Du tour du monde au tour de France, 15 ans de voyage en 4 actes

Pour­quoi voyager en France quand le monde me tend les bras ? Qu’est-ce que je vais trouver dans mon propre pays que je ne trou­verai pas ailleurs ? Explications…

Pour­quoi voyager en France quand le monde vous tend les bras ? Que trouver dans son propre pays qu’on ne trou­ve­rait pas ailleurs ? Du tour du monde au tour de France, expli­ca­tions en 4 actes.

Je vous vois déjà venir, bandes de serial voya­geurs : “Choisir son propre pays pour seul horizon, quand même, c’est pas la gloire ! Commencer par un tour du monde pour rétrécir à ce point là son champ de vision, quel triste renoncement”

Alors quoi ? Ras-le-bol ? Sursaut iden­ti­taire ? Acte poli­tique ? Non, curio­sité ! Opti­misme ! Et envie de véri­fier deux-trois idées reçues…

Acte 1 : le tour du monde

En 2001, je pars à vélo faire un tour du monde des musiques. 18 mois de voyage, 25000 km parcourus à travers l’Asie, l’Amérique du sud et l’Afrique et surtout, des centaines d’heures de musique enre­gis­trées. La liberté, pas de guide, juste une carte et le bonheur de suivre la route et de se laisser guider par les rencontres. Nous ratons une bonne partie des imman­quables et nous immer­geons dans le quoti­dien de chaque pays. Quand on ne connaît rien, tout est à voir.

Durant le voyage, je me rends compte d’une chose : pour comparer ce que je vis avec ce que je sais de la France, souvent, je manque de repères… Je ne connais pas mon pays aussi bien que je le pensais… et j’ai envie d’en savoir plus, de rester dans cette posture de curio­sité et d’ouverture que j’ai lorsque je suis hors de mes fron­tières. Je veux devenir un voya­geur dans mon propre pays.

Le retour est un peu plus prosaïque. Il fait froid, je reviens d’Afrique et je suis un peu saisi par les tempé­ra­tures autom­nales. La pluie me cueille comme une pomme mûre. Le niveau des prix en France porte le “coût” de grâce. Je remets à plus tard mon projet de voyage en France.

Acte 2 : de guides en guides

Je continue à voyager inten­si­ve­ment. Cette fois pour feu beGlob, le réseau des voya­geurs et comme rédac­teur de guides. Retour sur le terrain. L’Afrique avec laquelle j’étais un peu fâché me rappelle. Un peu l’Europe. Je m’en mets plein les yeux. A deux cent à l’heure parce qu’il faut quand même renta­bi­liser le dépla­ce­ment, voire le maximum pour produire le maximum. 

Pas trop le temps de faire ami-ami avec la popu­la­tion locale. J’avale les kilo­mètres, collec­tionne les desti­na­tions. Ma carte du monde commence à être bien remplie, j’en ai déjà vu plus que mes grands-parents voya­geurs. De l’Irlande à l’Afrique du sud, de l’Ouzbekistan à Cuba, je ramène le témoi­gnage en photos, en texte et en sons de 45 pays.

Mais je suis un enfant gâté. Je veux le beurre et l’argent du beurre. Et le beurre (salé !) du voyage, ce sont les rencontres.

Acte 3 : Voyager en France ?

Parmi ceux qui m’ont donné le goût du voyage, il y a les nomades, ceux qui connaissent le monde et qui en reviennent les yeux pétillants et le sac chargé d’anecdotes. Je suis parti sur leurs traces ces dernières années.

Et puis il y a les séden­taires, ancrés dans leur milieu, qui connaissent les gens, les plantes, les pierres par leur prénom… C’est à la rencontre de ces personnes là que je pars prochainement.

À lire aussi : Portraits de la France rurale

Et si l’exotisme était là, à deux pas de chez nous ? Et si avant d’aller sauver les produc­teurs de coton ouzbèk, on s’enquérissait de nos paysans ? Et si le brame du cerf valait l’observation des gazelles ? Et les flamands roses des marais de Camargue, c’est du poulet peut-être ?

