Un road-trip en Bretagne offre un cocktail iodé mêlant terre et mer. Cernée par l’Océan Atlantique, cette pointe où finit la terre se tourne tantôt vers l’un tantôt vers l’autre. Les campings ont vue sur la mer, les routes côtières repiquent à travers la campagne. Visiter la Bretagne en voiture, c’est enjamber les estuaires, traverser des forêts, s’arrêter au port pour une galette saucisse et se dire qu’on traverserait bien jusqu’à l’île d’en face. Aurez-vous assez de 10 jours pour en faire le tour ? Non, mais voici une introduction pour aller à l’essentiel.
L’objectif était simple : rencontrer du monde et me laisser aller aux bonheurs de la route. La colonne vertébrale de mon itinéraire : deux librairies, l’une à Saint-Brieuc, Côtes d’Armor, l’autre à Port-Louis, Morbihan. Entre les deux, le festival des carnets de voyage à Brest, Finistère. Côtes d’Armor, Finistère, Morbihan. De quoi me faire un bon tour de Bretagne en voiture et butiner telle l’abeille de curiosités locales en rencontres pur beurre, dans les terres et sur les côtes.
Avec le comité régional de Bretagne en soutien logistique, une contrainte inédite s’est imposée : celle de définir un programme jour par jour. Voici donc le programme de ce road-trip en Bretagne, son itinéraire et quelques conseils… Si vous vous demandez comment visiter la Bretagne en 10 jours, ça peut aussi tenir lieu d’introduction, sachant qu’il faudra revenir (et ça tombe bien, je compte bien y revenir)
- Les conditions du road trip ?
- L’itinéraire du road trip
- Des road trip sans voiture ?
- Voyager en Bretagne
- Conseils
Les conditions du road trip
- Une petite voiture
- Une tente
- Une glacière (qui n’a jamais servi, on est en Bretagne !)
Pas de van aménagé, de tente de toit ou de break au coffre accueillant. J’allais d’hôtel en camping, finalement un peu comme je le fais d’habitude à pied ou à vélo. Je ne rêve pas de van life, j’ai l’impression que les contraintes de parking et la recherche pour trouver le spot ultime pour garer son van aménagé sont des corvées dont je me passe bien volontiers.
Un voyage itinérant en somme, avec pour différence majeure par rapport à mes habituels voyages à pied ou à vélo son rayon d’action : plusieurs centaines de kilomètres si l’envie m’en prenait. L’envie ne m’en a pas pris, évidemment. Pour moi, la voiture reste un moyen de rejoindre un point A à un point B. Ce sont les étapes qui comptent, je ne suis pas encore un roadie qui roule pour le plaisir de rouler en regardant le paysage défiler, la tête du chien langue pendue par la fenêtre.
Le paysage, je veux en faire partie, être imprégné de ce qui m’environne, ne pas faire que passer. J’ai donc fait des haltes et cet itinéraire était prévu pour passer moins de temps sur la route que pour profiter de chaque arrêt. L’avantage : j’allais de point d’intérêts en rencontres passionnantes. En cela, est-ce la Bretagne ou est-ce le roadtrip, je ne sais pas mais ouaouh ! Je n’ai pas été déçu ! Un sacré concentré d’endroits magnifiques et de paysages enchanteurs.
L’itinéraire du road trip
Sans le savoir, chacune de mes étapes correspondait à l’une des anciennes provinces de Bretagne : Pays de Saint-Brieuc, Trégor, Léon et Cornouailles. C’est idiot, mais ça me faisait plaisir de faire un petit tro Breizh (un tour de bretagne) à l’ancienne…

Saint Malo-Dinan
C’est une étape optionnelle (et qui n’a pas fait parti de ce voyage-là) mais fortement recommandée. Sur la route de ceux qui viennent de Paris ou du nord, elle permet également de passer par le Mont-Saint-Michel. À partir de Saint-Malo débute la côte d’émeraude et ses plages confidentielles qu’on ne trouve pas dans le reste de la Bretagne.

De Cap Fréhel à Saint Brieuc – la côte d’Émeraude
Le Cap Fréhel est le site le plus spectaculaire des côtes d’Armor et l’un des plus grandioses de Bretagne. Falaises vertigineuses, plages de sable fin, camping à la cool… On y découvre les paysages de la presqu’île le long du GR34, le sentier de randonnée qui suit le littoral entre terre et mer, du Cap Fréhel à la baie de Saint Brieuc.
À lire aussi : Les grands sites de la côte d’Émeraude

