En Iran, road trip à vélo dans les Monts Elbourz

Carnet de voyage d’un road trip en Iran. Un itiné­raire hors des sentiers battus, entre les sommets des Monts Elbourz et les trou­peaux de mouton.

Un road trip en Iran à travers les sommets reculés des Monts Elbourz… Entre mer de nuages et trou­peaux de moutons, 12 jours de sueur, d’efforts et de bonheur hors des sentiers battus, de Téhéran à Tabriz.

Après l’Ouzbekistan et une pause de trois semaines avec les vélos, il nous tarde de reprendre la route. Prêts à affronter la pente, nous quit­tons Téhéran et son bordel sympa­thique pour un road trip dans les Monts Elbourz. Il va y avoir du sport…

Road trip dans les Monts Elbourz

Deux jours d’ascension lente jusqu’au sommet. Les failles et les vallées d’altitude sont un vrai livre de géologie à ciel ouvert. Sur la route, on nous offre du thé, des bonbons, de la pastèque. Sieste à l’abri d’un des nombreux vergers qui bordent les cours d’eau. Etaler le tapis sous les pommiers et se laisse bercer par le bruit du vent dans les feuilles et le clapotis de l’eau. C’est le passe temps préféré des Iraniens. On les comprend. Malgré l’altitude, il fait une chaleur acca­blante.

Chalous-Rasht, la côte Casse-pied-nne

Triste spec­tacle ! Côté mer, une succes­sion inin­ter­rompue de rési­dences et de pavillons construits direc­te­ment en bord de plage. Les murs d’enceinte qui défendent jalou­se­ment l’espace priva­tisent aussi l’accès à la vue. Côté terre, les maga­sins de bouées alternent avec les hôtels et les restau­rants où l’on propose sous le manteau caviar et vodka. Entre, un étroit ruban de goudron et les grosses améri­caines Buick, Chevrolet et Ford de touristes en vacances. La côte caspienne, ce sera sans nous. Taxi s’il vous plaît !

A Rasht, petits fours et nuages de fumée

Rasht a un cœur de sucre qui bat au rythme des fumeurs de narguilé. Des cafés silen­cieux s’échappe le glou­glou des pipes à eau. La rue se parfume à la pomme, à la fraise, au melon. Le miel dégou­line des pyra­mides de cire sur la crème et les yaourt frais. Des gâteaux à base de pistache, de noix, de caca­huètes, de crème et de sucre se dévorent par dizaines accom­pa­gnés d’un thé brûlant. Pour digérer, s’offrir un jus de citron doux pressé. Allongé sur un divan, un livre de poésie persane à la main, la sieste me gagne au fil des vers.

Road trip en Iran - Masouleh de nuit

Prendre le frais à Masuleh

Masuleh, haut lieu du tourisme iranien, draîne un flot de cita­dins venus savourer l’air frais et la végé­ta­tion verdoyante des montagnes alen­tours. Flâner parmi les ruelles cente­naires et contem­pler le paysage à la terrasse d’un café sans âge ? Très peu pour nous. Les sommets nous appellent. D’autant plus que nous possé­dons doré­na­vant un atlas routier ultra détaillé. Malgré les mises en garde, nous prenons la route qui esca­lade la montagne.

Toucher le fond sur la route de Gilavan

Le chemin aurait été de terre s’il n’avait pas plu la veille… Dans la boue fraîche, nos roues s’enfoncent comme des lames de rasoir. Nous pous­sons les 40 kilos de nos vélos sur une pente au mieux raide, au pire abrupte. Dur, très dur. Même le Népal ne nous avait pas réservé un tel lot de souffrance.

Franck craque le premier. Il balance son vélo et s’assoit au bord de la route pour cher­cher un peu de calme et de moti­va­tion dans le pano­rama sublime qui nous entoure. Un chauf­feur pris de pitié nous charge à l’arrière de son pick-up. Il ramène les ouvriers au campe­ment pour la pause de midi. Hospi­ta­lité iranienne oblige, nous sommes invités à partager leur repas. Ragaillardis, prêts à en découdre à nouveau avec la pente.

