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Salina, randonnée sur l’île végétale

Sicile

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    Salina - île éolienne -

Salina, randonnée sur l’île végétale

Sicile

31 janvier 2019

2 Commentaires

Si les îles éoliennes étaient une hélice, l’île de Salina en serait le pivot. Son volcan, la Fossa delle felci est le point culminant de l’archipel. Le sommet offre des points de vue sublimes sur les autres îles, tandis que le cratère de cette « fosse aux fougères » abrite une flore déclarée réserve naturelle. La randonnée s’imposait…

Sur le ponton de Santa Maria de Salina, tout comme sur l’île de Stromboli, un comité accueille les derniers touristes – et potentiels locataires – de la saison. Je décroche un appartement familial pour vingt euros. Nous remontons les pentes de la ville plongée dans la pénombre jusqu’à la petite résidence où des loggias s’alignent bien rangées. Ciment au cordeau, carrelage blanc, néon… C’est propre comme dans une clinique. Je ne serai pas réveillé par les voisins. Il n’y a que moi.

Salina - îles éoliennes - pêche dans la mer tyrrhénienne

Salina, l’île végétale

L’île de Salina est un double volcan : le Fossa delle Felci, 962 mètres, séparé de son jumeau le Monte dei Porri par une vallée où l’on cultive la vigne. Car à la différence des autres îles éoliennes rocailleuses et arides, Salina arbore une végétation abondante jusqu’à l’intérieur de ses cratères endormis.

Fantasmant sur le spectacle d’un tel écosystème, je m’élance en fin de matinée en direction de ce parc naturel régional des deux monts que je suis venu découvrir.

Salina - île éolienne - Santa maria de Salina
Salina - île éolienne - Monte fossa delle felci

Randonnée au Monte Fossa delle Felci

La via Rinascente longe les courbes de niveau jusqu’au croisement de la strada provinciale 182 qui remonte sur la gauche face à la pente et tire tout droit, le long d’un repli de la montagne, en direction du sommet.

Salina - île éolienne - les cactus au pied du volcan

À travers des couloirs de buissons odorants, bordés de cactus et de massifs accrochés à la pente, le sentier escalade le flanc du volcan. À mon passage, des lézards innombrables filent en un éclair. Les escaliers sont interminables et les volées de marches mettent mes cuisses à rude épreuve.

« Durant les fortes chaleurs de l’été, cette randonnée doit être un cauchemar »

me dis-je en empoignant mon appareil photo. Alibi légitime pour multiplier les arrêts. Dans la lumière fraîche de ce début novembre, Salina est belle.

Dans le cratère du volcan

Les senteurs d’eucalyptus, d’humus, de mousse et de myrte qui m’accueillent au sommet récompensent les efforts de l’ascension… Je m’arrête pour respirer à plein poumons, écouter le vent qui gémit doucement entre les arbres.

Sur les lèvres du cratère, un pourtour de roches et de fougères orangées marque la limite.

« La fosse aux fougères… Il porte bien son nom ! »

Je pénètre dans le sanctuaire. L’air est plus humide, la végétation plus dense. Un tapis de feuilles et de gogues étouffe mes pas. Quelques piaillements d’oiseaux accompagnent le silence. Là où le soleil perce, les couleurs de l’automne sont une pure merveille. Des arbouses rouges flashies jonchent le sol comme les cailloux d’un petit poucet. Je les ramasse et les avalent consciencieusement.

En suivant le sentier vers l’ouest, le paysage s’ouvre sur la silhouette du Monte dei Porri. Plus distante, l’île de Filicudi blanchit derrière les embruns. Depuis Stromboli, les mêmes questions me poursuivent. Pourquoi vient-on s’installer dans les îles éoliennes ? Qui vit à Filicudi ? Est-ce qu’on ne souffre pas de l’isolement ? Et de la solitude ? Comment se passe l’hiver là-bas ? L’inconnu soulève toujours une foule de question…

J’ai un peu trop traîné du haut de mon sommet. Alors que le soleil décline, je prends le chemin du retour. Je finirai de nuit, dévalant la pente en toute hâte, le cuir de mes chaussures crissant dans l’obscurité. Les lumières de la ville marqueront l’heure du repas.

Salina - île éolienne - Le Monte Porri et l'île de Filicudi vue depuis le Monte Rivi

Santa Maria de Salina

La cuisine éolienne est à l’image de ses îles : Fraîche, ensoleillée, aromatique. Produit local par excellence, la câpre de Salina, bouton de fleur plongée dans la saumure, relève les sauces et réveille les saveurs. Les herbes, absinthe, laurier, fenouil sauvage, agrémentent les poissons et les civets de lièvres.

En quête d’une table où déguster quelque chose de typiquement éolien, l’ardoise griffonnée du restaurant NNI Lausta, avec son plat unique, son vin du jour et sa double porte vitrée ouverte aux quatre vents, m’interpelle. Le chef me débrouille un plat de pâtes savoureux,  vide une bouteille de vin gouleyant. On est bien.

Dans les rues étroites de Santa Maria, les façades pastel des maisons éoliennes éclatent au soleil, réhaussées d’arrêtes jaunes, d’encadrements oranges, de fenêtres bleues et de balcons en fer forgé. Des fleurs en pots et des plantes grasses agrémentent des terrasses ombragées. Cactus, palmiers, roseaux, bougainvillées débordent des murs… On devine les jardins.

Une balade en scooter

Le bruit de moteur des piaggios à trois roues-cabine-plateforme rebondit entre les murs, sur les pentes de la ville. Pour se déplacer sur les routes sinueuses de l’île, parmi les senteurs d’orangers, de figuiers et d’absinthe, rien de tel qu’un scooter.

Deux mille personnes vivent à l’année sur l’île de Salina, hiver compris, répartis sur les trois communes de Santa Maria, Malfa et Leni. Les autres quittent la douceur de l’île et partent voyager. Je décide de faire un tour, visiter les vignes de Valdichiesa, la plage de Pollara…

Salina - île éolienne - les petites rues de Santa Maria de Salina

Au soleil, il fait doux mais je me fais surprendre par la fraîcheur, quand l’ombre des volcans s’étend sur la côte.

Ici, les horaires, les règles et les lois sont données à titre indicatif et chacun s’en accommode selon son gré. Chacun sauf le soleil qui disparaît derrière Filicudi. Le fracas des vagues qui se brisent sur la digue me rappelle que mon départ pour la prochaine des îles éoliennes, Lipari, sera soumis au bon vouloir de la mer. Finalement, ce sont les dieux qui gouvernent ici.

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2 commentaires

  1. WanderLola 1 février 2019 at 12 h 42 min - Reply

    C’est magnifique, Salina me donne plus envie d’aller en Sicile que le fameux Etna!

    • Mat 2 février 2019 at 13 h 28 min - Reply

      Merci Lola 🙂 Oui Salina est vraiment un très bel endroit ! Moi je n’ai pas pu voir l’Etna à cause de la purée de poix qui régnait au sommet mais je pense que ça doit être quelque chose, surtout en période d’éruption !!!

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