Carnet de voyage hors des sentiers battus en France et autour du monde

5 récits de voyage en France

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    5 récits de voyage en France

5 récits de voyage en France

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25 octobre 2018

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À pied, à vélo ou en combi, un récit de voyage permet de faire la route avec son auteur, de partager ses expériences, ses rencontres, son point de vue. Journalistes, flâneurs, artistes, profs, voici cinq livres pour voyager à la manière de… Et un bonus en fin d’article 😉

Lorsque j’ai commencé à écrire le récit de mon voyage en France, je m’étais interdit de lire ces livres avant d’avoir moi-même achevé de raconter le mien. Trop peur des comparaisons, de l’auto-censure, d’écrire à la manière de… Je souhaitais avancer seul.

Mon récit de voyage achevé, j’ai enfin pu me pencher sur ce que d’autres avaient vécu en traversant cette France rurale, découvrir leurs expériences, leur regard, leur manière de raconter. Journalistes, écrivains, artistes, flâneurs, voici une sélection de cinq récits de voyage en France.

Le récit de voyage d’un flâneur >>Chemin faisant
Le récit de voyage d’un prof >> Pensées en chemin
Le récit de voyage d’un romantique >> Sur les chemins noirs
Le récit de voyage d’un journaliste politique >> Le peuple de la frontière
Le récit de voyage d’un couple d’artistes >> Les autonautes de la cosmoroute
et bien sûr…
Le récit de voyage d’un optimiste >> La diagonale du vide

Récit de voyage - Chemin faisant de Jacques Lacarrière

Chemin faisant de Jacques Lacarrière – Mille kilomètres à pied à travers la France.

Des cinq récits, c’est le premier à avoir été écrit et c’est aussi le premier livre que j’ai lu – et dévoré. En lisant Chemin faisant, j’ai fait la route avec un ami. Même plaisir de la flânerie, même goût du temps qui passe et qu’il faut arrêter, même manière de se laisser aller aux hasards des rencontres.

La préface du livre donne le ton du voyage :

« Adolescent, j’avais déjà parcouru en groupe […] les routes de Sologne et les chemins du Val de Loire. Mais ces marches en groupe me laissaient sur ma faim. J’y décelai déjà cette déformation typique qui par la suite donna naissance aux randonneurs. Par curiosité, j’ai recherché l’étymologie de ce mot et ne fus nullement surpris de voir que randonner vient de randon, vieux mot français signifiant fatigue, épuisement. Courir à randon c’est courir jusqu’à épuisement et randir, se déplacer avec ardeur et impétuosité. Il y a dans tous ces termes une urgence de marcher, une impatience d’être ailleurs qui est tout le contraire de la promenade et de la flânerie. »

Passionné d’étymologie, Jacques Lacarrière a le soucis du détail et du lieu, des mots, du patois et se penche sur leur mémoire inconsciente… (Je faisais plus attention à ce qu’il y avait dans mon assiette…). Surtout, il a le soucis des gens. Sur ceux qu’il croise sur son chemin, rencontres parfois insignifiantes du voyage qui vous marquent sans bien savoir pourquoi, Jacques Lacarrière porte un regard plein de curiosité et de bienveillance.

Avec jalousie, j’ai trouvé dans le récit de son voyage en France les détails que je ne m’étais pas autorisés dans le mien – énervements passés sous silence, jours de mauvaise humeur, digressions qui ne trouvaient pas leur place dans mon récit de voyage – et qui donnent à son voyage de la chair et des os.

Récit de voyage - Pensées en chemin d'Axel kahn

Pensées en chemin d’Axel Kahn – Ma France des ardennes au Pays basque

C’est sur les traces de Jacques Lacarrière qu’Axel Kahn se met en route, quarante ans plus tard, le long d’une

« grande diagonale que j’imaginais nord-est/sud-ouest, mais plus ample que la sienne. À cinq mois du terme de mon mandat de président d’université, […] la question de mon avenir immédiat me trottait dans la tête. Quels choix me rendraient le plus heureux ? Solliciter un nouveau mandat de deux ans à la présidence de l’université ? Un engagement politique plus actif m’était aussi offert. Ou encore je pouvais m’efforcer d’entamer une nouvelle carrière de consultant dans l’administration de l’enseignement et la recherche […] Je ne désirais rien de tout cela ! En revanche, la pensée de réaliser enfin mon déjà vieux projet, celui de traverser la France à pied, d’y poursuivre la quête de moi-même après un parcours déjà long, au contact de gens enracinés dans le territoire me remplit d’allégresse. »

Chassez le naturel, il revient au galop. Le voyageur Kahn est un marcheur qui chemine de conférences en conférences (il précise le nombre de participants, l’accueil empressé des officiels, les honneurs de la presse…). Sa traversée de la France est celle d’un professeur de 68 ans moins parti pour recueillir que pour enseigner.