Tutoyer les nuages des Monts Elbourz

Un brouillard épais est tombé sur la montagne. On n’y voit pas à cinquante mètres. Autour de nous, tout est blanc. L’air saturé d’humidité recouvre nos poils, mous­taches et barbes d’une fine couche de rosée. Progres­sion lente, silence de l’altitude, visi­bi­lité nulle… Le temps semble suspendu.

Soudain, une clarté intense nous entoure. Le blanc vire au bleu pastel, la lumière vacille, le brouillard se déchire. Sans autre signe avant-coureur, un ciel écla­tant de bleu, éblouis­sant de soleil, fait une appa­ri­tion aussi spec­ta­cu­laire qu’inattendue.

Les volutes de vapeur qui nous englou­tis­saient dévalent le flanc de la montagne. Jetées contre la pente, des spirales de vapeur tour­billonnent et dispa­raissent en fila­ments. Au loin, une mer de nuage s’écoule entre les sommets, dans le lit de la vallée, chahutée par les caprices du vent.

De ma vie, je n’avais rien vu d’aussi beau. Oubliés la fatigue et le cauchemar du matin. Le spec­tacle valait bien tous ces efforts. Penser quand même à reprendre la route avant qu’il fasse nuit !

Bergers et bergères à Majelan

Atten­tion, traversée de moutons ! Nous cédons le passage aux trou­peaux qui broutent le duvet vert recou­vrant les flancs de la montagne. Au fond de la vallée, les bergères nous saluent de la main. Seul véhi­cule de la journée : une mule et son cava­lier. Malgré les gigots vivants croisés sur la route, nous dînons ce soir de riz et de… thon en conserve !

Sous l’oeil de Khomeini, route de Khalkhal

En atten­dant le retour à la civi­li­sa­tion, nuit dans une maison de thé, à l’invitation de son proprié­taire. Nous dormons sous bonne garde : accroché au mur, l’Imam Khomeini nous couve du regard. Rétros­pec­ti­ve­ment, nous réali­sons que nous n’avons pas croisé femme qui vive dans le village.

Le tour du monde des musiques à vélo

Faites le tour du monde à vélo et décou­vrez le musiques d’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique. 18 mois de voyage, 23 pays et 23000 kilomètres !

Musictrotter, le podcast d'un tour du monde des musiques à vélo

Sur la même thématique

Commentaires

Bonjour, votre périple à vélo est passion­nant, et vos photos sont très belles. Je fais partie du comité de rédac­tion de la revue CCI (cyclo camping inter­na­tional), votre récit passion­ne­rait les lecteurs de la revue, éditée à à peu près 1000 exem­plaires. Si vous êtes tenté par le fait d’écrire pour la revue vous pouvez me contacter et me donner une adresse mail afin de conti­nuer le dialogue.
En tout cas bravo Luc

Fiou, l’es­pace de quelques minutes et je me suis laissée emporter par le récit de voyage et les images, je m’y croyais. Je me demande bien ce que je fais dans une chambre d’hôtel fidjienne main­te­nant c’est malin. En tous cas les paysages/culture/visage me rappelle un peu le Taji­kistan et bien évidem­ment ne font que renforcer mon envie d’Iran (et de voyage à vélo!!)

Merci Wowwwy ! Ah oui, l’Iran, c’est magique ! Et je ne peux que recom­mander la liberté du voyage à vélo… électrique 😉
Parce qu’on se prend quand même parfois à le maudire, ce vélo, quand on en bave…
Le monde est mal fait, tu vois, parce que moi je me verrais très bien dans une chambre d’hôtel fidjien dans l’at­tente d’un départ en bateau-stop 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Partages
Partagez
Enregistrer
Tweetez