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Les premières heures d’un tour du monde à vélo

Inde

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    Tour du monde à vélo - les premières heures en Inde

Les premières heures d’un tour du monde à vélo

Inde

9 avril 2015

3 Commentaires

Commencer un tour du monde à vélo par l’Inde ? le pari était risqué, on nous avait prévenus… Entre triomphe et déroute, mise en place des premières techniques d’auto-défense en terrain hostile.

Suresh ne nous quitte pas des yeux. Depuis bientôt deux heures, il nous garde, nous et son troupeau de buffles. Les bêtes cisaillent l’herbe d’un coup de tête métronomique, le son d’un tracteur nous parvient en vagues diffuses, notre gardien de troupeau chantonne imperceptiblement… Difficile d’imaginer qu’il y a encore quelques heures, nous baignions dans le chaos de New Dehli

Tour du monde à vélo, les premières heures - Le calme des buffles dans la campagne

Premières heures en Inde

Après avoir fait forte impression sur le personnel de l’aéroport de New Dehli, nous enfourchons nos vélos pour parcourir les 20 premiers kilomètres de notre périple indien.

Sur les trottoirs, la foule souriante qui salue notre passage n’a d’yeux que pour nous. Sur la route, les premiers scooters roulent à notre allure pour mieux admirer nos montures étincelantes : les chromes rutilants sous les premiers rayons du soleil, les cadres rouges et blancs griffés d’un Venetto sport, les sacoches vertes, lisses, encore vierges de toute égratignure… Même les chauffeurs de bus délaissent quelques instants la route et sortent la tête de leur cockpit pour contempler de plus près ces petites merveilles.

Nous pénétrons dans New Dehli sous une escorte digne d’un Président en voyage officiel. Pour peu, on se prendrait pour le Général de Gaulle rentrant dans Paris libéré. L’apothéose avant même d’avoir livré bataille !

Tour du monde à vélo, les premières heures - Cherchez la vache

Hello my friend ! Which country ?

Cette sensation de chaleur et d’accueil laisse vite place à un ras le bol général. New Dehli, c’est une mégalopole de 14 millions d’habitants, avec ce qu’elle comporte de pauvreté, de crasse, de danger. C’est aussi le point d’arrivée de nombreux touristes qui viennent visiter l’Inde.

Pour nous, petits scarabées ignorants tout frais moulus de leur Europe pasteurisée, c’est la première étape de notre tour du monde et le premier contact avec le pays. Le choc est rude ! Partout, les yeux sont braqués sur nous. Ici, le touriste est un portefeuille bien garni. Facteur aggravant, notre teint pâle indique que nous venons d’arriver. Des proies idéales, voilà ce que nous sommes. À chaque croisement de regard, la même logorrhée :

« Hello my friend ! Which country ? Rickshaw ? Which hotel ? One roupie ! Eh my friend, come here ! Fresh water, my friend ! Visit the country ? Namaste ! »

Qu’une discussion s’engage, toutes les questions aboutissent invariablement aux mêmes enchaînements prévisibles. Quel hôtel? Non celui qu’on a choisi n’est pas bien, on va vous en montrer un mieux. Ce marché? On trouve moins cher là-bas, venez on vous y accompagne. Oh, vous êtes français, formidable… Et ça vous intéresse d’aller visiter les temples demain ?

Tour du monde à vélo, les premières heures - Cherchez la vache

Guerrilla économique sauce curry

Toute prise de contact dérive invariablement vers le même but : nous faire cracher le maximum. Dans ce contexte, un impératif : savoir dire non et le faire comprendre ! Notre enthousiasme débordant des premières heures laisse vite place à une hostilité sans limite. Désormais, nous voyons le mal partout. Chaque autochtone est, à tort ou à raison, un arnaqueur potentiel. Armés de toute notre méchanceté, nous apprenons à refouler l’ennemi de manière efficace.

C’est la guerre, mon général, une guerre économique revue à la sauce indienne, donc plutôt épicée ! Tous ces Indiens planqués en embuscade derrière leur sourire accueillant, ils veulent la peau de notre portefeuille ! Être sur le qui-vive en permanence, c’est usant, pour le moral comme pour les nerfs. L’ennemi est partout, et nous fuyons avant que la jungle urbaine ait eu raison de nous.

Tour du monde à vélo, les premières heures - Echopes

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3 commentaires

  1. Jude 21 février 2018 at 4 h 44 min - Reply

    Il est préférable de voyager à vélo en Inde. C’est plus facile pour se déplacer dans cette grande foule du marché. Il faut faire bien attention, car les commerçants n’ont d’yeux que pour notre portefeuille.

  2. Guillaume 8 novembre 2018 at 6 h 45 min - Reply

    Salut Mat ! Merci pour ton blog, ton article. Merci vraiment, je suis actuellement en Inde depuis 10jours. J’ai fais comme toi de l’aéroport à l’auberge dans un premier temps puis je reste une semaine à Delhi avant de prendre mon velo pour agra. Je suis actuellement à Agra et je me sens vraiment mal, je vois ne mal partout je ne me sens pas en sécurité, tout le monde veut m’arnaquer. Enfin bref j’espere ne pas avoir chopper le syndrôme !
    Si tu as un contact par mail ou je pourrais discuter avec toi ca serait sympa merci bcp !
    Guillaume

    • Mat 8 novembre 2018 at 14 h 45 min - Reply

      Salut Guillaume ! Ah l’Inde, c’est un sacré morceau… Il faut apprendre vite à faire le tri. Et savoir aussi faire comprendre ce que l’on veut, savoir négocier, savoir se faire respecter, savoir aussi s’adapter à une manière de vivre radicalement différente de la notre. Savoir ce qu’on accepte et ce qu’on n’accepte pas.
      Personnellement, c’est à partir de Bénarès que j’ai commencé à me détendre, même si, honnêtement, je garde globalement un mauvais souvenir de l’Inde. En tout cas, sache qu’il faut un temps d’adaptation. J’ai le souvenir de cet Israëlien désespéré de devoir quitter le pays. Il avait détesté l’Inde les premières semaines, et puis finalement, cela faisait presque un an qu’il y voyageait et il ne pouvait plus se passer de ce mode de vie où tout est possible. Beaucoup de gens que j’ai rencontrés sur la fin de mon voyage en Inde m’ont dit que j’aurais dû aller au sud, du côté de l’Inde hindouiste où, paraît-il, les gens sont moins agressifs. Je n’ai pas pu mettre à execution ce conseil, j’étais en route pour la Thaïlande. Mais peut-être une piste à creuser ?
      J’aurais aussi adoré aller du côté nord, au dessus du Bangladesh, à la limite avec la Chine, le Bhoutan, la Birmanie… Ça a l’air beau là-bas !

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