L’itinéraire est précis, la chronologie étudiée, le programme implacable. Deux semaines de pluie consécutive ? Qu’à cela ne tienne, l’auteur suit son programme à la lettre. Sa traversée prend des airs de défi sportif. On compte un peu les kilomètres parcourus

Pas beaucoup d’humanité dans ce voyage où les gens sont convoqués surtout pour les connaissances qu’ils partagent. Le récit s’émaille de digressions philosophiques et de descriptions fastidieuses. Races des vaches, précisions géologiques, recettes de cuisines, rappels historiques, noms des saints du jour, traditions locales… Le diagnostic s’établit sur les paroles des politiques rencontrés (écoutés ?) et le nombre d’usines fermées. Évidemment, il est sans appel !

Récit de voyage - Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Alors que je faisais halte dans les Pyrénées, j’ai appris par un guide de montagne qui le connaissait que Sylvain tesson était en train de marcher en France à travers les endroits les plus sauvages, ces fameux chemins noirs qu’on trouve sur les cartes. Je n’étais pas encore revenu de mon voyage que le récit du sien caracolait déjà en tête des ventes.

Depuis, quand j’explique ma démarche, on me dit : « Ah oui ! Comme Sylvain Tesson ! ». Pour ne pas être contrariant, je disais oui, au début. Plus maintenant, parce que nos démarches n’ont pas grand-chose en commun. Ni dans l’itinéraire (sud-est/nord-ouest pour lui, Nord-est/sud-ouest pour moi), ni dans la durée (il a marché trois mois, j’ai marché un an et demi), ni dans le but (il fuyait la civilisation, je partageais la vie des habitants), ni dans la vision (il constatait partout les méfaits du monde moderne sur la campagne française, je collectais les initiatives qui réenchantent la ruralité). Avoir traversé les endroits les moins peuplés de France est notre seul dénominateur commun. Pour le reste, tout nous oppose.

Sur les chemins noirs est le livre d’un auteur à la gueule cassée qui cherche à traverser la France en se dissimulant (comme il le dit ici) et qui porte sur le territoire et la ruralité la vision romantique, pessimiste et réactionnaire qui émaille l’ensemble de ses livres. En un mot, c’était mieux avant.

« L’homme manquait de tenue. L’évolution avait accouché d’un être mal élevé et le monde était dans un désordre pas croyable. Moustiers se réveillait dans la lumière d’un matin à la Raoul Dufy : léger et court vêtu. S’il n’y avait qu’une leçon à tirer de ce chaos général c’était qu’un village local est un moindre foutoir que le village global !

– Vous avez du feu ? Dis-je au type qui fumait à côté de moi avec une allure d’Italien tiré à quatre épingles.
– Je peux vous prendre le journal en échange ? dit-il.
– Vous y perdez, dis-je, la violence gagne.
– Non, dit-il en me tendant le briquet, elle ne gagne pas.
– Vous n’avez pas lu les journaux ?
– Mais si ! La violence, autrefois, on n’en parlait pas. Moi je me suis battu. Un copain dans un bar a pris un coup de couteau, je l’ai emmené à l’hôpital en Jaguar. Il m’a salopé les fauteuils avec son sang, ce con.»

Récit de voyage - Le peuple de la frontière de Gérald Andrieu

Le peuple de la frontière de Gérald Andrieu – 2000 km à la rencontre des Français qui n’attendaient pas Macron.

Gérald Andrieu est parti à la rencontre des Français, « les « vrais », les « pas vus à la télé » », pendant la campagne présidentielle de 2017. Lassé du jeu des candidats et des médias, « loin des flux d’actualités qui rendent le journalisme fou et le monde toujours plus flou », le journaliste et rédacteur en chef à Marianne souhaitait une immersion sur le terrain. La marche pour ralentir le rythme, la frontière pour terrain de jeu, le voilà parti à la rencontre non plus des politiques, mais de leurs électeurs.

Migrants, chômage, fermeture des usines, désertification des centres villes, dumping fiscal, terrorisme… De Brey-Dunes à Menton, de primaires de droite en primaires de gauche, la France qu’il rencontre semble tenir une sacrée gueule de bois et laisse transparaître en filigrane, au gré des rencontres, la tentation du vote Front-national et l’abstentionnisme des déçus de la politique.

Les détails des scènes de la vie courante donnent à ce livre le ton du reportage. Chiffres et références bibliographiques étayent les propos. Une exploration des tréfonds d’une certaine France, celle qui a peur, « sûre de son passé, mais désarmée quand il s’agît de savoir qui elle est désormais ».

