Le vrai défi d’un tour du monde, c’est le retour

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Le vrai défi d’un tour du monde, c’est le retour

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16 avril 2014

28 Commentaires

Le moment le plus difficile d’un tour du monde, c’est le retour. Peut-on revenir sans se faire avaler par la trivialité d’une vie bien réglée ? Comment être à la hauteur des petits riens que le voyage vous apprend et qui changent la vie ? Sacré challenge…

Après dix-huit mois de voyage autour du monde, l’idée me terrifiait de me retrouver télétransporté d’un coup de baguette magique à Roissy-Charles-de-Gaulle. Mon sas de décompression ? L’océan atlantique, l’isolement d’une cabine passager et l’allure lente d’un porte-container.

Sur le pont arrière du Grande Atlantico, je contemple le panache d’écume que laisse dans son sillage ce pachiderme des mers. Hypnotisé, mon esprit vagabonde de souvenirs en souvenirs. Il suffit d’un détail pour lancer la loterie de ma mémoire. Mentalement, je fais tourner une roue dont chaque case est une petite tranche de vie. Dans ce diaporama, je zappe ou savoure chaque image à ma guise, chaque détail en appelant mille autres qui se bousculent. Je joue au « je me souviens… »

Tour du monde - le défi du retour - L'horizon du salar d'Uyuni

Du tour du monde, je me souviens…

Je me souviens du goût suave et sucré des cigares de Piñar del rio ; des bruits de la forêt emplissant notre case à Mako, après l’orage ; du ciel orange psychédélique en haut du volcan Tourialba ; du lac de nuages et des cascade de vapeur dévalant les pentes des monts Elbourz ; des plaques de sel qui chuchotaient sous nos pneus dans le salar d’Uyuni ; du silence du Sahara.

Tous ces endroits qu’il nous a fallu mériter ; toutes ces récompense, toujours à la hauteur de l’effort.

Je me souviens de ces riens qui pour nous étaient tout : une soupe et un petit paquet de gâteau avalés goulûment après une journée de vélo sur l’altiplano bolivien ; quelques gorgées d’eau tiède bienfaisantes bues dans l’outre en peau de chèvre sous la chaleur du désert mauritanien ; mes muscles apaisés, allongé sous la tente au terme de la première journée d’ascension sur les pentes népalaises ; une douche après sept jours de vélo lors de notre traversée de la Chine par la Mongolie intérieure.

Tour du monde - le défi du retour - L'ascension des Monts Elbourz
Tour du monde - le défi du retour - L'ascension des Monts Elbourz
Tour du monde à vélo - Le défi du retour - à vélo dans le salar

Les bonheurs simples du voyage

Tous ces petits bonheurs m’ont révélé la valeur des choses les plus simples mais les plus essentielles.

Par dessus tout, je me souviens de l’hospitalité sincère et spontanée croisée si souvent sur notre route ; d’Abdelahim qui  nous avait déjà invités sous son toit avant même de connaître nos prénoms ; d’un lit installé au milieu de la cour, à la belle étoile, au milieu des vaches de l’Utar Pradesh ; du matelas de cageots de pommes de terres spécialement concocté par nos hôtes péruviens ; de ces voitures qui s’arrêtaient pour nous offrir parts de pastèques, bonbons et thés à la menthe sous le soleil d’Iran.

Difficile d’oublier l’humanité de tous ces gens que nous avons rencontrés et les yeux plein de malice des petits vieux assis sur leur banc, sereins, l’air en paix avec eux même.

Tour du monde à vélo - Le défi du retour - Caraïbes
Tour du monde - Le défi du retour - Parti de dominos dans les rues de Santiago de Cuba
Tour du monde à vélo - Le défi du retour - Les anciens de Chefchaouen

Être à la hauteur de ce que le voyage enseigne

C’est ça, être de retour d’un tour du monde. Tourner une page et revenir chez soi comme dans un nouveau monde.

Ailleurs, tout semblait possible. En revenant, j’ai l’impression d’être de retour dans un monde figé où l’enthousiasme se heurte au poids des statuts, des habitudes et des normes de sécurité ; un monde arrogant qui se place du haut de son hégémonie matérielle, politique, culturelle en donneur de leçon ; qui regarde l’étranger de travers ; qui ne se connaît plus lui même que par procuration, à travers le prisme déformant de médias qui font peur ; qui sombre lentement dans la psychose et se claquemure derrière des digicodes, des doubles grilles et des interphones. Un monde riche, obnubilé par l’argent, dont le trésor est planqué dans un coffre et qui vit dans la peur qu’on vienne lui voler.

Je croyais avoir accompli le plus dur. Je me suis trompé.  Le retour de tour du monde, c‘est ça le vrai défi ! J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ces petits riens que le voyage m’a appris et qui changent la vie. Dans quelques heures, le bateau arrive au port d’Amsterdam. J’angoisse comme si j’arrivais en terre inconnue.

Tour du monde à vélo - Le défi du retour - Zicos aveugles à La Paz

Reprendre pied avec la réalité

Et me voilà sur la terre ferme, perplexe et déphasé. Tout est riche, propre, organisé… Après les villages de brousse et les pistes africaines, le contraste est sidérant. Ici, il y a du goudron partout, jusque sur les pistes cyclables ! Une forêt de feux rouges règle la circulation. Même les vélos disposent de leurs propres petits feux de signalisation. Si je racontais ça dans le Fouta Djalou, ils partiraient d’un grand éclat de rire, c’est sûr.