Acte 4 : la France exotique

Loin de moi l’envie de jouer les donneurs de leçon. Mais tenter une expé­rience : peut-on vivre un voyage exotique dans son propre pays ? Je fais le pari que oui. Cher­cher à deux pas de chez moi ce que j’étais allé cher­cher au bout du monde : de l’exotisme, des rencontres et, si j’en trouve, quelques réponses. Ce sera l’objet de cette traversée de la France sur les routes de la diago­nale du vide.

Le livre d’un voyage exotique en France

Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ? Pour y répondre, j’ai traversé la France à pied à travers la diago­nale du vide.

Commentaires

Réflexion très perti­nente et qui me plait beau­coup. Je me suis dit plus d’une fois alors que je parcours les routes du monde, « tu ne connais même pas ton propre pays » et c’est vrai, je connais très mal la France, y ai rela­ti­ve­ment peu voyagé. Mais j’avoue que la réponse actuelle est plutôt « je garde ça pour mes vieux jours ». Mon problème en fait, c’est qu’en France, mais il en est de même dans les pays « riches », je m’y ennuie. Sans doute n’ai-je pas le contact assez facile, mais aux quatre coins du monde, les locaux viennent vers moi, je ne suis jamais seul, je ne m’en­nuie pas.

Haha Laurent ! Moi aussi, je me suis déjà dit « ce sera pour plus tard », en pensant à certains pays occidentaux.
Mais pour la France, c’est autre chose. D’abord parce que c’est un très beau pays. J’aime la nature, j’aime boire et manger… Rien que pour ça, je n’ai pas du tout peur de m’en­nuyer 😉 D’autre part, parce que c’est ma langue et que pour comprendre ce qui se passe, avoir une langue commune, c’est précieux. A l’étranger, je souffre beau­coup de ne pas pouvoir m’ex­primer fine­ment, faire des jeux de mots, de l’hu­mour… Et puis aussi parce que j’ai­me­rais savoir si les gens vont si mal qu’on nous le dit. Moi je fais le pari que non. Le voyage appor­tera ses réponses. Avoir un projet, ça faci­lite beau­coup les rencontres. J’ai hâte !!!

Les tragé­dies comptent le plus souvent 5 actes et les comé­dies 3…mais 4 actes n’ap­par­tiennent pas aux règles traditionnelles.
Nous voilà donc devant une « pièce » qui va définir ses règles et son tempo, qui n’ap­par­tient pas à un genre, qui renou­velle le plaisir de la marche et des chemins de traverses, et qui pour l’ins­tant n’a qu’un auteur lui-même acteur.
Les chemins nous inventent disait un titre de Philippe Delerm…c’est aussi parce que nous accep­tons de nous donner à eux.…
J’ai l’im­pres­sion que ça va mettre l’eau à la bouche de quelques uns…la pièce pour­rait finir par se jouer à plusieurs.
C’est tout ce que je te souhaite Mat !
Bleue

Merci Bleue !
Et oui, ni comédie ni tragédie 🙂 Ouf, je suis content de savoir que j »échappe à ces règles !
Et tu as raison, la pièce se jouera à plusieurs, qu’il s’agisse des voya­geurs qui me rejoin­dront sur la route comme de tous ceux dont je vais croiser le chemin ! J’es­père n’être qu’un trait d’union.

Bravo pour votre belle initia­tive, sûre­ment un rêve de jeunesse qui s’ac­com­plit. Moi même parti il y a 50 ans donner un coup de main en temps que VAT, la desti­na­tion connue prati­que­ment avant de prendre l’avion .… en route pour la Nlle-Calé­donie, parti pour 2 ans (!) j’y suis encore.…
Bons voyages, amitiés à Michel ancien de Bayen comme moi.

Merci JC 🙂
Oui un rêve d’il y a quelques années déjà… Et aussi un besoin de partir. Peut-être comme vous ? Vous avez peut-être trouvé votre paradis ? La Nouvelle-Calé­donie, y a pire… Pour moi, le rêve n’est pas telle­ment dans la desti­na­tion, plutôt dans le fait même de pouvoir conti­nuer à voyager. Pour le coup, je n’y suis pas encore, mais ça se fait, petit à petit, départ après départ. Main­te­nant que j’ai une base d’at­ter­ris­sage fixe, je peux me permettre d’en­vi­sager des départs sans avoir l’im­pres­sion de tout remettre en jeu à chaque fois.
Je trans­met­trai les amitiés à Michel ! Et bon vent en Nouvelle-Calédonie 

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