« Je sais bien qu’à ce stade, certains lecteurs verront en André et Colette de dignes représentants de cette « France du repli sur soi ». Sans essayer de comprendre quelle trouille s’est emparée d’eux comme d’une grande partie du pays qui se vit, depuis de nombreuses années, en insécurité physique, économique et identitaire. Des périls réels, et pour certains aussi exagérés ou fantasmés, mais que l’autre « moitié » de la France ne peut pas imaginer, tout à l’abri qu’elle est. D’ailleurs, avant mon départ, pour plusieurs des personnes avec qui je parlais de mon périple à venir, c’était entendu : j’allais voir ce pays incapable d’ouvrir les bras. La France du rejet, la France rance, la France moisie, la France qui n’aime pas l’étranger quel qu’il soit. « Tu verras, par chez moi, me disait-on avant mon départ, […], les gens sont fermés, tu vas en chier ». Des prophéties faites avec un sourire narquois, aussi valables finalement que tous ces sondages prédisant le refus du Brexit par les Britanniques. Car en plus de 1500 km parcourus jusqu’à Montgilbert, pas une porte ne m’a été claquée au nez. Si ce n’est celle de quelques élus locaux qui, ici comme ailleurs, n’aiment pas les questions déplaisantes. Pas une seule mauvaise rencontre non plus. Si ce n’est donc avec des chiens près de Fourmies, dans le Nord. Mais du côté des humains, rien à redire. Ou plutôt, tout à raconter. »

Récit de voyage - Les autonautes de la cosmoroute de Carol Dunlop et Julio Cortazar

Les autonautes de la cosmoroute de Carol Dunlop et Julio Cortazar – ou un voyage intemporel Paris-Marseille

C’est un livre que je n’ai qu’à peine parcouru mais dont le projet m’a tout de suite enthousiasmé. La lettre que l’auteur adresse au directeur de la société des Autoroutes en début de livre résume parfaitement le propos du voyage :

« Monsieur le directeur,

Il y a quelques temps, votre société m’avait demandé mon accord pour publier, dans l’une de ses revues, des passages de ma nouvelle intitulée L’autoroute du sud. Bien sûr, je l’avais accordée avec beaucoup de joie.
Voilà que maintenant, je m’adresse à vous pour vous demander à mon tour une autorisation d’un genre tout à fait différent. Avec ma femme Carol Dunlop, également écrivaine, nous envisageons une « expédition » un peu folle et pas mal surréaliste, qui consisterait à parcourir l’autoroute entre Paris et Marseille à bord de notre Volkswagen combi, équipée de tout le nécessaire, en nous arrêtant sur les 65 parkings de l’autoroute à raison de deux par jour, c’est-à-dire en mettant un peu plus d’un mois pour faire le trajet paris-Marseille sans quitter jamais l’autoroute.

Nous avons l’intention, en dehors de cette petite « aventure » que ceci représente, d’écrire au fur et à mesure du voyage un livre qui raconterait d’une façon tout à fait littéraire, poétique et humoristique, les étapes, événements et expériences divers que va nous offrir sans doute un voyage aussi étrange. Cela s’appellera peut-être Paris-Marseille par petits parkings, et bien sûr l’autoroute sera la protagoniste principale. »

Voilà comment l’éditeur Gallimard décrit ce journal de voyage : « À l’instar des navigateurs anciens, nos deux explorateurs tiennent un journal de bord détaillé où ils décrivent non seulement tous les aléas du voyage mais également la flore et la faune étonnantes qu’ils trouvent sur l’autoroute, ainsi que les pièges et les menaces les plus abominables auxquels ils doivent faire face : sorcières, gendarmes, agents secrets, camions sinistres d’origine inconnue qui les doublent dangereusement et essaient de les écraser. Mais rien ne les arrêtera, pas même les règles strictes du jeu auquel ils jouent en secret. »

Ça donne envie, non ?

Récit de voyage - La diagonale du vide de Mathieu Mouillet

La diagonale du vide de Mathieu Mouillet – un voyage exotique en France

Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ?
 Mathieu Mouillet (c’est moi !) a relevé le défi en marchant dix-huit mois le long de la diagonale du vide, un itinéraire imaginaire qui relie les départements les moins peuplés de France. Un roadtrip à 4km/h, hors des sentiers battus, où l’on rencontre une France sauvage, entreprenante et où il fait toujours bon vivre.

Des Ardennes au Pays basque, l’auteur explore les endroits « où il n’y a rien à voir » et collecte les histoires ordinaires et extraordinaires de ceux qui entretiennent avec leur territoire une relation intime. Pour quelles raisons n’abandonnent-ils pas ces campagnes dont tout dit qu’elles vont si mal que ça ?

« Depuis plus de 15 ans, je voyage aux quatre coins du monde. Des souvenirs que je ramène, les meilleurs sont toujours les rencontres. Les rencontres sont le sel du voyage. Elles transforment des lieux quelconques en moments inoubliables.
Lors de mes pérégrinations, les gens s’étonnent : « pourquoi venir chez nous alors que vous habitez le plus beau pays du monde ? » Parce que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Pour découvrir le monde. Parce que je croyais connaître la France.
Et plus les voyages se succèdent, plus l’évidence est là : le voyage commence en bas de chez soi. Peut-on faire un voyage exotique dans son propre pays ? C’est le pari de ce voyage en France. »

Pari tenu ? Découvrez le ici !

J’AI ENVIE DE TENTER L’AVENTURE EN FRANCE !

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