Voyager encore ? Le monde délivré du tourisme

Peut-on encore voyager ? Dans son ouvrage « La vie est ici – voyager encore ? » Rodolphe Christin propose une réflexion parti­cu­liè­re­ment d’actualité sur la ques­tion du voyage en lui-même et de ses possi­bi­lités dans le monde d’aujourd’hui.

Peut-on encore voyager ? Alors que les voyages se faisaient de plus en plus fréquents, de plus en plus loin­tains, la crise du coro­na­virus marque un arrêt et remet en cause nos compor­te­ments. Pour chaque voya­geur en puis­sance désor­mais assigné à rési­dence, le confi­ne­ment actuel est un temps de réflexion. Faut-il revoir notre manière de voyager ? Dans son dernier ouvrage, La vie est ici – voyager encore ?, Rodolphe Christin propose une réflexion parti­cu­liè­re­ment d’actualité sur la ques­tion du voyage en lui-même et de ses possi­bi­lités dans le monde d’aujourd’hui.

Pour­quoi voyager ? Pour Rodolphe Christin, parce que voyager est « une manière géogra­phique de vouloir véri­fier les possi­bi­lités qu’existent d’autres mondes, ailleurs. Le voyage est un acte de l’esprit, une certaine expé­rience du monde que les infra­struc­tures touris­tiques mettent à mal et qu’il convien­drait cepen­dant de sauver ».

Dans son manuel d’anti-tourisme, le socio­logue décri­vait en 2008 le loisir touris­tique comme un anti-voyage qui trans­forme le monde en parc d’attraction. Dans La vie est ici – voyager encore ?, il prolonge la réflexion et tente de répondre à cette ques­tion : pour­quoi voyage-t-on ?

À l’heure où les voya­geurs sont devenus « les héros d’une quête perdue d’avance, banale et insensée à force de toujours cher­cher l’ailleurs […] l’altérité radi­cale, fonda­men­ta­le­ment, est à présent une desti­na­tion inat­tei­gnable. » Aujourd’hui, « la distance inté­rieure que l’on prend avec soi compte davan­tage et fina­le­ment l’emporte. »

Dans ces condi­tions, pour­quoi ne pas aller cher­cher l’exotisme moins loin et partir à la rencontre de la diver­sité qui nous entoure déjà ? Auteur d’un voyage exotique en France, j’avais envie d’en savoir plus.

Pourquoi voyager ? Délivrer le monde du tourisme

Rodolphe, tu es un ancien passionné de voyages. Au-delà du confinement actuel, tu ne voyages plus ? As-tu perdu l’envie de voyager ? Pourquoi ?

Le temps passe, le monde change, et c’est une ques­tion à laquelle j’ai toujours du mal à répondre. Je suis partagé entre dire que je ne voyage plus, ou dire que je voyage désor­mais partout. Je ne suis plus du tout sensible aux charmes de l’enchantement touristique.

Par ailleurs les occa­sions de colporter mes idées me permettent de me déplacer et de rencon­trer des gens. J’ai quelques terri­toires de prédi­lec­tion, des forêts et des montagnes pour la plupart, auprès desquels je reviens régu­liè­re­ment. J’ai eu l’occasion par le passé de réaliser quelques voyages aven­tu­reux, mais aujourd’hui d’autres choses m’intéressent, je cherche d’autres significations.

Dans un monde comme le nôtre, l’aventure exige quand même trop de mises en scène et d’artifices. Disons qu’un gamin de la campagne qui découvre la cité d’une banlieue, ou un gamin des cités immergé à la campagne, me semblent des manières fruc­tueuses de voyager. De la même manière immerger des fonc­tion­naires dans la vie d’une entre­prise, et immerger des sala­riés du secteur privé dans le fonc­tion­ne­ment d’un service public me semble­rait des sortes de voyages intelligents.

Tu dis dans ton manuel de l’anti-tourisme : « Si le voyage est philosophie, le tourisme est économie ». N’est-ce pas une vision romantique, un peu XIXe siècle, de la notion de voyage ? Peut-on encore faire une différence entre le tourisme et le voyage ?

Cette ques­tion est celle que j’aborde dans mon dernier livre : La vraie vie est ici (Ecoso­ciété, 2020)… Revenir à la philo­so­phie du voyage est une ques­tion essen­tielle, parfai­te­ment d’actualité. Cela revient d’une part à travailler la ques­tion du sens : pour­quoi voyage-t-on ?

Et d’autre part à cher­cher à comprendre : de quoi le tourisme est-il la conso­la­tion ? Fausse conso­la­tion car en réalité le tourisme ne procure aucune évasion ; il nous enferme dans d’autres orga­ni­sa­tions que celles qui président à nos vies profes­sion­nelles, et nous main­tient dans le bain de la marchan­dise et de la consommation.

