donc la Bad Bertha, c’est une course de 24h pour vivre 150 aven­tures entre amis au départ de chez soi. Un rêve d’aventure où des équipes de 2 à 6 personnes donnent tout pour faire le plus de missions, le plus d’aventures en 24h dans le but de redé­cou­vrir leur ville, leurs amis, rencon­trer des gens et sortir un peu de leur quoti­dien et de leur zone de confort.

On a déjà fait trois éditions en 2018, à Paris à chaque fois, et là en 2019, on se lance dans le tour du monde de la micro-aven­ture avec 4 dates dans 5 villes en France pour déployer le concept hors de paris.

Dans ce cadre-là, on avait fait une campagne Ulule pour voir si ça valait le coup ou pas d’aller voir ces villes. La réponse est oui puisqu’on a terminé la campagne il y a deux semaines et on a terminé à 122%.

Donc demain le tour de l’univers ?

Voilà, le tour de l’univers de la micro-aventure.

Et la Mad Jacques alors ?

La Mad Jacques, c’est de là que tout est parti. Au tout début, l’idée un peu folle entre pote de faire une course en auto-stop géante. L’idée au départ, c’était de faire partir des gens le samedi matin vers une desti­na­tion mystère – toujours le même lieu qu’on utilise aujourd’hui, un petit village perdu au milieu de la Creuse – et à l’arrivée, un festival, les gens se rencontrent…

En fait il y a une ambiance assez parti­cu­lière parce que tout le monde a vécu des choses assez fortes, tout est hyper ouvert et nous on propose des concerts, des personnes qui viennent raconter leur voyage, on essaye d’inviter des personnes assez inspi­rantes – la première année il y avait Nans de Nus et culottés, la deuxième année Antoine de Maximy de J’irai dormir chez vous – donc l’idée, c’était d’inspirer un peu tout ce monde qui venait jusqu’au fin fond de la Creuse et le dimanche, ils repartent en autocar vers leur ville d’origine, sachant que cette année on a ouvert aussi un deuxième soir pour ceux qui veulent prolonger le plaisir à Chéniers.

Donc la destination est connue ?

Oui la desti­na­tion est connue, ce qui n’enlève pas toutes les surprises de l’auto-stop parce qu’on ne sait jamais sur qui on va tomber.

J’ai lu sur votre site « La plus déglingue des courses en stop »

Ouai alors, tout le monde vient déguisé, c’est assez fou, les gens se mettent eux même des petits défis assez fous… Enfin on fait quand même une petite élec­tion du meilleur dégui­se­ment le dimanche et on propose pendant la course de réaliser des défis qui te permettent de gagner du temps pour la course. Donc pour gagner, il faut à la fois aller vite et réaliser un maximum de missions sur la route.

Donc ce qui est déglingue, c’est l’histoire des missions ?

Oui ! Les missions plus le fait que tout le monde est déguisé. C’est assez parti­cu­lier comme ambiance. En fait tout le monde est chakra ouvert et tu as une espèce d’excitation qui se fait ressentir parce que la majeure partie des gens qui parti­cipent n’ont jamais fait de stop…

Ok donc pour eux, c’est déjà ça l’aventure, de faire du stop. C’est qui Davaï-Davaï ?

C’est Vincent et moi, les deux asso­ciés à avoir struc­turé le projet après les deux premières éditions. Et nous notre mission, comme sur la Mad Jacques et la Bad Bertha, c’est de créer du lien par le dépas­se­ment. En fait on s’est rendu compte que quand on sort de sa zone de confort et quand on sort de son quoti­dien, on est beau­coup plus ouvert aux autres. Et on s’est dit qu’on n’était pas obligé d’être Mike Horn ou de partir en Mongolie pour faire des rencontres, donc ouai, de diffuser cette idée que l’aventure peut commencer en bas de chez soi et qu’il y a pas besoin de partir loin pour vivre des choses fortes.

Ta définition de l’aventure ce serait de sortir de sa zone de confort ?

En tout cas, nous ce qu’on prône, ce sont des aven­tures qui sont courtes et faciles d’accès. Tu fais ça au départ de chez toi et voilà ! Il n’y a pas besoin de partir 6 mois traverser l’atlantique, on peut autour de chez soi faire des rencontres et faire des choses qu’on n’aurait pas l’habitude de faire dans son quotidien.

Je me demandais si ce n’était pas un peu exagéré de parler d’aventure quand on demande aux gens de faire du stop…

En fait je ne pense pas ! Pour le coup, dans une vie assez rangée, cita­dine, où tout est hyper orga­nisé, où on a toujours des horaires pour tout et un emploi du temps bien chargé, on n’a plus de place pour l’inconnu et les surprises. Et en fait, le stop repermet ça, de se mettre dans une posi­tion où on ne sait pas du tout ce qui va arriver, on ne sait pas du tout quand ça va arriver, et il y a une vraie exci­ta­tion à voir la voiture qui s’arrête, quand on a attendu un quart d’heure ou deux heures sur un rond-point, et en fait pour moi l’aventure c’est ça quoi !

