Lier les plaisirs d’un week end velo au confort du voyage en train, en explorant des endroits de France préservés de la foule ? C’est la recette pour réussir un bon TER Break.
Mettez-vous dans l’ambiance
Il y a quelques semaines, j’ai rejoint les membres du collectif itinéraire bis pour un week end velo dans une destination bien loin des sentiers battus… La Haute-Marne !
Wait ! La Haute-Marne ? Mais c’est chez moi ! Plus que la découverte d’une destination hors des sentiers battus, pour moi c’est surtout l’occasion de rencontrer une petite communauté qui partage les mêmes valeurs autour d’un voyage plus proche de la nature et plus respectueux de l’environnement.
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Et ça, ça veut dire train pour venir et vélo, randonnée ou stop pour se déplacer sur place… Nom de code : TER break, une version climato-compatible des city breaks qui combinent destinations lointaines et trajets en avion.
Moins loin, moins vite, mais sûrement pas moins fun ! C’est un peu l’esprit de ce premier TER break…
Deux jours durant, nous allons sillonner la Haute-Marne de Chaumont à Langres. Team vélo d’un côté, team stop et rando de l’autre, avec un objectif commun : rejoindre la cabane non gardée où passer la nuit.
Quel regard d’autres voyageurs porteraient-ils sur les forêts, les rivières et l’accueil haut-marnais ?
Itinéraire bis
Derrière ce nom se cache un collectif de journalistes, influenceurs, blogueurs, producteurs… qui souhaite changer les représentations médiatiques du voyage en mettant à disposition des ressources pour promouvoir des imaginaires du voyage compatibles avec le respect de la biodiversité et l’urgence climatique.
Son slogan : « Pour que le voyage retourne dans le droit chemin ».
Www : itinérairebis.eco

Un TER pour Chaumont
« Chaumont ! Chaumont ! Deux minutes d’arrêt »
Sur le quai de la gare, c’est concours de vélo. Il y a du VTT, du vélo de course, de la sacoche de selle et du gravel pack… Quelques membres du groupe disparaissent même derrière leur sac à dos… Probablement les marcheurs.
Au gîte, l’apéritif réchauffe l’atmosphère tandis que le poêle murmure et que dehors la pluie crépite. Amélie sort sa grande carte IGN pour établir l’itinéraire du lendemain. Ce sera un mix de goudron et de chemins à travers les forêts du parc national. Les autostoppeurs tenteront quant à eux le bateau-stop le long du canal entre Champagne et Bourgogne, en direction de Langres.
On se ressert une tournée de Choue, la bière locale, pour fêter ça.
Gîte de la corniche
Un gîte au calme, une chambre double, 6 couchages sous le toit et un grand salon-salle à manger ouvert sur un jardin à l’anglaise pour les moments ensemble. Possibilité de ranger les vélos dans le garage.
Tarifs : de 60 à 135€
Adresse : 42B rue de la Corniche 52000 CHAUMONT
Tel : 06 78 16 01 93



Dans le peloton jusque Chateauvillain
Avant nos premiers kilomètres de vélo, un petit déjeuner de champions nous attend sous la halle du marché. À l’occasion de po’pôtes en fêtes, Chef Ben Saïd Abdallah réalise des fallafels devant un public conquis.
Nos dégaînes de cyclotouristes ne passent pas plus inaperçues entre les étals que nos vélos entassés à l’entrée. Le cafetier parle de « déferlante parisienne » ! Dehors, les chaumontais viennent au contact :
« Oh ! Y a des p’tites dames qui ont les pâtes à l’air. »
Ravie, Amélie explique le programme aux curieux qui s’enthousiasment :
« Ce qui est bien c’est que vous avez le soleil ! Allez, que la journée se passe bien ! Pas trop de pluie ! »
Ils savent de quoi ils parlent… Il pleut sur toute la France depuis une semaine.

Photo obligatoire au pied du viaduc où le TER a la bonne idée de passer. De l’autre côté de la vallée, les grandes lignes droites de la D65 s’étirent à travers les balles de foin, les clochers et les tâches vert forêt qu’éclairent des trouées de soleil.
Alex, le caméraman du weekend, remonte le peloton un par un : Alexis du réseau action-climat, Xavier, microaventurier de The other life, Alisée du site Mollow, le voyage à portée de train, Margaux des course d’aventure La Mad Jacques, Florence du journal We demain, Amélie auteure de 2 jours pour vivre. On pourrait presque avoir des t‑shirts sponsorisés !

