Balade gastronomique dans les Monts d’Arrée

randonnée dans les Monts d’Arrée, de tour­bières en chemins de crêtes, au cœur du Massif armo­ri­cain. Au programme, balade nature et rencontres gastronomiques.

La balade dans les Monts d’Arrée continue. Après les légendes de la forêt de Huel­goat et les festnoz de la Feuillée, me voilà au pied du massif armo­ri­cain, au cœur de la Bretagne breton­nante. De tour­bières en chemins de crêtes, la randonnée s’annonce nature et les rencontres gastronomiques.

« J’espère qu’il fera gris » m’avait soufflé une amou­reuse des Monts d’Arrée à l’annonce de mon projet d’y randonner. C’est bien la première fois qu’on me souhaite mauvais temps avec un tel enthousiasme !

Au hameau de Saint-Cadou, au cœur des Monts d’Arrée, je suis accueilli chez Patrick, rencontré sur le salon du carnet de voyage de Brest. Dessi­na­teur de presse dans un journal breton­nant, cet ancien provi­seur passionné de gravure est aussi un spécia­liste de gastro­nomie bretonne.

« Le Breton est-il glouton, gour­mand ou gastro­nome ? » À en juger par l’andouille de lard qui compose une partie du repas, j’aurais bien envie de répondre : « Les trois » !

Balade gastronomique dans les Monts d'Arrée - Saint-Cadou, au coeur des Monts d'Arrée

Lambic de pomme et crêpes kraz

Je profite des lumières de mon hôte pour le cuisiner sur le beurre breton : où trouver du bon beurre breton ? J’ai encore le souvenir d’un beurre sublime d’origine bretonne. Visiter une fabrique de beurre en Bretagne, ce serait quelque chose à faire ! Mais non, pas de beurre.

Patrick m‘explique pour­quoi : en Bretagne, autre­fois, le beurre, c’était pour les cita­dins. Vendu par les femmes, l’argent du beurre (celui de l’expression « le beurre et l’argent du beurre ») servait à faire tourner la maison du fermier. Dans les fermes bretonnes, on mangeait les crêpes sans beurre. Kraz, légè­re­ment crous­tillantes. Le beurre, on le gardait pour le dessert comme pour le gâteau au beurre, le Kuign-Amann.

Un petit verre de lambic de pomme, très parfumé, me fait oublier le beurre… Il fait bon vivre ici, entre les murs de schiste de cette vieille ferme, à la chaleur de la flamme. Cidre fin comme un cham­pagne, produc­teurs de porc en plein air, beurre de mai, whisky de blé noir. Il semble que l’agriculture inten­sive soit restée sur le seuil des Monts d’Arrée.

Landes et tourbière des Monts d’Arrée

Je cher­chais le meilleur point de vue sur les Monts d’Arrée et mes hôtes m’ont recom­mandé le circuit du Mougau, un sentier de randonnée qui forme une boucle et longe le Tuchen ar Kador, le mont du trône.

Après un coup d’œil circons­pect à l’allée couverte (sans le renfort d’un guide pour m’expliquer le pour­quoi et le comment de cet aligne­ment de rochers, je me sens démuni) qui marque le départ du sentier, j’emprunte le ponton de bois et m’enfonce dans la tour­bière sur le « circuit des korri­gans ».

Je quitte bientôt les balises pour suivre le chemin qui, selon ma carte IGN, tire tout droit à travers la lande en direc­tion des sommets. Sur ce sentier humide, l’eau suinte et dégou­line sur les marches de schistes. Pour le serpent couleur prin­temps que je croise, c’est le lit d’un torrent.

À lire aussi : 9 itiné­raires de grande randonnée en France

Balade dans les Monts d'Arrée - Sur le circuit des korrigans

Sur les crêtes de Roc’Trévezel et Roc Tredudon

La ligne de crête arrive en vue et avec elle les premières vues pano­ra­miques. Je presse le pas, suivant les sentiers de randonnée qui s’entremêlent en pente douce et les nuages qui laissent entre­voir les couleurs déla­vées de la Lande.

Au loin, un drap d’ombre découpe la silhouette du tuchenn ar kador sur une mer de nuages. Au second plan, la Chapelle Saint-Michel de Bras­parts marque la sépa­ra­tion entre le plateau du Léon et les paysages de Cornouaille et du sud Finis­tère. Devant moi, en ligne de mire, le Roc’h Ruz semble marquer le terme de la balade.

Des aligne­ments de schistes émergent de la terre et s’étirent comme la colonne verté­brale d’un sque­lette gigan­tesque. Croisée quelques jours plus tôt, cette phrase d’Anatole Le Braz à propos des Monts d’Arée me revient en mémoire :

Randonnée dans les Monts d'Arrée - Des tourbières aux chemins de crêtes

« Ces montagnes qui n’en sont plus se souviennent de l’avoir été. Jusque dans leur médio­crité présente, elles gardent un je ne sais quoi de fier et de merveilleux qui ne permet point de les ravaler au rang de simples collines. »

Commana, désert d’hommes

Je regagne « le plat pays » par la route. Avec les panneaux indi­ca­teurs sous-titrés en Breton, j’ai vrai­ment l’impression d’être à l’étranger !

À Commana, un panneau Fischer indique le café des brumes et me rappelle qu’il fait soif. Manque de chance, il est « fermé pour raison de santé. À vendre ». De même que la crêperie des Monts d’Arrée, de même aussi que le magasin d’alimentation aux vitrines barbouillées de blanc. Ça sent un peu la diago­nale du vide, par ici…

Je me rabats sur l’auberge de la crêpe, de l’autre côté des Monts d’Arrée, une bonne adresse déjà testée lors de ma précé­dente virée du côté de la Feuillée. Ce sera ma dernière étape en Argoat, le pays de l’intérieur. Mon road-trip en Bretagne continue. Cap sur les paysages mari­times de l’armor et la presqu’île de Crozon. Je la convoite depuis que le festival du bout du monde existe. Je sais que je ne serai pas déçu.

Le voyage en Bretagne continue ici : 

Le livre d’un voyage exotique en France

Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ? Pour y répondre, j’ai traversé la France à pied à travers la diago­nale du vide.

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Commentaires

Salut Mat, j’hé­si­tais entre plusieurs desti­na­tions pour août prochain mais je viens de choisir. Même trois ans après la publi­ca­tion, j’ima­gine que tout est resté en l’état 😉. Je prépare mon sac !

Merci Domi ! Toujours content de savoir que mes petites histoires donnent envie d’aller voir par soi-même. Je ne pense pas que ça ait bougé non. En tout cas, toutes les adresses que je donne sont toujours en acti­vité. Ne ratez pas la forêt de Huel­goat dans le coin, elle vaut aussi le coup d’oeil ! Bonne rando !

Bonjour,
Dans la forêt d’Huel­goat un STOP est obli­ga­toire à « l’Autre Rive » un café/resto/librairie telle­ment poétique.

Bonjour Élodie,
en effet, j’avais repéré l’en­droit, planqué au milieu de la forêt mais malheu­reu­se­ment je n’ai pas eu le temps d’aller voir de quel bois il se chauffe.
Merci pour cet ajout !

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