Première étape de mon road trip à travers la Champagne, la Meuse à vélo a des airs de répétition générale : des jardins, des forêts, des prairies, des lacs… et quelques soucis techniques !
On dit que le voyage commence en bas de chez soi. En bas de chez moi, c’est l’itinéraire de la Meuse à vélo qui passe là, juste devant ma porte. Depuis la fenêtre de ma cuisine, j’observe régulièrement les cyclistes faire fausse route, manquer la bifurcation sur la droite et traverser le village avant de repasser dans l’autre sens. Gonaincourt est un cul de sac.
Le voyage qui commence en bas de chez moi, c’est donc la Meuse à vélo.
Le fleuve coule au fond du jardin, la source de la Meuse ne se trouve qu’à une vingtaine de kilomètres de Gonaincourt et Langres, l’une des extrémités de l’itinéraire de La Meuse à vélo, est à 45 minutes en voiture. Je connais bien la route qui mène au-delà à Dijon et vers le sud de la France. Je vois les paysages parfois défiler depuis la fenêtre d’un wagon. Les redécouvrir à bicyclette par les petites routes me réjouit.
Par où passe la Meuse à vélo ?
Depuis Langres, l’Eurovélo 19 suit le cours de la Meuse jusqu’à la Manche sur plus de 1000 km. En vous lançant sur la piste de la Meuse à vélo, vous découvrirez sa source à quelques kilomètres et poursuivrez votre course le long d’un itinéraire européen de plus de 1000 km qui passe par Verdun, Charleville-Mézières, Namur et se termine à Rotterdam, alternant petites routes, voies vertes, pistes cyclables et anciennes voies ferrées.
www : fr.eurovelo.com

La Meuse à vélo, de Bourmont à Langres
À la boulangerie de Bourmont où je fais quelques emplettes avant de prendre la route, deux hollandaises rouge écrevisses viennent s’échouer à l’ombre du auvent. Elles font route vers la Hollande après avoir parcouru l’itinéraire de la Meuse à vélo dans l’autre sens, de Rotterdam jusqu’à Langres. Il y a donc du monde sur l’itinéraire ? Du monde oui, mais pas beaucoup d’aménagement sur ce tronçon, confient-elles un peu dépitées. Leur vélo à assistance électrique leur permettra de pédaler jusque Neufchâteau sans trop puiser dans les réserves.
Le mien n’offre pas les mêmes avantages, mais il a fait ses preuves lors de précédents voyages à vélo. C’est le même vieux gazelle d’occasion avec lequel j’ai traversé une partie de la France. Il fera bien quelques kilomètres de plus…
Quelques uns, oui. Mais pas plus. Je n’ai pas fait 10 kilomètres lorsque je stoppe à Levécourt pour régler mes sacoches. Au moment de repartir, un bruit sec suivi d’un tintement métallique m’alerte. Les pédales n’entraînent plus la chaîne qui pend mollement du dérailleur arrière. Cassée. Cette balade à vélo commence bien…

Natur’ailes – les jardins
Je range à contrecoeur ma monture dans le coffre de ma C3 et le roadtrip redémarre en voiture. Les petites routes sinueuses de la vallée de l’Amance me font regretter de ne pas être à l’air libre. Les reliefs un peu moins. J’arrive à Varennes-sur-Amance en rêvant de cabriolet.

Dans la boutique Natur’ailes, il règne une odeur de plantes. Produits cosmétiques naturels, confitures de petits fruits, herbes médicinales et aromatiques, tisanes, jus de pommes… Depuis 2009, l’association fait de l’éducation à l’environnement avec pour support un jardin pédagogique. La passion prend vite le dessus. L’un des membres devient maraîcher bio, l’autre apicultrice en méthode douce…
Maude qui m’accueille s’installe elle comme productrice de plantes à parfums, aromatiques et médicinales. Née à Langres, grandie à la campagne, elle est tombée amoureuse de l’Amance pour sa nature préservée.
« Je croisais des biches, des tas de papillons… Je me disais mais où est-ce que je suis ? C’est vrai que pour ça, on a une biodiversité qui est vraiment magnifique ! »
Revers de la médaille : l’isolement. Bourbonne-les-bains, la ville la plus proche, est à 20 minutes. Mieux vaut ne pas avoir oublié le pain.
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« Pour moi la pampa, c’est parfait. Plus c’est la pampa, plus je suis contente. Là j’ai une pampa de 10 ha au bois de Varennes, j’y trouve à peu près la moitié de mes plantes, j’ai même réussi à me perdre dedans… »
Maude y a justement passé la matinée. Une odeur envahissante de ronces et de framboisiers émane du séchoir et donne envie de respirer à plein poumon.
« Dedans c’est sombre pour les photos mais c’est ton nez qui va parler ! Les bourgeons de ronces sont recouverts d’une gomme bonne pour la gorge. Ça rentre dans la composition de la tisane « Monsieur hiver ». Toutes les tisanes ont des vertus spécifiques. »
Dans l’arrière-boutique, à côté du séchoir plein à craquer, on trouve les stocks de matériel pédagogique de l’asso et le labo où les 3 associés du « palais des fées » préparent des plats bio et végétariens : pesto d’ail des ours, gâteaux apéritif, biscuits sucrés aux plantes…
« Là, il ne reste plus grand-chose. Il est temps que le mois de juillet arrive pour refaire les stocks ! C’est un peu la galère tous les ans. On cherche un ou une quatrième. On fait tout à la main, rien n’est mécanisé, du semis à la récolte donc forcément ça prend du temps. On serait un de plus, ce ne serait pas de trop ! »
Avis aux amateurs…
Natur’ailes
Les membres de cette association partagent leurs connaissances en cueillette, plantes aromatiques et cuisine sauvage lors de stages autour des plantes comestibles, médicinales ou cosmétiques et de leurs usages. Vous partirez le matin pour une balade de reconnaissance avant de transformer, l’après-midi, le fruit de votre récolte. Les stages se font à partir de 4 personnes. La réservation est obligatoire.
Contact : Maude
Adresse : 21 pl. de l’Eglise, 52400 Varennes-sur-Amance
Tel : 06 06 43 43 28
Mel : opalaisdesfees@gmail.com
Www : opalaisdesfees.fr