Entre le départ et la Creuse, qu’est-ce qui se passe ?

Donc le départ se fait entre 7h30 et 8h30 selon les villes de départ, le samedi matin en binôme. Il y a un départ orga­nisé dans les villes qui comptent plus de 50 inscrits – donc pour le moment c’est Paris, Lyon, Rennes, Lille et Bordeaux…

Alors c’est aussi possible de partir de chez soi. Dans ce cas, on reçoit les infos par mail et par texto mais l’avantage de rejoindre un départ groupé, c’est qu’on commence à rencon­trer les diffé­rentes équipes dès le matin et puis on remet à toutes les équipes un petit sac avec le détail des missions, le programme du festival, des gilets jaunes pour faire du stop…

Les plus rapides pour te donner une idée de l’an dernier sont arrivés vers 13h30-14h et pour la petite histoire, ils étaient déguisés en radar et en flic et donc ça a bien marché ! Les voitures ralen­tis­saient en voyant le radar et du coup ils avaient plus trop le choix pour les prendre en stop. Le dégui­se­ment joue pas mal dans la vitesse de croisière.

Des anecdotes croustillantes de gens qui ont fait des trucs incongrus ?

On en a 1000… Là comme ça, je repense à une anec­dote dont on parlait hier encore. En fait, l’année dernière, il y avait des équipes qui faisaient du stop à l’arrache sur des rond-points et les flics sont arrivés et ont dit « Ohlala, mais vous faites quoi, c’est dange­reux de rester là ! » et donc les équipes ont commencé à expli­quer le concept de la Mad Jacques. Les flics ont trouvé ça trop marrant et ont commencé à arrêter les voitures et à demander aux conduc­teurs : « Oh tiens ! Vous avez de la place ? Prenez-les ! » Et ils ont désen­gorgé le rond-point en quelques minutes alors que les équipes galé­raient à les arrêter pour elles. Donc voilà, on est soutenu par la gendar­merie nationale.

Et sinon on en a qui ont réussi à faire de l’avion-stop, il y en a qui sont arrivés en brouette aussi – il y avait un défi qui était d’arriver sur le lieu du festival dans un engin non-moto­risé – on a eu des brouettes, des vélos, des trot­ti­nettes, des charrettes…

Qui est-ce qui a gagné l’année dernière ?

Alors l’an dernier, on a pris les 10 premières équipes après le temps gagné des défis et le dimanche, on a rassemblé ces 10 équipes et on leur a donné des énigmes de fin de course qui leur indi­quaient où était le trésor de Jack. Là c’était à la plus rapide d’aller déterrer le trésor de Jack. Alors je ne sais plus leur nom mais c’est la fameuse équipe flics et radars qui ont été les plus rapides. Ils ont gagné un A/R jusqu’à l’île de Oues­sant. Il y a un restau­rant là-bas.

Est-ce qu’il y a des vieux qui participent ?

Euh oui. La moyenne d’âge est d’un petit peu moins de 30 ans, et en fait c’est assez étalé. Par exemple ma mère va faire la course l’année prochaine. Non mais blague à part, l’an dernier je me rappelle de deux sœurs qui devaient avoir entre 40 et 50 ans et qui sont venues à la Mad Jacques et qui ont adoré ! Elles étaient toutes folles, dégui­sées en hippies… En fait on touche aussi une popu­la­tion qui a eu l’habitude de faire du stop étant jeune. C’est plus trop le cas aujourd’hui parce que c’est un peu moins déve­loppé… Et du coup on retrouve un peu cette folie / jeunesse en participant.

Donc du coup, il y a un petit mélange en soirée… Parce que je me demandais si c’était une soirée étudiante à la campagne, la soirée du samedi, et déguisée…

En fait, contre toute attente, on a peu d’étudiants. Donc pour l’instant c’est pas trop le public qu’on touche même si ce serait possible mais ce n’est pas trop le cas.

La Bad Bertha, j’ai l’impression que c’est plutôt un truc de citadin. La Mad Jack aussi ?

Oui. En tout cas nous, on touche plus les gens qui habitent en ville oui.

Quand est-ce que vous organisez la course qui fait prendre à la campagne l’air de la ville ?

Haha, bonne ques­tion ! On va y penser.

Quelle est la suite des événements ?

Alors tous les prochains événe­ments se trouvent sur notre site. Vous pouvez vous inscrire sur notre site madjacques.fr et ensuite il y a la descrip­tion des événe­ments et la billet­terie pour parti­ciper à tout ça.

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