Binic et le sillon de Talbert
Point le plus au nord de Bretagne, le sillon de Talbert est une curiosité géologique : 3 km de galets et de sable balayés par les marées, les courants, les tempêtes. Pour atteindre cette terminaison nerveuse de la presqu’île de Lézardrieux, passage par Binic et son petit port de plaisance. Sur la route, dégustation d’huîtres directement chez l’ostréiculteur. Entre côte d’émeraude et côte de granit rose, on touche du doigt ce qui lie les Bretons à la mer…
À lire aussi : Randonnée au Sillon de Talbert

Trebeurden et la côte de granit rose
Une halte dans l’un des paysages les plus emblématique de la Bretagne… L’île Millau à pied, Molène en kayak, le phare de Ploumanac’h… Je ne m’y suis pas arrêté cette fois-ci mais difficile de ne pas parler de la côte de granit rose et de Perros Guirrec, village préféré des français en 2015 (si tant est que ce concours ait un sens). Pour moi, c’est surtout un endroit où j’ai des amis, où j’ai mangé une délicieuse bisque de homard et bu des bières en bonne compagnie.
À lire aussi :

L’île de Batz
L’île de Batz a des airs de station balnéaire idéale. Eau turquoise, plages de sable fin, sports nautiques, climat tempéré… A 15 minutes de Roscoff, ce petit morceau de Finistère nord a de l’exotisme à revendre. Laissez votre voiture sur le continent et partez faire le tour de l’île à vélo par le sentier côtier qui longe le bord de mer jusqu’au jardin exotique.
À lire aussi : Une journée sur l’île de Batz

Forêt de Huelgoat
En centre-Bretagne, dans la forêt de Huelgoat, place aux légendes sur les sentiers qui serpentent entre menhirs, rivière d’argent, rochers de granits et mare aux sangliers. De l’ancienne mine d’argent jusqu’au lac de Huelgoat, balade de sites touristiques en personnages légendaires, mâtinés de diables, vierges tentatrices et autres esprits malfaisants.
À lire aussi : Dans la forêt de Huelgoat, lueurs et légendes

Festnoz et free party dans les Monts d’Arrée
Si l’occasion se présente, ne la ratez pas ! Pour faire la fête en Bretagne, on sort les bombardes, les chants traditionnels et l’on danse en cadence, doigt dessus-doigt dessous. Ce sont les fest-noz et ça vaut vraiment la peine. Surtout quand la fête se double d’une free-party surprise à quelques champs de là.
À lire aussi : Festnoz et free party dans les Monts d’Arrée

Le parc régional d’Armorique et les Monts d’Arrée
Après les légendes de la forêt de Huelgoat et les festnoz de la Feuillée, la balade dans les Monts d’Arrée continue. Au pied du massif armoricain, me voilà au cœur de la Bretagne bretonnante. De tourbières en chemins de crêtes, la randonnée s’annonce nature et les rencontres gastronomiques.
À lire aussi : Balade gastronomique dans les Monts d’Arrée

La presqu’île de Crozon
Il faudrait une semaine pour découvrir comme il faut ce concentré de la Bretagne en miniature. Eaux turquoises et sable blanc de l’île vierge, vagues océanes et surfeurs à Lostmarc’h, granits de Pen-hir et du cap de la Chèvre, forêts de pins et fougères… Il faudra revenir pour le festival du bout du monde !
À lire aussi :

Port Louis
À une traversée de bateau-bus de Lorient, la citadelle de Port-Louis défend l’entrée de la rade. Depuis les remparts, on admire l’océan, les voiles et l’île de Groix. Côté terre, la petite ville offre le charme d’une cité balnéaire qui n’en est pas une. Pour y faire relâche, l’hôtel de la citadelle est idéal.
À lire aussi :

Barre d’Étel et île de Saint-Cado
À l’embouchure de la rivière d’Étel, on vient admirer le courant violent qui fait le bonheur des pêcheurs les jours de beau temps et le spectacle les jours de tempête. Baignade strictement interdite. Plus en amont du fleuve, à l’abri des déferlantes, l’île de Saint-Cado a des airs de retraite idéale.
À lire aussi :

