À bord du train le plus long du monde

Mauritanie

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À bord du train le plus long du monde

Mauritanie

7 janvier 2018

2 Commentaires

Le train le plus long du monde n’est pas un train de voyageurs. Il achemine des marchandises un peu particulières du coeur du désert mauritanien jusqu’à l’Océan Atlantique. Mais pour les voyageurs que nous sommes, c’est le seul moyen de traverser le Sahara pour poursuivre notre route en direction du sud.

En Mauritanie, tous les produits de la mer abondent. Dans un pays recouvert à quatre-vingts pour cent de désert, où les pierres font défaut, les coquillages sont partout : sur la plage, sur la route, dans le goudron, le ciment, les parpaings… La silice constitue l’une des ressources principales du pays.

Avec le minerai de fer.

À bord du train le plus long du monde - Carnet de voyage en Mauritanie
À bord du train le plus long du monde - Carnet de voyage en Mauritanie
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Les convois de minerai de fer

Extrait à Zouerat, au coeur du désert, le métal est acheminé sur huit-cents kilomètres jusqu’à Nouadhibou où il est transformé puis embarqué sur des cargos en partance pour les quatre coins du monde. C’est dans la benne à minerai d’un de ces trains les plus longs du monde que nous prenons la route du désert, moi, Lou et Alex qui descend vers le Sénégal à vélo, comme nous.

La salle d’attente ayant été transformée en marché local, nous attendons comme la poignée de passagers au bord de la voie ferrée. Pas vraiment d’horaires, juste l’information obtenue par bouche-à-oreille selon laquelle il faut être là avant midi. Au terme d’une attente à durée indéterminée, trois locomotives suivies de plusieurs centaines de wagons rouillés finissent par arriver avec la ponctualité et l’empressement légendaire des pays africains. Chargement des marchandises et des hommes. À notre bonne surprise, nos têtes dépassent juste ce qu’il faut de la benne pour admirer le paysage.

À bord du train le plus long du monde - Carnet de voyage en Mauritanie
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Cheveux au vent à travers le désert

Le départ commence à se faire sérieusement désirer, lorsqu’un vacarme nous parvient de l’avant du train et se rapproche à grande vitesse, de plus en plus assourdissant. Nous nous regardons interdits, questionnant l’autre des yeux, lorsqu’un choc d’une violence inouïe ébranle le wagon et ses occupants. Le paysage commence à défiler. Pour remuer les milliers de tonne de métal de son convoi, le chauffeur n’a guère d’autre solution que de démarrer à pleine puissance.

Nous voilà donc partis, cheveux au vent, exaltés par ce sentiment de liberté que procure les voyages réalisés dans des conditions de confort réduites au strict mimimum. Mais l’enthousiasme laisse peu à peu place au doute au fur et à mesure que le train atteint sa vitesse de croisière. L’avant du train se perd dans un nuage de poussière et de sable que les wagons soulèvent et que le vent balaye. Même enturbannés dans nos chèches et protégés derrière nos lunettes, les grains s’immiscent par les oreilles, le nez, la bouche… Ça croustille sous la dent.

À bord du train le plus long du monde - Carnet de voyage en Mauritanie
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Une banquette pour quatorze

Quant aux rails mal ajustés, ils transforment notre benne-habitacle en shaker géant. Nos articulations et notre capacité à encaisser les coups sont mis à rude épreuve. Nous cherchons refuge dans un sommeil que nous ne trouvons que partiellement, mais dont un de nos compagnons d’infortune a tôt fait de tirer parti. À son réveil, Alex retrouve la moitié de ses affaires dans le sac du voisin !

Au terme de dix heures dans ces conditions précaires, nous atteignons Choum, mauvaise ville perdue au beau milieu de rien. Cent vingt kilomètres nous séparent encore d’Atar, notre objectif. Ils se feront en voiture, entassés à quatorze à l’arrière d’un 4×4 pour une nouvelle séance de tape-cul en règle, sur une piste défoncée à travers le désert.

Trois heures plus tard, nous arrivons pour le petit déjeuner chez Abdelahim. Le jeune Mauritanien rencontré durant le trajet nous a offert l’hospitalité avant même de connaître nos prénoms – ce qui vaudra à Lou celui de « Capitaine »-. Épuisés par le voyage, écrasés par la chaleur, nous voilà aux portes du désert.

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9 + = onze

  1. Alain

    12 janvier 2018 à 14 h 08 min - Répondre

    Tres beau reportage..j aurais aime plus de photo
    Comment avez vous recupere vos affaires dans le sac du voisin?

    • Mat

      12 janvier 2018 à 19 h 48 min - Répondre

      Merci Alain 🙂 Pour plus de photos, je vous conseille de vous abonner. Les prochains articles devraient vous plaire 😉
      Comment avons-nous récupéré les affaires ? En fait, nous étions dans un benne à minerai, nous, nos vélos et une famille mauritanienne, le père et ses deux enfants. Quand Alex s’est aperçu qu’il lui manquait des affaires dans son sac, le nombre des suspects était limité… Il a attendu que la famille s’assoupisse pour soulever le haut du bagage du garçon d’où dépassaient quelques affaires.
      Alex reprend ses affaires, la famille se réveille, conciliabule, explications. Le garçon se prend la baffe du siècle (peut-être même du millénaire, une baffe de cinéma), le père se répand en excuses aussi bruyantes qu’incompréhensibles tout en traitant son fils de tous les noms (on a juste compris « achouma », « la honte », l’insulte suprême paraît-il) assortissants les paroles de coups de poings de désespoir. Une scène de film !