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En quoi cette marchandisation du monde rend le voyage de plus en plus difficile ?

Le tourisme est une manière d’organiser les loisirs et d’y répondre en propo­sant des infra­struc­tures, des lieux, des acti­vités qui toutes ont un prix et qui main­tiennent la clien­tèle dans le réseau des échanges marchands.

En insti­tu­tion­na­li­sant le voyage d’agrément, en faisant de lui un produit comme un autre, la bana­li­sa­tion du voyage est au bout de la route alors que toute expé­rience excep­tion­nelle est par défi­ni­tion rare et extra-ordi­naire, au sens premier du terme.

Le voyage est une rupture, en tant que tel il est incom­pa­tible avec la stan­dar­di­sa­tion qu’opère l’industrialisation touris­tique. Dans un monde touris­tifié, l’immersion au cœur de la réalité d’autrui s’avère problé­ma­tique car le tourisme a créé ses propres circuits et ses propres réalités, paral­lèles à la vie des sociétés d’accueil. Cela dit, l’immersion dans d’autres manières de vivre n’est plus vrai­ment une moti­va­tion touristique.

Pourquoi voyager ?

Tu dis « Je préfère souligner l’importance du tourisme dans le désastre écologique et sociétal plutôt que proposer une nouvelle manière de voyager qui sera aussitôt enrôlée par le tourisme. » Face à un tourisme prédateur, le tourisme éthique ou durable ne sont-ils pas un moindre mal et une solution faute de mieux ?

Le tourisme est une tota­lité qui se nourrit de toutes les formes de tourisme. Il n’y a pas d’un côté le tourisme de masse et de l’autre un tourisme vertueux. Tous les tourismes contri­buent au tourisme de masse et versent leurs flux de clients dans la somme globale des touristes qui fréquentent le monde touristique.

Autre­ment dit, plus les opéra­teurs déve­loppent des voyages dans des endroits encore peu fréquentés et des sociétés « préser­vées », plus ils parti­cipent à l’expansion du tourisme, partout, et moins des endroits du monde restent à l’écart, préservés. Tel est le para­doxe de la bana­li­sa­tion du monde par le tourisme.

De plus le tourisme est une forme d’hypermobilité et notez bien que les dépla­ce­ments reposent sur l’usage de l’avion, ou plus géné­ra­le­ment sur des moteurs consom­mant des dérivés du pétrole. Cela suppose maintes infra­struc­tures pour leur fonc­tion­ne­ment, lesquelles contri­buent au désastre écolo­gique que nous connais­sons. Donc on ne résoudra pas les problèmes avec le tourisme éthique ou durable.

Cela a pu, il y a quelques décen­nies, paraitre un moyen de contri­buer au déve­lop­pe­ment des pays pauvres. Nous avons suffi­sam­ment de recul pour dire que le tourisme n’a pas éradiqué la misère et, je me répète, l’économie touris­tique, ultra dépen­dante, est fragile. Le tourisme éthique est au mieux un pis-aller, c’est tout. Au fait, en quoi consiste le tourisme durable ? A trier les serviettes utili­sées des autres ? Ne soyons pas naïfs, tout cela est surtout une manière, tant pour les opéra­teurs que pour leurs clients, au mieux de se donner bonne conscience, au pire de conti­nuer comme si de rien n’était.

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Sur France culture, Maria Gravari-Barbas présentait le tourisme durable comme une manière de « compenser les méfaits du tourisme qu’il faut prendre en compte parce qu’il faut analyser et prendre en compte tout ce que nous pouvons faire.” Pourquoi n’es-tu pas d’accord ?

Si tout le monde prenait l’avion pour des séjours soi-disant durables, nous verrions bien ce que cela donne­rait. Le tourisme durable, c’est beau­coup moins de tourisme. Il faut orga­niser la décrois­sance du tourisme, ce qui s’inscrit dans un projet poli­tique global de sortie de la société de consommation/production.

Le tourisme est un produit phare du capi­ta­lisme, qui agite tous les fantasmes de la moder­nité ; un pur produit du capi­ta­lisme libi­dinal, fondé sur l’exploitation des pulsions, pour parler comme le philo­sophe Dany-Robert Dufour.

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Elle poursuivait en mettant l’accent sur notre capacité « d’imaginer des destinations alternatives » et de « travailler sur ces destinations qui souffrent d’un tourisme excessif.” Que réponds-tu à cela ?

La réponse me semble tout à fait simple, voire enfan­tine et basée sur le bon sens : ceux qui ont les moyens de voyager pour le plaisir repré­sentent une mino­rité – crois­sante certes – de la popu­la­tion mondiale, mais cette mino­rité est érigée en modèle et chaque pays mène des opéra­tions de séduc­tion pour l’attirer, grâce au marke­ting et à l’ingénierie territoriale.

