À Hanoï, autour du lac Hoan Kiem, je prends le temps de ne rien faire. Enfin une grande ville où il fait bon vivre ! À l’ombre des arbres bordant les avenues, je sirote un Perrier prune délicieusement acidulé en observant cette fourmilière à l’activité incessante.
Mettez-vous dans l’ambiance
Dans les rues de Hanoï
Les échoppes envahissent les trottoirs. Quatre tabourets nains autour d’une table basse, deux bouteilles de soda, une thermos de thé, trois paquets de gâteaux et un fût de bière, voilà tout le nécessaire pour tenir un café. Il n’en faut guère plus pour ouvrir un restaurant et servir des bols de phở – prononcer feu comme dans pot-au-feu car ce bouillon de bœuf et de nouilles bien relevées s’est paraît-il inspiré de la cuisine française de l’époque du protectorat.
Dans les paniers d’une marchande ambulante coiffée de l’iconique chapeau, bananes, pastèques, lychees, mangues, ananas, papayes, fruits du dragon, juteux à souhait et sucrés à point font office de dessert, à déguster en suivant la partie d’échecs chinois qui se déroule à même le sol, sous l’œil critique d’une bonne trentaine de spectateurs.


L’art de prendre son temps
À Hanoï, la vie bat son plein dans un flot incessant où piétons, vélos et motos se doublent et se croisent en tous sens. Plus qu’une expérience, traverser la rue est un défi. La première fois, dix bonnes minutes sont nécessaires pour se jeter à l’eau. Mais une fois immergé dans le courant, quel émerveillement de voir ce fleuve humain s’ouvrir devant soi et épouser naturellement la course de ses pas !
Pour se transformer en poisson et goûter au plaisir de couper la circulation là où elle est la plus dense, deux règles : ne pas s’arrêter, ne pas reculer. Surtout ne pas courir ! Sous les tropiques, on ne brusque pas les choses, tout se fait en douceur.
C’est ce que nous comprenons après plusieurs jours à croiser des femmes qui tournent autour du lac, remuant les bras en expirant énergiquement : même pour le « jogging », ici, il faut savoir prendre son temps.
Restaurant à Hanoï : le Bit Tết Ngọc Hiếu
C’est à l’invitation de notre guide Lé ninh que nous sommes allés manger dans ce restaurant qui sert exclusivement des beefsteaks. Mais des beefsteaks particuliers, agrémenté d’un œuf et de pas mal d’oignon nouveau. Adopté, nous y avons peaufiné notre préparation physique.
Adresse : 18 Hang Cot | Hoàn Kiếm, Hanoi 10000, Vietnam
Tel : +84 901 750 099
Web : https://www.ngochieu.vn/

Le Vietnam en musique, souplesse et résilience
Pour nous guider dans ce monde aquatique, notre poisson-pilote s’appelle Lé Ninh. La soixantaine alerte, cet ancien ingénieur météo maîtrise toutes les subtilités de la langue française. Peu disert lorsqu’il s’agit de parler de lui, il est par contre intarissable sur la culture viet. C’est sur ses conseils que nous nous rendons au conservatoire d’Hanoï où les élèves de la classe de musique traditionnelle passent leurs examens de fin d’étude.
Installés à la table du jury, nos micros font un tour d’horizon du répertoire vietnamien.

Danses de cour, air traditionnel de l’ancienne Cochinchine, évocations du village natal, chanson pour Hué la bien aimée…Le programme éclectique où se mélangent les gammes pentatonique – asiatique – et diatonique – occidentale – illustre en musique l’histoire mouvementée du pays.
Dénigrée sous le protectorat français, influencée par la pop américaine, utilisée par le régime communiste, la musique viet semble avoir intégré toutes les contraintes et absorbé chaque nouvelle vague avec la même souplesse.
Sentimentale et joyeuse, elle s’accompagne volontiers de basse et de batterie et n’hésite pas à accorder ses instruments traditionnels à l’occidentale. Le prix de la longévité ?
Le théâtre de marionnettes sur eau
Le théâtre de marionnettes sur eau où les meilleurs musiciens se produisent depuis dix siècles illustre cette résilience autant que le pragmatisme vietnamien.
Pour assister aux scènes de la vie quotidienne et aux épisodes mythiques de l’histoire du pays, le spectateur doit s’acquitter d’un ticket, complété d’un second ticket pour son matériel photo. Ainsi accrédité, le public ne se prive pas de faire pleuvoir sur la scène une avalanche de flashs.
À l’heure des smartphones, j’imagine le parterre d’écran bleu et le concert de sonneries qui prennent part à la fête…
théâtre de marionnettes sur eau Thang Long
Les marionnettes sur eau sont un des spectacles les plus anciens de la planète et font parti du patrimoine traditionnel du Vietnam. Elles reproduisent sur un plan d’eau les scènes de la vie des vietnamiens, pêche, chasse à la panthère, culture du riz, mais également des scènes mythiques mettant en scène personnages historiques et animaux légendaires tels que les dragons, accompagnés d’une musique enjouée et d’effets pyrotechniques.
Horaires : 9h-17h, tous les jours sauf le weekend
Tarif : de 5 à 10€
Adresse : 57b Dinh Tien Hoang – Hoan Kiem – Ha Noi
Tel : +8424 38249494
Web : https://thanglongwaterpuppet.com/


Le voyage au Vietnam se poursuit ici :
- De Vinh à Hanoï, explorations vietnamiennes
- À Hanoï, l’art de prendre son temps
- Vacances dans la baie d’Halong



Commentaires
Quel beau pays, le temps à l’air d’être superbe.
Les magnifiques paysages, les senteurs, le sourire des gens .
Pas trop de pollution là bas ?
À bientôt ✌️
Bonjour Michel !
Oui, on se sent bien au Vietnam. En tout cas à Hanoï (je ne connais pas le sud du pays). Nous y étions en juin, donc pour le temps c’était très bien. Même pas de problème avec la mousson, nous devions être en avance… Côté pollution, je n’avais pas de souvenir particulier mais en regardant sur cette carte, je m’aperçois qu’on est sur des niveaux semblables à ceux de Paris. Mauvais pour la santé mais pas dangereux… À bientôt ! 🙂