Golfe du Morbihan
Dernière étape de ce roadtrip breton au cœur du parc naturel régional du golfe du Morbihan. Claude, le patron du camping de la fontaine du Hallate me fait faire le tour de son écrin de verdure et m’explique les gestes écologiques qui font de son établissement un petit paradis sur terre.
À lire aussi :
Itinéraire : visiter la Bretagne en 10 jours
Je suis parti 10 jours en Bretagne. Deux points de passage obligés : l’un à Saint-Brieuc, Côtes d’Armor, l’autre à Port-Louis, Morbihan. Voilà comment j’aurais organisé mon itinéraire si je n’avais pas du intercaler Brest dans la vraie vie (ce que je n’ai pas du tout regretté, mais bref…).
Jour 1 Découverte du Cap Fréhel et de la côte d’Émeraude.
Jour 2 Sentier le long de la baie de Saint-Brieuc et nuit à Binic.
Jour 3 Dégustation d’huîtres à Lanmodez et visite Greeters au Sillon de Talbert.
Jour 4 Halte à Trebeurden, île de Millau et coucher de soleil à Perros-Guirec.
Jour 5 Journée sur l’île de Batz. Route et nuit à Huelgoat
Jour 6 Visite des sites et balade dans la forêt de Huelgoat.
Jour 7 Randonnée dans les Monts d’Arrée.
Jour 8 Découverte et nuit sur la presqu’île de Crozon.
Jour 9 Route pour Port Louis et nuit sur place.
Jour 10 Découverte de la barre d’Étel et nuit dans le parc du Morbihan
Quelques idées d’itinéraires sans voiture
Un roadtrip implique l’idée de route bien plus que de voiture. J’ai croisé durant mon voyage pas mal d’itinéraires qui auraient pu servir de squelette à mon voyage, en me passant de voiture. Notamment :
- Le GR34, un sentier de randonnée qu’on appelle aussi le sentier des douaniers et qui fait le tour de la Bretagne par les côtes
- Le canal de Nantes à Brest, qui compose une partie de la vélodyssée
- Le tour des Monts d’Arrée qui part de Morlaix et sillonne sur 240 km l’intérieur de la Bretagne
- Une jolie traversée de la Bretagne à vélo de la côte nord à la côte sud, en passant par les petites routes du centre Bretagne.

Voyager en Bretagne
Quand partir ?
Le climat :
Pour la météo en Bretagne, il faut avoir deux idées en tête. La première, c’est qu’il ne pleut que sur les cons. La deuxième, c’est qu’en Bretagne, il peut faire beau plusieurs fois par jour.
Pour les détails techniques, on parle d’un climat océanique, caractérisé par une faible amplitude des températures et une pluviosité forte. Les mois les plus pluvieux sont les mois à éviter : novembre, décembre, janvier et février.
Néanmoins, avec le réchauffement climatique, les saisons sont de moins en moins marquées et la météo de moins en moins prévisible. Vous pourrez jouir d’un plein soleil pendant trois semaines au mois de mai ou au contraire subir une météo dégueulasse en plein mois d’août.
Pour ma part, j’ai réalisé ce voyage début mai. Une saison idéale, encore hors saison, mais avec une météo déjà estivale.
Les touristes :
Les deux mois où l’affluence est la plus forte sont les deux mois d’été, juillet et plus encore août. Cela vaut surtout sur la côte et plus encore en période de festival. Pour éviter le monde, évitez les festivals. À l’intérieur des terres, on se bouscule moins. Les Rennais et les Parisiens sont sur la côte d’Émeraude ou La Baule. La Bretagne sud, plus balnéaire, est fréquentée par les non bretons. Côte nord, c’est le territoire des bobos. Les camping-caristes se rassemblent dans le Finistère. Les Bretons, eux, vont partout.
À noter qu’en matière de fréquentation, on est vraiment très loin de la Méditerranée et de ses plages bondées. Pour éviter les bouchons, privilégiez les « ailes de saison », printemps et automne. La foule est moins dense, les logements moins chers, l’organisation plus souple.
Petit bémol de cette période : en mai, où j’ai réalisé ce road trip, une partie des commerces disponibles en saison étaient encore fermés.

Terre ou mer ?
Les deux mon général ! Avant d’être une terre de marins, la Bretagne fut un pays d’agriculteurs. Même si aujourd’hui encore, la Bretagne de la côte (l’Armor) et la Bretagne des terres (Ar-braz) se méprisent au pire et au mieux s’ignorent, elles ont toutes deux bien des trésors à offrir.
Côté mer, les plages de sable sublimes, le rythme des marées qui rendent le paysage aussi changeant, l’air iodé, le vent du large, les horizons à 180°C… Côté terre, des forêts magnifiques, des petites routes serpentines et des villages au patrimoine et aux légendes solidement ancrées.

Bretagne nord ou sud ?
C’est pas la bonne question. En Bretagne règne une « hiérarchie de la rudesse climatique » pour reprendre l’expression de mon copain Jean-Bat de Bréhat (où le climat est doux). Nord ou sud, c’est pas ça le sujet. Le vrai sujet c’est jusqu’où vous irez à l’ouest. Finistère et îliens revendiquent l’appellation bretonne d’origine contrôlée.
Pour mettre tout le monde d’accord, disons que la Bretagne nord est plus sauvage – les mauvaises langues diront que la mer est plus froide, mais si vous êtes un habitué des eaux méditerranéennes, soyons honnête, elle est froide partout ! De la côte d’Émeraude jusqu’à la côte de granit rose, on trouve un paquet de blockbusters : Cancale, Cap Fréhel, Fort La Latte, Bréhat, Perros-guirec.
La Bretagne sud bénéficie donc d’un climat moins rugueux et de températures un peu plus douces dans l’eau et hors de l’eau. C’est peut-être une Bretagne un peu plus balnéaire où les ports sentent plus la plaisance. Les petits villages de Bénodet, Pont Aven, Douarnenez valent leur pesant de kouign-amann. La presqu’île de Quiberon, l’île de Groix, l’île aux moines, l’île de Sein et le golfe du Morbihan font la renommée du sud… Un autre itinéraire que j’ai fait en bateau et qu’il faudra un jour que je raconte ici !