La réponse est qu’il faut cesser d’occuper le temps libre par des pratiques touris­tiques, qui détruisent l’environnement et altèrent les sociétés d’accueil. Les problèmes de surfré­quen­ta­tion touris­tique cesse­ront aussitôt. On peut espérer que la crise du Covid 19, qui est aussi une crise de la mobi­lité, remette les pendules à l’heure, mais cela n’est pas certain malheureusement.

Est-ce que le problème n’est pas tout simplement de faire du voyage un business ? Auquel cas la notion même de tourisme devient condamnable…

Le tourisme est une acti­vité criti­quable au regard des enjeux envi­ron­ne­men­taux et socié­taux que nous connais­sons. Le tourisme est une indus­trie comme toutes les autres, une manière d’exploiter les ressources et de vendre le monde qui s’inscrit dans une recherche du profit érigée en dogme incontournable.

Certains socio­logues d’arrière-garde conti­nuent de penser que le tourisme s’oppose au monde du travail et de la produc­tion, alors que le tourisme a colo­nisé le temps libre du travailleur pour surtout qu’il reste bien dans le giron de la société de consom­ma­tion et de production.

Si l’on voit plus loin, nous consta­tons que le tourisme est à l’avant-garde de l’anthropocène, cette ère dont les théo­ri­ciens disent qu’elle est carac­té­risée par une influence humaine de portée cosmo­lo­gique. Le tourisme va partout, il s’apprête même à conquérir l’espace. Or, c’est de cette époque incon­ti­nente qu’émergent des désastres imprévus, virus, boule­ver­se­ments météo­ro­lo­giques, plas­ti­fi­ca­tion de la planète, pollu­tion de l’air et des eaux, ruine de la bio/anthropodiversité…

Selon toi, quelles conséquences la crise actuelle aura-t-elle sur le tourisme tel qu’il existe aujourd’hui ?

Il est encore trop tôt pour le dire. Il faudrait que cette crise soit l’occasion d’une prise de conscience. Mais il se pour­rait malheu­reu­se­ment qu’elle ne soit qu’une paren­thèse : le monde pour­rait reprendre sa course de plus belle jusqu’à la prochaine… Cette crise révèle pour­tant la grande fragi­lité de l’économie touris­tique : en quelques jours tout s’est arrêté ! L’OMT, avec ses pers­pec­tives de crois­sance, n’avait pas prévu cela.

De tels aléas seront de plus en plus fréquents à l’avenir. Miser sur le tourisme pour sauver les terri­toires est une hérésie d’arrière-garde. Assurer la « tran­si­tion », orga­niser la « rési­lience », pour utiliser des mots à la mode, reviendra à quitter l’économie touris­tique, et plus globa­le­ment l’économie du profit pour le profit, pour revenir aux fonda­men­taux de la subsis­tance et du bien-vivre en commun.

Pourquoi voyager ? Délivrer le monde du tourisme

Tu parles de l’or du voyage. À quoi ressemblerait pour toi le voyage idéal ?

Le voyage dans un monde délivré du tourisme. En atten­dant il faut trouver les inter­stices. Le voyage comme rela­tion régé­nérée avec l’ensemble du vivant, c’est-à-dire comme « philo­so­phie de la Rela­tion », pour reprendre le titre d’un livre de l’écrivain, poète et philo­sophe Edouard Glissant.

Y a‑t-il des voyageurs qui t’inspirent aujourd’hui ? Ou qui incarneraient le voyage idéal ?

Nicolas Bouvier, mais il appar­tient au passé.

Joël Vernet, pour ses expé­di­tions poétiques et la clarté de son œuvre litté­raire, bien loin du tapage et des mises en scène.

Le prochain voyage, ce sera où ?

Dans mon prochain livre probablement.

La vraie vie est ici - Voyager encore ? Rodolphe Christin

Son dernier, La vie est ici, voyager encore ? S’adresse aux touristes comme aux voya­geurs qui se recon­naî­tront dans les travers, les fantasmes, les malaises et les aspi­ra­tions du voyage décrits par l’auteur.

Rodolphe Christin prône un retour au réel comme on revient à la raison, pour imaginer les voies de sortie des impasses de la consom­ma­tion et du mana­ge­ment du monde. Parce que « l’ailleurs n’a nul besoin d’artifices et de schémas touris­tiques pré-établis. […] Désor­mais il reste à renverser l’ordre des choses, sortir de l’enchantement grâce au voyage de retour : non pas en recou­rant au grand départ vers des contrées sidé­rales et sidé­rantes, mais en retour­nant au Réel. »

“C’est ici que nous devons faire front contre l’invivabilité crois­sante du monde.”

Un message parti­cu­liè­re­ment d’actualité.

Le livre d’un voyage exotique en France

Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ? Pour y répondre, j’ai traversé la France à pied à travers la diago­nale du vide.

