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Slow travel vs microaventure : le match

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    Slow travel vs microaventure : le match

Slow travel vs microaventure : le match

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27 octobre 2020

1 Commentaire

À quoi ressemblera le tourisme de demain ? Alors que les forums se multiplient pour en redéfinir les contours, deux-mots clé reviennent en boucle : slow travel et microaventure. Ils portent en eux les tendances du moment : plus sûr, plus local, plus durable. Englobent-ils pour autant les mêmes réalités ? En tant que slow-trotter revendiqué et microaventurier multirécidiviste, j’ai voulu faire la part des choses.

Connaissez vous la Mad Jacques, une course en stop un peu déjantée qui incite les participants à repousser leur zone de confort et à provoquer des rencontres ? J’y étais l’année dernière pour témoigner qu’il y a d’autres manières de voyager sans partir au bout du monde.

Cette année, c’est au festival de la microaventure organisé par Chilowé fin septembre que je suis allé dire pourquoi la France est un terrain de jeu idéal.

La microaventure, vous n’avez pas pu passer au travers. En l’espace d’un an et plus encore depuis la fin du confinement, le terme est devenu le mot-clé à la mode, repris par des médias trop heureux de trouver de quoi se mettre sous la dent.

Avec des horizons limités aux frontières hexagonales, des budgets restreints et une promiscuité qui fait peur, le monde du voyage se prépare à une période compliquée. Proche de la maison, bon marché et facile à organiser, la microaventure est arrivée à point nommé.

Week-ends pêche au lac de Vassivière, rando-bivouac en forêt de Fontainebleau, escapades vélos de deux jours dans le Cantal… Par certains aspects, le « slow trotter » que je suis  retrouve dans ces microaventures une partie de la grammaire du slow travel que je pratique.

La microaventure serait-elle donc soluble dans le slow travel ? À bien y regarder, au delà des valeurs communes, chacune illustre une conception différente du voyage. Avec un même objectif : se reconnecter à soi et à la nature.

Slow travel vs slow travel : l'avenir du tourisme ?

Microaventure vs slow travel : des valeurs communes

Qu’on parle de microaventure ou de slow travel, les discours se recoupent sur des valeurs communes. D’un côté comme de l’autre, on prône le retour à la nature, on propose de voyager local, dans une démarche durable.

Le mot d’ordre de Chilowe, c’est de mettre tout le monde dehors. Dans leurs guides, sur leur site et au sein de groupes Facebook segmentés par villes, la petite équipe met en relation des urbains en manque de nature avec une soixantaine de guides, accompagnateurs en montagne et autres pêcheurs à la mouche…

Dans le même esprit, la plateforme Helloways propose des itinéraires de randonnée en France géolocalisés, regroupés par villes, pour souffler à des citadins au bord du burnout l’idée de randonnée qu’ils n’avaient pas eue le temps d‘avoir. « Des sorties à la demi-journée, à la journée ou pour un week-end évasion à moindre coût, écologique et sans stress » revendique la marque.

Un discours parfaitement en phase avec les aspirations de populations confinées et privées de séjours à l’étranger. À elles l’aventure, les grands espaces, le contact avec Pachamama à deux heures de chez eux.

Sauf que…

Comme le disait si joliment Ivan Charabara, l’inventeur des cabinets de poésie générale :

« Les hommes et les femmes,
Filent à l’allure
Imposées par les horloges
Qui les déposent en grappes
Sur les lèvres dévoreuses
Des mégapôles »

Là réside la différence : le citadin est un homme pressé.

Slow travel vs microaventure : le match

Slow travel vs microaventure : deux rythmes différents du voyage

Pressé par le temps, le rat des villes ne dispose que de « 2 jours pour vivre ». L’expression est d’Amélie Deloffre, une autre promoteuse de la microaventure dont le livre et les newsletters en papier propose de l’inspiration low-tech pour passer ses week-end loin de son ordi et se reconnecter à soi.

Deux jours… Il ne va pas falloir traîner !

La microaventure optimise les semaines, rentabilise le temps libre. Le microaventurier va faire du stop, gravir un sommet en deux jours, faire le tour d’un lac à vélo, descendre une rivière en canoë. Et retour à la maison dimanche soir pour attaquer la semaine au taquet. Derrière la microaventure, il y a l’idée de l’effort physique, de la (petite) performance, du dépassement de soi au-delà de sa zone de confort.

Slow travel vs microaventure : le match
Slow travel vs microaventure : le match

Au contraire, le slow travel met l’accent sur un temps qu’on étire. Alors que la microaventure insiste sur la taille (petite), le slow travel mise sur l’allure (lente).

Si le slow traveler se déconnecte de son portable, c’est pour mieux se connecter à l’instant présent, s’immerger dans un quotidien qu’il ne connaît pas. Halte aux plans, aux objectifs à atteindre, aux défis à relever. Ce qui compte, c’est de lâcher prise, être disponible à l’imprévu, se laisser surprendre. De la destination, il ne s’agit pas de tout voir mais de voir mieux, de manière peut-être moins exhaustive mais plus en profondeur.

À lire aussi : Ça change quoi de voyager lentement ?

Slow travel vs microaventure : le match

Microaventure vs slow travel : Déconnecter pour se reconnecter ?

C’est l’expérience que propose l’agence Out of reach : « Vous aider à débrancher de notre monde effréné, digitalisé, pour vous faire vivre une expérience plus lente et plus intense, et vous (re)donner le goût du vrai … »

On rend son smartphone le temps du séjour (au choix, un fort breton, une bergerie dans l’Aveyron, un cocon dans le Morvan) et on le récupère à la fin. “Déconnecter” devient « un élément incontournable des vacances : en pleine nature, loin de son quotidien et des écrans, loin de la foule et hors des sentiers battus. »

À l’heure où le tourisme cherche à se réinventer et le voyageur à retrouver du sens, slow travel et microaventure sont les deux faces d’un même visage, celui d’un touriste qui cherche à se reconnecter à la nature et à soi.

On peut se réjouir que ces échappées nature – aussi courtes soient-elles – servent de marche-pied vers un peu plus de respect pour l’environnement. Mais le slow trotter au long cours que je suis se dit qu’il faudra plus qu’un week-end pour ralentir durablement le rythme et renouer avec son moi profond.

Ralentir prend du temps.

À lire aussi : Voyager encore ? Le monde délivré du tourisme

Par ici pour découvrir mon slow travel de 18 mois à la rencontre de la France des campagnes !

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1 commentaire

  1. Jöhr Christian 30 octobre 2020 at 9 h 50 min - Reply

    Merci pour ces réflexions et ton regard.
    Bonne route.
    Christian

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