L’arbre à cabanes – la forêt
Depuis les terrasses de Varennes, le regard porte loin sur les reliefs de la vallée de l’Amance où la forêt règne en maître. Je vais passer la nuit dans les arbres.
À Guyonvelle, l’arbre à cabanes accueille les robinsons en mal de nature dans ses huit cabanes au nom de rêves. Réparties parmi les quelques hectares de forêt, elles promettent une nuit inspirée. Un panier suspendu à l’arbre n’attend plus que moi. Le restaurant l’assiette II situé à l’entrée du site est fermé le mercredi soir mais il prépare des repas chauds livrés au pied de l’arbre.
Une double volée de marches me mène à la plateforme perchée à plus de huit mètres au dessus du sol. Noyée dans la canopée, la cabane mêle ses courbes et ses boiseries à celles de la forêt. Aux confins de la Champagne, baigné par le chant des oiseaux, l’agitation du monde semble bien loin.
L’arbre à cabanes
Au cœur d’une forêt de plusieurs hectares, ces 8 cabanes dans les arbres vous attendent pour un séjour en hauteur. D’une capacité de 2 à 6 personnes, entièrement réalisées en bois, elles sont logées dans des chênes centenaires à l’abri des regards pour une parfaite osmose avec la nature. Vous pourrez commander des paniers repas pour une expérience en immersion complète ou déguster la cuisine raffinée du restaurant voisin L’Assiette II.
Adresse : Sur la combe, 52400 Guyonvelle
Tel : 06 75 61 54 68
Mel : larbreacabane@gmail.com
Www : larbreacabane.com





Le fort fermier – la prairie
J’arrive le lendemain matin au fort-fermier de Montlandon. L’endroit est en plein travaux. La ferme-auberge doit ouvrir dans trois semaines et tout le monde s’affaire pour que le lieu soit prêt à accueillir ses premiers hôtes. Maïlys me fait faire le tour du propriétaire.
« Ici, on a déjà un poulailler avec 180 poules. En fait on alimentera la ferme-auberge au maximum avec nos propres produits, donc nos légumes et les poulets. Et bientôt on aura nos deux premiers moutons pour pâturer les toits végétalisés. On est dans cette dynamique d’utiliser un minimum de machines si on peut éviter. »



Tout autour du fort s’étendent les 5 hectares cultivables. Des choux, des salades, de l’ail, des oignons, des betteraves, tomates, aubergines, concombres, pastèques… Énormément de coquelicots…



« On est content parce qu’on est en transition bio. Avant, c’était exploité en conventionnel – l’année dernière, il y avait du maïs – et en fait toutes les plantes qu’on voit là, ce sont des plantes de prairie. La prairie est revenue directement ! On a des milliards de polinisateurs et ça c’est vraiment super ! »
Des arbres fruitiers plantés en plein champs viendront compléter le dispositif d’agroforesterie l’année prochaine. Il manquera les fromages, les huiles et les farines pour être complètement autosuffisants.