Commentaires

Je vois beau­coup d’ar­ticle fleurir sur le voyage et le covid mais j’aime beau­coup le ton de celui-là. Merci pour cette décou­verte et ces mots

Merci Romane 🙂 Proba­ble­ment parce que l’ar­ticle était prévu de longue date et que je n’ai fait que remettre les réflexions de Rodolphe Christin dans le contexte actuel (ça résonne parti­cu­liè­re­ment juste dans ce moment parti­cu­lier, non ?)

C’est un sujet (et une inter­view) très intéressant(e). Merci !
C’est vrai que remettre les pendules à l’heure et diffé­ren­cier le tourisme du voyage est une chose.
J’aime beau­coup la phrase qui fait le paral­lèle entre tourisme & pulsion ; et c’est vrai qu’on ne peut pas le nier : le tourisme est un plaisir égoïste. Pour­tant j’ai envie de croire (égoïs­te­ment ?) que nous pouvons conti­nuer de voyage dans une moindre mesure, diffé­rem­ment, sans courir, sans vouloir tout voir.
Je m’épar­pille déjà dans mes propres réflexions 🙂
À l’heure actuelle, je suis triste de me rendre compte à quel point le voyage est devenu un produit de consom­ma­tion au même stade qu’un habit ou une nouvelle voiture. Un bien qu’on arbore fière­ment auprès de nos connais­sances. Toujours dans cette vision de compa­raison. Qui aura fait le plus etc. Je me souviens au tout début de mon blog, plusieurs gens (du secteur touris­tique !) m’avaient fait une réflexion parce qu’à l’époque je n’avais ni pris l’avion, ni visité d’autres pays que ceux fron­ta­liers à la France et qu’ils m’avaient limite ri au nez, parce que « non quand même être une blogueuse voyage et n’être allée qu’en Uk, Italie et Espagne .. quand même c’est drôle quoi » ..
C’est une époque étrange en tout cas, qui n’a pas fini de nous inter­roger (même si clai­re­ment nombreux sont ceux à s’en foutre) . Je suis sur ma réserve quand tout « rentrera dans l’ordre » (si c’est le cas bien sûr), je suis à tendance pessi­miste et je préfère me préparer au pire pour ne pas être déçue. Je pense que l’hu­main n’est pas prêt malheu­reu­se­ment à renoncer à son confort, ses habi­tudes et .. ses pulsions ! Pas tous heureu­se­ment, mais cette partie là fera-t-elle le poids ?

Coucou Amélie ! Quoi tu n’as jamais pris l’avion ? Quand même en tant que blogueuse voyage… 😉
Faut pas être triste. L’im­por­tant c’est de se sentir en accord avec ses valeurs.
Perso je ne prévois pas de m’ar­rêter de voyager mais ça fait un moment que je fais la diffé­rence entre les voyages aven­tu­reux où je me laisse aller aux hasards de la route et les voyages touris­tiques où je viens clai­re­ment consommer de la pres­ta­tion. J’ap­précie de voir la diffé­rence formulée de manière claire et honnête.
J’ai­me­rais essayer de mon côté de proposer un entre deux avec des voyages qui mettent en avant la rencontre avant tout dans des endroits à la fois peu connus et dépay­sants. C’était le chal­lenge 2020, on va peut-être remettre ça à 2021…
Bon confi­ne­ment et profite bien des grands espaces d’Amé­rique du nord quand il sera de nouveau temps !

Ok, chouette. Mais donc, on arrête aussi les congés payés ? Si non, je pour­rais encore faire ce que je veux de mon temps libre ?

Voilà, on arrête tout, on s’en­ferme chez soi et on attend la fin en regar­dant les feux de l’amour !
Libre à chacun de faire ce dont il a envie, à commencer par avoir un avis critique.
Ce que dit Rodolphe Christin n’est pas « arrêtez de voyager », mais « voilà pour­quoi j’ar­rête de voyager ». On peut trouver ses raisons valables ou non. De la même manière qu’on peut trouver valable le point de vue des vegans et conti­nuer à manger de la viande.
À chacun de faire sa petite cuisine intérieure.

Merci pour ton article. .Pour qu il y ait du chan­ge­ment il faut une vrai prise de conscience et une volonté de se remettre en cause. Comme pour le chan­ge­ment clima­tique. Beau­coup de gens s inquiètent voire se plaignent du réchauf­fe­ment clima­tique mais sont pas prêt à changer leurs habi­tudes pour autant car elles sont trop atta­chees à leur confort. Je retient parti­cu­liè­re­ment ce qu il dit sur le tourisme durable : « Le tourisme durable, c’est beau­coup moins de tourisme ». Comment peut on être vrai­ment durable dans une société où tout nous pousse à la consommation ?

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