Un week-end au vert en Argonne

De Villers-en-Argonne à Sainte-Mene­hould, weekend détente entre rencontres chaleu­reuses et nature bienfaisante.

Le road­trip cham­pe­nois initié à vélo se pour­suit en voiture. De Villers-en-Argonne à Sainte-Mene­hould, chateaux, gastro­nomie, chaleur humaine et animale.

Il est plus de 23h lorsque les phares de ma voiture éclairent l’allée arborée qui mène au château de Villers. À ma grande surprise, la table est dressée dans la cuisine où crépite un bon feu de cheminée. Les Landman m’ont attendu pour dîner. Après cette journée sous la pluie menée tambour battant, ça fait vrai­ment plaisir !

Gaspacho, gratin de cour­gettes, fromages affinés, pana­cotta fram­boise… Mes hôtes savent faire honneur à leurs invités. Ancien diplo­mate, spécia­liste des ques­tions de désar­me­ment, Johannes m’en­traîne au salon où il partage avec moi sa vision inquiète de la Russie jusque tard dans la nuit.

Un magni­fique esca­lier en bois tout en courbes mène à ma chambre. Tapis d’Asie centrale, mobi­lier ancien, rideaux à motifs floraux, minia­tures isla­mi­santes décorent la pièce… Ce château a déci­dem­ment de la person­na­lité.

La visite du château de Villers et de son parc

Inta­ris­sable lors­qu’il s’agit d’his­toire, Johannes m’en­traîne le lende­main dans une visite exhaus­tive du château.

Histo­rien de forma­tion, l’ac­tuel proprié­taire se passionne pour l’histoire de sa demeure et de ses proprié­taires histo­riques depuis le XVIIème siècle, la famille Chamisso dont Adel­bert, écri­vain, poète, voya­geur et bota­niste, lais­sera son nom à la posté­rité. Je ne repar­tirai pas sans un exem­plaire-cadeau de L’étrange histoire de Peter Schle­mihl, son roman le plus célèbre ainsi qu’un topo complet sur l’histoire du lieu.

Le parc arboré du château de Villers compte lui aussi quelques illustres spéci­mens. Tout autour du pigeon­nier, privi­lège nobi­liaire propor­tionnel à la fortune fami­liale, des arbres d’âge et de taille remar­quables peuplent les six hectares du domaine. Le hêtre pleu­reur dont la taille et les branches entor­tillées n’ont rien à envier aux faux de Verzy fait la fierté de son propriétaire. 

Il reste encore les gîtes et les dépen­dances à visiter mais je dois vrai­ment filer si je veux être à l’heure à mon prochain rendez-vous.

Ferme pédagogique et poney club de Villers

Dans la grande cour inté­rieure du poney-club de Villers-en-Argonne, l’am­biance est plus rustique. Une cousi­nade occupe la quaran­taine de lits de l’ancienne ferme paren­tale trans­formée en gîte. Dans la grande pièce du bas où l’on sert le petit déjeuner – miel déli­cieux et confi­tures maison – on trayait les vaches jusque dans les années 80. 

Punaisée au mur, la charte du gîte rappelle les règles élémen­taires à respecter. Nathalie qui maugrée après ses derniers pension­naires qui coupent ses roses et vaquent dans son poulailler comme à la maison a quelques choses de Clint East­wood dans Gran Torino : intran­si­geante et pas commode. Ici, la règle n°1, c’est le respect de la nature.

La ferme péda­go­gique héberge quelques animaux. Des chevaux dans les box ; dans un enclos, des lamas ; et quelques races rares de gali­na­cées à la plume précieuse et à l’air indigné.

À lire aussi : En Argonne, du bon son pour les ânes

Des chevaux et des hommes

Au pré paissent une dizaine de poneys et chevaux. J’accompagne la jeune apprentie qui passe non sans mal le licol à deux beaux chevaux à la robe sombre et les ramène sous le toit du manège. Plusieurs plaques bien en vue rappellent fière­ment que le poney-club est membre de la fédé­ra­tion fran­çaise d’équitation.

J’adorerais partir décou­vrir les sous-bois de la forêt d’Argonne avec Nathalie qui connaît le coin mieux que personne – elle y est née – mais j’ai d’autres plans pour l’après-midi. Je me contente d’installer mes affaires dans la roulotte où je dormirai ce soir, juste à côté des écuries et d’apprivoiser le tout jeune poney qui vient lécher le sel de ma peau comme il tète­rait sa mère, entre deux courses avec son copain chevreau.

Sainte-Menehould en canoë-kayak

Sainte-Mene­hould est la ville natale de Dom Péri­gnon. À la recherche de sa statue, je m’enfonce sur un chemin pentu noyé de végé­ta­tion. Une forte­resse domi­nait autre­fois la ville basse, cein­turée par le cours de l’Aisne qui faci­li­tait la défense de la capi­tale de l’Argonne.

C’est depuis cet itiné­raire aqua­tique que j’ai eu envie de décou­vrir la ville. Je rejoins toute l’équipe des béné­voles du club de canoë-kayak réunie pour un pique-nique et une partie de kayak-Polo. J’ai le droit à une petite démons­tra­tion avant de prendre le large pour décou­vrir la ville en glis­sant sur l’eau.

À l’ombre des arbres, au fil de l’Aisne, je croise des canoës, des pédalos, quelques pêcheurs… Par cette chaleur d’été, tout le monde savoure la fraî­cheur bien­fai­sante. Les tibias de Franck, moni­teur, rouge écre­visse, confirment s’il était besoin la néces­sité de s’abriter du soleil.

Pied de cochon au cheval rouge

Un peu de sport m’a mis en appétit. Sainte-Mene­hould possède juste­ment une spécia­lité qui pique ma curio­sité : le pied de cochon. Au cheval rouge, on le prépare depuis plus d’un siècle et la renommée de l’établissement semble dépasser les fron­tières : la moitié de la salle ne parle pas fran­çais. Le menu propose :

Pied de cochon à la Sainte-Menehould

Paleron de porc en croûte de wasabi, meunière de betterave

Clafoutis rhubarbe-fraise

Le secret de la recette du pied de cochon à la Sainte-Mene­hould ? Sa cuisson. La légende dit que des pieds de cochons immergés dans un bouillon furent oubliés sur le feu par erreur. Vingt-quatre heures plus tard, surprise ! Les os étaient devenus friables. Dans le pied de cochon, on peut donc tout manger et je ne me prive pas du plaisir ludique de faire céder sous la dent ces osse­lets friables et goûteux. Une vieille prune aidera à détendre un peu mon estomac engorgé – la carte des diges­tifs mérite qu’on s’y attarde.

Un plaisir qui appelle la balade et qu’il vaut mieux réserver pour le repas du midi. Sauf à laisser les os !

Weekend en Argonne - Le restaurant le cheval Rouge à Sainte-Menehould
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