Larrau-Holzarte, l’adieu au pays basque

Dernière étape sur le GR10 en hiver. Carnet de voyage aux confins du pays basque, de Larrau à Sainte-Engrâce par la fameuse passe­relle d’Holzarte.

Aux confins du pays basque, la neige rend ma progres­sion sur le GR10 déli­cate. Du pic d’Orhy au pic d’Anie, je m’offre une dernière étape rocailleuse à travers les gorges d’Holzarte.

Sur la route de Larrau

Sur la route de Larrau, je croise des panneaux « atten­tion trou­peaux ». Toutes les sortes de bruits d’eau, goute­lettes, cascades, torrents, m’accompagnent dans ma descente jusqu’au fond de la vallée de la Soule.

Il fait encore soleil lorsque mes chaus­sures crot­tées piétinent la moquette claire de « Chez Etche­maïte ». L’hôtel arbore deux étoiles, mais ce sont surtout les deux toques au Gault et Millaut qui justi­fient ma présence.

Pour vingt tout petits euros, le menu proposé aux pension­naires de l’hôtel offre un bel aperçu de la gastro­nomie basque et des talents du chef Pierre Etchemaïte :

Oeufs pochés basquaise, tartine de boudin de pays, pipe­rade basquaise et pleurote.

Filet de dorade grillée servi sur une tartine de pied de porc, crous­tillant de légumes.

Entremet aux trois choco­lats, glace vanille et sablé coco

Cette fois-ci, je range l’appareil photo. Je veux savourer le moment comme un lot de conso­la­tion en lieu et place de cette ascen­sion du pic des esca­liers qui s’avérait sublime.

Je quitte la table tout à fait consolé.

GR10 - du pic d'Orhi au pic d'Anie - Carnet de voyage au Pays basque

La passerelle d’Holzarte

Chaleur et douceur, la neige est déjà oubliée. Les lézards détalent à mon approche, se réfu­gient dans les infrac­tuo­sités de la pierre. Le torrent bout au fond des gorges d’Ol­ha­dubi. La traversée de la passe­relle d’Hol­zarte qui l’enjambe me procure un doux vertige.

Je suis au royaume des cascades. Par endroit, le GR10 n’est plus qu’un ruis­seau boueux qui dévale la pente. Alors que je reprends un peu d’altitude, les plaques de neige reprennent du terrain, accro­chées à l’herbe rase. Je les délaisse, me détourne des cols et de leurs hauteurs pour suivre les courbes de niveau.

Au détour d’un virage, le pic d’Anie surgit. Je sais qu’au delà, la neige rendra la progres­sion impos­sible. La fin de cette traversée des Pyré­nées le long du GR10 approche. Pour l’heure, le soleil décline, la lune se lève et je suis encore bien loin de l’arrivée. Je redes­cends vers le fond de la vallée en courant, entraîné par les vingt kilos de mon sac qui rebon­dissent sur mes hanches. La pause à Sainte-Engrâce sera salva­trice. Les chas­seurs auront beau festoyer toute la nuit, je dormirai d’un sommeil de plomb.

Adieu au Pays basque

« Mais c ‘est pas du tout la saison pour faire le GR10 ! »

Combien de fois l’ai-je entendu, cette phrase ? Non, ce n’était pas la saison en effet, mais je voulais voir les Pyré­nées sous la neige et je n’ai pas été déçu.

À Arête, je quitte défi­ni­ti­ve­ment le tracé du GR10 et avec lui le pays basque alors que la grande traversée des Pyré­nées bifurque vers la station de la Pierre-Saint Martin. Petit pince­ment au cœur en passant au pied des pistes de ski. Atta­chés à leur niche, des chiens de traî­neaux hurlent. Pleurent ? Je passe un bon moment à les observer.

Si j’étais un chien de traî­neau, je pleu­re­rais comme eux de frustration.

GR10 - du pic d'Orhi au pic d'Anie - Carnet de voyage au Pays basque

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Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ? Pour y répondre, j’ai traversé la France à pied à travers la diago­nale du vide.

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