Aux confins du pays basque, la neige rend ma progression sur le GR10 délicate. Du pic d’Orhy au pic d’Anie, je m’offre une dernière étape rocailleuse à travers les gorges d’Holzarte.
Sur la route de Larrau
Sur la route de Larrau, je croise des panneaux « attention troupeaux ». Toutes les sortes de bruits d’eau, goutelettes, cascades, torrents, m’accompagnent dans ma descente jusqu’au fond de la vallée de la Soule.
Il fait encore soleil lorsque mes chaussures crottées piétinent la moquette claire de « Chez Etchemaïte ». L’hôtel arbore deux étoiles, mais ce sont surtout les deux toques au Gault et Millaut qui justifient ma présence.
Pour vingt tout petits euros, le menu proposé aux pensionnaires de l’hôtel offre un bel aperçu de la gastronomie basque et des talents du chef Pierre Etchemaïte :
Oeufs pochés basquaise, tartine de boudin de pays, piperade basquaise et pleurote.
Filet de dorade grillée servi sur une tartine de pied de porc, croustillant de légumes.
Entremet aux trois chocolats, glace vanille et sablé coco
Cette fois-ci, je range l’appareil photo. Je veux savourer le moment comme un lot de consolation en lieu et place de cette ascension du pic des escaliers qui s’avérait sublime.
Je quitte la table tout à fait consolé.
Chez Etchémaïté
Je ne suis pas un inconditionnel des hôtels luxueux, de la moquette épaisse et de la télé dans la chambre. Mais pour bien manger, je réponds toujours présent. De ce point de vue, le restaurant Chez Etchemaïté propose une cuisine très goûteuse qui met les produits basques à l’honneur. Cochonailles et poissons se côtoient dans l’assiette, avec surprise et avec succès. C’est beau, c’est bon, et c’est pas cher si vous dormez à l’hôtel. À ne pas rater si vous passez dans le coin.
Contact : Pierre et Cathy Etchemaïté
Tél : +33 5 59 28 61 45
Mel : contact@hotel-etchemaite.fr
www : hotel-etchemaite.fr




La passerelle d’Holzarte
Chaleur et douceur, la neige est déjà oubliée. Les lézards détalent à mon approche, se réfugient dans les infractuosités de la pierre. Le torrent bout au fond des gorges d’Olhadubi. La traversée de la passerelle d’Holzarte qui l’enjambe me procure un doux vertige.
Je suis au royaume des cascades. Par endroit, le GR10 n’est plus qu’un ruisseau boueux qui dévale la pente. Alors que je reprends un peu d’altitude, les plaques de neige reprennent du terrain, accrochées à l’herbe rase. Je les délaisse, me détourne des cols et de leurs hauteurs pour suivre les courbes de niveau.
Au détour d’un virage, le pic d’Anie surgit. Je sais qu’au delà, la neige rendra la progression impossible. La fin de cette traversée des Pyrénées le long du GR10 approche. Pour l’heure, le soleil décline, la lune se lève et je suis encore bien loin de l’arrivée. Je redescends vers le fond de la vallée en courant, entraîné par les vingt kilos de mon sac qui rebondissent sur mes hanches. La pause à Sainte-Engrâce sera salvatrice. Les chasseurs auront beau festoyer toute la nuit, je dormirai d’un sommeil de plomb.










Adieu au Pays basque
« Mais c ‘est pas du tout la saison pour faire le GR10 ! »
Combien de fois l’ai-je entendu, cette phrase ? Non, ce n’était pas la saison en effet, mais je voulais voir les Pyrénées sous la neige et je n’ai pas été déçu.
À Arête, je quitte définitivement le tracé du GR10 et avec lui le pays basque alors que la grande traversée des Pyrénées bifurque vers la station de la Pierre-Saint Martin. Petit pincement au cœur en passant au pied des pistes de ski. Attachés à leur niche, des chiens de traîneaux hurlent. Pleurent ? Je passe un bon moment à les observer.
Si j’étais un chien de traîneau, je pleurerais comme eux de frustration.






Poursuivez la rando sur le GR10 sur le blog :
- De Saint-Jean-de-Luz à Aïnhoa, le GR10 par le sentier du littoral
- De Bidarray à Saint-Etienne-de-Baïgorry, sur les crêtes d’Iparla
- De Saint-Jean-Pied-de-port à Iraty, le GR10 dans la neige
- Étape à Iraty, au pied du pic d’Orhy
- De Larrau à Sainte-Engrâce par les gorges d’Holzarte
- Randonnée, quand ça fait mal