Sur les petites routes du Parc national de forêts
Au bout de la route, Chateauvillain marque l’entrée du parc national des forêts. Point navigation autour d’un café-frites. Après le tronçon roulant, on opte pour les sentiers de terre qui s’enfoncent entre les arbres. Pas longtemps. Une barrière défend l’accès au cœur du parc national pour préserver la faune des nuisibles de notre espèce.



La pente à 45*C qui escalade le talus nous offre une alternative musclée. Hisser les vélos jusqu’au sommet, ce sera le défi du jour avant de se laisser glisser en roue libre le long des chemins blancs jusqu’à Arc en Barrois. Pause déjeuner en mode schlag, étalés sur le bitume. Un petit café cardamome, une gorgée de calva et ça repart.





La route épouse les courbes de la vallée de l’Aujon avant de bifurquer vers sa voisine l’Aube de l’autre côté d’une colline qui ondule joliment et mérite des arrêts fréquents « parce que c’est joli ». Nous arrivons en fin d’après-midi à la cabane de la Goyët, nichée dans un pli du relief, à deux pas d’un ruisseau.
Je connais bien le coin. J’y ai photographié ma première biche et vécu une nuit inoubliable parmi les animaux il y a quelques années.
À lire aussi : Observer les animaux au parc national des forêts

Une cabane sous les étoiles
Garance, Grégoire et Chiara, du groupe des marcheurs-autostoppeurs sont arrivés avant nous.
Sur leur route, pas de bateau-stop mais des courses qui s’enchaînent bien, des rencontres hautes en couleur (un sous-préfet pas bavard, un échangiste volubile, un chasseur adepte des safari photos…) et quinze kilomètres de rando qui méritent récompense.
Un atelier apéro de très bonne tenue s’organise en parallèle de l’atelier curry vert lancé par Xavier et Alex. Pari ambitieux, résultat délicieux.
Une lumière surnaturelle avait annoncé la tombée de la nuit mais rien ne nous avait préparé à ce ciel limpide qui s’étend au dessus du grand pré, face à la cabane, de l’autre côté du ruisseau. Les rayons de nos frontales se perdent dans la poussière d’étoile de la voie lactée.
La nuit sera fraîche… Températures négatives en perspective.
Cabane de la Goyët
Construite avec des matériaux simples, elle n’en est pas moins conviviale ! Petit poêle pour se réchauffer, libre d’accès, le plus dur, c’est de la trouver !
www : bienvenue-hautemarne.fr



Voie verte et marché de producteurs
Alex, notre « chef de cabine », berce notre réveil au son de Danit tout en préparant le café. La qualité du sommeil a varié selon la platitude du terrain, la chaleur des duvets et la sensibilité aux bruits de la forêt.
Les plus opérationnelles, Amélie et Margaux, partent en poisson-pilote découvrir l’abbaye d’Auberive. Garance, Grégoire et Chiara anticipant des routes vides en ce dimanche matin, suivent le mouvement. Ils auront de la marche pour rejoindre le village.
Entre limaces et branches folles, la séance de réveil musculaire pour remonter les vélos jusqu’à la route pique un peu. Mais la photo qu’a postée Xavier, parti aux aurores dans la campagne embrumée donne plutôt envie.

À Auberive, le marché de producteurs tombe à pic pour un petit déjeuner réussi. Gaufres, fromages frais, miel… De quoi prendre des forces pour la trentaine de kilomètres vallonnés qui nous séparent de la gare de Langres, terme de notre escapade.
Sous un vent mesquin qui balaye les routes du plateau, nous retrouvons la voie verte que j’avais suivie jusqu’aux gorges de la Vingeanne tandis qu’Amélie et son vélo de route préfère rester sur le goudron.
« Dans mon agenda, j’avais noté pour ce weekend « vélo et chlorophylle » »
m’annonce Margaux sur le chemin du retour, en équilibre sur la trace qui se faufile entre herbes hautes et branches rebelles.
Ça ferait un bon titre pour un article…
Merci donc à Margaux pour le titre de l’article, à Alexandre Leroy pour la mise à disposition de ses photos et au collectif Itinéraire bis pour l’organisation de ce TER break !

Le voyage à vélo se poursuit ici :
- Week-end vélo et chlorophylle
- Le parc national de forêts à vélo
- Observer les animaux au parc national de forêts




Commentaires
Super article Mat ! Merci à vous