Dormir en Bretagne
Un réseau d’auberges de jeunesse et de gîtes d’étape réuni sous la marque Ostal maille le territoire du Finistère : Morlaix, île de Batz, Brest, Srignac et Concarneau. Ce sont 5 adresses nature qui vous attendent, idéalement situées près des sentiers de randonnée, des voies vélos ou… de la mer ! Les bâtiments sont beaux, le rapport qualité-prix (autour de 25€) est imbattable, l’accueil est souriant et vous pourrez profiter sur place de services de restauration ou concocter vos propres repas.

Rouler en Bretagne ?
J’ai été surpris par le réseau routier qui serpente volontiers et bat la campagne entre 50 et 90 km/h. Les départementales et les nationales sont la règle et c’est agréable de se déplacer dans la campagne dans ces conditions.
Ce qui est pratique : les distances ne sont pas longues et on arrive vite à l’étape suivante.
Conseils
Suivez la météo
En Bretagne, agissez sur terre comme les marins en mer. Suivez la météo pour définir votre prochaine destination. À une heure de route près, vous pouvez vous retrouver sous la pluie ou sous le soleil. Consulter la météo en Bretagne.
Faites les marchés
Côté gastronomie, on trouve de tout en Bretagne. Terre locavore, les marchés regorgent de produits frais, de spécialités locales, de la douzaine d’huîtres à la traditionnelle galette saucisse. Renseignez-vous !
Et sinon, une petite liste de bonnes tables côté Finistère sud par l’ami Guillaume.
N’oubliez pas les îles ni l’intérieur des terres
Si ses littoraux sont magnifiques, n’oubliez ni l’intérieur des terres bretonnes (Huelgoat, Monts d’Arrée, abbaye du Faouët, forêt de Brocéliande, Concoret, landes de Locarn, gorges du Corong…) ni les virées sur les îles (Bréhat, Batz, Ouessant, Glénan, île aux moines…)
Profitez des campings
Les petits camping municipaux sont souvent installés sur les plus beaux terrains du coin face mer.
Coins à camping-car
Le Finistère est le paradis des camping-car. Le long de la côte sauvage, notamment entre Portsall et Porspoder, la sublime route de Landunvez est un des coins préférés des camping-caristes. Les van-lifers oseront-ils s’y aventurer ?


Commentaires
Merci pour ce partage. J’ai quelques jours à perdre et pense me retrouver en Bretagne.
C’est une bonne idée ! Quelques jours pas perdus pour tout le monde… Bonnes vacances !
Pas tout compris !
Aimerai partir en Bretagne pendant une dizaine dizaine de jours en janvier 2024.…
Sui bretonne d origine ( du Morbihan) ayant fait mes études à romans et pontivy).
Mon but…faire découvrir cette région à mon époux…merci d y répondre.
Bonjour Annie,
Je ne sais pas quoi vous répondre sinon que pour tout comprendre, peut-être faut-il commencer par lire l’article ? J’y ai décrit in extenso mon itinéraire, les différentes étapes et la manière dont j’ai voyagé. Pour chaque étape, des liens renvoient vers les articles , sauf Port-Louis, Saint-Cado et le parc du Morbihan pour lesquels je dois encore les rédiger. J’espère que cela vous sera utile dans la préparation de votre voyage en amoureux. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à faire appel à une agence de voyage, elles sont de bons conseils. Je vous souhaite un très bon séjour sur vos terres bretonnes !
merci pour ton partage, lorsque l’on habitait encore en proche banlieue parisienne on adorait s’y rendre, c’est superbe
Bonjour
Je suis de cette région(guémené le pays de l’anduoille…entre-autres)
et par ton récit je retrouve tous ces endroits que j’apprécie sans modération.Des endroits souvent visités mais dont on ne se lasse pas.Autant de beautés patrimoniales et naturelles dans la bretagne des campagnes qui valent le détour.J’y vais dès que possible et je découvre encore après 50 années de découvertes des endroits insoupconnés…et ceci est tant mieux.La bretagne doit garder son côté sauvage et confidentielle.Elle se mérite à chaque détour,à pied à cheval ou en vélo..
Merci à toi