« La priorité, c’est de faire travailler Valentin et Thibault en maraîchage. Ensuite Lucie comme cuisinière et moi qui donne un coup de main partout. Sinon je suis sophrologue et bientôt animatrice sportive. L’idée pour le fort, c’est de proposer aussi des activités sur le bien-être. »
Mille chantiers restent encore à mener à bien pour réaliser le projet tel qu’imaginé par les quatre amis à la vingtaine fringante : ici, la structure de la future serre financée grâce à la campagne de financement participatif. Là, la chaudière qui alimentera le chauffage au sol pour les futurs hébergements. Dans les traverses du fort, les logements à créer. À l’extérieur, la réfection des murs où les infiltrations font éclater la pierre…
Il faut de l’enthousiasme pour valoriser ces 4000 mètres carré de bâti. Pour l’heure, l’ouverture de la ferme-auberge le 2 juillet prochain occupe tous les esprits. Lucie, la cuisinière, a fait un stage au restaurant les voiliers. J’en prends le chemin.
Le fort fermier
Cet ancien fort militaire reprend vie grâce à 2 couples qui le transforment en ferme-auberge. Le projet mêle production de légumes bio sur 2,5 ha, préservation de la nature avec la plantation d’arbustes et d’arbres, fruitiers ou non, et valorisation de l’histoire avec l’ouverture du fort à la visite. Le week-end, la ferme-auberge cuisine les produits du fort et un hébergement insolite accueillera les visiteurs de passage.
Adresse : RN19, 52600 Montlandon
Tel : 03 25 88 90 80
Mel : lefortfermier@outlook.fr
Www : facebook.com/LeFortFermier

Les voiliers – le lac
Je retrouve l’itinéraire de la véloroute en arrivant au restaurant Les voiliers. Installé au bord du lac de la Liez, l’établissement domine le barrage que traverse la piste cyclable en direction de Langres. En terrasse, au soleil, je me laisse tenter par le menu classique :
Œuf mollet bio de Haute-Marne, navets blancs et émulsion au Langres
Filet de bœuf, mousse de pomme de terre au beurre fumé et jus à l’estragon
Diamant glacé café et éclats de chocolat
Le serveur me confirme d’un air complice :
« Une valeur sûre, il n’a pas changé depuis l’ouverture du restaurant »
On m’avait vivement recommandé de réserver, je suis surpris de ne trouver finalement qu’un restaurant à moitié plein. Je m’en ouvre au serveur qui profite de cette fin de service pour me dresser le tableau :
« Nous sommes obligés de limiter le nombre de couverts parce que nous n’arrivons pas à recruter du personnel prêt à travailler le soir ou le weekend pour un salaire qui n’est somme toute pas mirobolant. Ici tout est fait maison. On travaille avec les meilleurs produits. Les viandes sont parées en cuisine, le jus réduit une journée entière (c’était donc ça le secret de ce jus si savoureux…). Le prix du menu se retrouve d’abord dans l’assiette. »
Je n’en doute pas une seconde. Tout était délicieux et parfaitement éxécuté, confirmant les critiques élogieuses que j’avais pu lire en ligne.
Les voiliers
Au bord du lac de la Liez, ce restaurant propose une cuisine raffinée réalisée avec des produits frais choisis chez des petits producteurs. Les menus Classic’ et Pour Voyager proposent des plats de saison, le menu de la semaine varie au gré des envies de la cheffe : crème de lentilles corail, chèvre et ail confit, poisson du jour, mousse de chou-fleur et pesto basilic, moelleux citron et crémeux pamplemousse. Fermé les lundis et mardis.
Adresse : 1 rue des voiliers, 52200 Lac de la Liez – Peigney
Tel : 03 25 87 05 74
Mel : accueil@lesvoiliers.fr
Www : lesvoiliers.fr





Langres – le plateau
Les bords du lac invitent à la promenade digestive et les pêcheurs à la discussion. Un peu plus loin, la base nautique propose pédalos, planches à voile et autres paddles. Je me lancerais bien sur le tour du lac à pied si je n’avais pas dans le coffre un vélo à faire réparer. Les remparts de Langres ne sont plus qu’à quelques encâblures.
Diderot cycles m’a été recommandé par Jean-Marie de l’arbre à cabane. C’est son préparateur VTT et je suis chargé de le réapprovisionner en prospectus. J’espère que cette mission me vaudra ses bonnes grâces et que mon vélo sera réparé séance tenante. Je lui explique mon problème avec inquiétude.
« Ah mais c’est le maillon-rapide qui a sauté ! »
Deux minutes et 10€ plus tard, ma chaîne est réparée et mon vélo prêt à reprendre la route. La Meuse à vélo en voiture, c’est fini. Je sais où je ferais réviser mon vélo si je devais prendre la route dans l’autre sens…
Préparer son vélo
Au départ de Langres, vous pourrez faire réviser ou louer votre vélo dans cette boutique spécialisée pour éviter les mêmes déboires que les miens… Accueil sympathique, service professionnel. Fermé les lundis et mardis.
Horaires : du mardi au samedi 9h-12h et 14h-19h
Adresse : 8 rue de l’avenir, 8 rue de l’avenir, Saint-Geosmes
Tel : 03 25 87 06 98
Mel : accueil@lesvoiliers.fr
Www : laboutiqueducycle.fr