Et pourtant ! Quel bonheur, ces routes plates qui permettent de transporter une bouteille de vin sans la réduire en miette ! Je redécouvre toutes les saveurs que j’avais oubliées. Radis, laitues, rillettes, jambon persillé, andouille de guémené, brie de melun, crotins de chavignol, fourme d’Ambert, pitivier, religieuse au café, clafoutis aux pruneaux… Je ne me lasse pas d’écrire ces noms qui chantent à mon palais. Chaque pique-nique est un festin. Ma traversée de la France est une renaissance. Gustative, au moins…

Et puis voilà, il fallait bien que j’arrive. Après 23000 kilomètres à vélo et 18 mois sur la route, c’est la fin du voyage. Sans effusions, sans clap de fin, je suis de retour chez moi et rien ne semble avoir changé. Je range le vélo dans le cabanon, défais mes sacs, jette mes haillons, enfourne la tente dans le placard.

Le tour du monde est fini. Je suis de retour. Place à la vie ordinaire.

Tour du monde à vélo - Le défi du retour - Le ponton

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  1. haidaloup @amatu-artea

    16 avril 2014 à 10 h 01 min - Répondre

    Je suis bien d’accord, le retour est le plus difficile et le voyage n’est que plaisir et bonheur : bonheur de prendre son temps, bonheur de ces rencontres fugitives ou plus longues qui réchauffent le coeur, bonheur de voir ce qu’un simple sourire peu provoquer… Même après un mois de voyage deux fois par an, sans avoir envie d’un tour du monde, le retour, même s’il a la saveur des retrouvailles, est toujours le plus difficile : ces inconnus qui vous regardent avec curiosité et détournent le regard dès que vous le croisez, cette absence de sourire, ces préjugés (elle est bizarre elle, de voyager comme ça toute seule, non ?), l’envie couplée à la jalousie, tout ce flot incessant de questions et de demandes des vagues connaissances (« tu DOIS nous préparer un diaporama en nous racontant ton voyage » / « tu sais que j’ai un blog où je raconte tout ? »). Ma façon de voyager révolutionne ma vie de tous les jours, généralement positivement, mais malheureusement pas que, parce que justement il n’y a pas de petite case où ranger quelqu’un comme moi dans ce monde figé et conformiste que tu décris si bien…

    • Mat

      17 avril 2014 à 14 h 03 min - Répondre

      Et oui, c’est vrai qu’il n’est pas toujours facile d’assumer l’image du voyageur un peu en rupture !
      Il y a une petite phrase de René Char que j’aime bien : « Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront ».
      Il faut rester attentif à sa petite voix intérieure ! Merci d’être passé par là miss 🙂

  2. Laurent

    16 avril 2014 à 21 h 35 min - Répondre

    Pour ma part, j’avais peur que le retour soit difficile, mais il ne le fut pas vraiment. Peur que tout semble fade. Ce qui était dans mon assiette l’a été pendant quelques semaines, avant de me réhabituer à manger des plats peu ou pas épicés. Mais en fait, ce qui m’a le plus « choqué » au retour, c’est de trouver des SDF dans les rues de Paris. Évidemment, je les avais vus avant de partir, mais au retour, ça me semblait encore plus criant que décidément, quelque chose ne tournait pas rond sous nos latitudes. Des SDF, on ne l’accepte nul par, mais il est des pays où on peut le comprendre. Mais en occident, non, on ne peut pas, on ne devrait pas pouvoir. Et pourtant, le temps passe et on s’y habitue à nouveau 🙁 On oublie nos révolte d’un instant pour se fondre à nouveau dans notre société.

    • Mat

      17 avril 2014 à 11 h 46 min - Répondre

      Je crois qu’on n’oublie pas ce qu’on a vu. On vit avec. Toi en Inde, tu as du côtoyer la misère la plus noire, non ?
      Moi non plus nulle part je ne comprends la misère. Pas plus ailleurs que chez moi. Mais ce qui me touche, chez les SDF de nos latitudes, c’est leur déchéance. Il m’a semblé qu’ailleurs, les gens pauvres gardaient la tête haute. Chez nous, au contraire, ils sont plus bas que terre.
      C’est ce que dit Saint-Exupéry dans les dernières pages de terre des hommes (un de mes livres culte) : « Des générations d’Orientaux vivent dans la crasse et s’y plaisent. Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné. Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme. »

      • Tugdual@visa_pour

        3 juillet 2014 à 4 h 25 min - Répondre

        Cet article est extrêmement bien écrit !

        Tu le dis ci bien, il suffit juste de le lire différemment : le défis d’un tour, c’est le re-tour. J’adore rentrer chez moi, et le retour est toujours agréable car je me mets au défi après quelques semaines, mois ou années, de repartir pour un nouveau tour 🙂 En sachant que je vais repartir, le retour à la réalité du précédent tour best beaucoup plus simple. Ca fait beaucoup de fois le mot tour pour 3 phrases, je suis d’accord.

        • Mat

          3 juillet 2014 à 13 h 05 min - Répondre

          Hello Tugdual ! Cette fois on se retrouve chez moi 🙂
          Merci pour ton commentaire. Oui pour moi aussi, le retour a été un vrai bonheur. Retrouver les bons petits plats français et pouvoir m’exprimer avec finesse, pouvoir faire des blagues en étant sûr d’être compris, ça n’a pas de prix.
          En revanche, j’ai plutôt raté mon redécollage. J’espérais faire quelques sous avec tout ce que j’avais récolté de textes, de musique et de sons durant mon voyage. Ca n’a pas marché. J’ai mis 4 longues et dures années avant de repartir, et encore, sans retrouver la même liberté d’action. Je cherche encore le moyen de gagner ma vie en voyageant. Pour moi, le défi, ce n’est pas les voyages, mais la sédentarité.
          Tu serais pas un peu lacanien, avec tes jeux de mots ? 😉

          • Tugdual@visa_pour

            4 juillet 2014 à 5 h 36 min

            J’ai pourtant longtemps cherché, mais je suis une vraie bille en français et je ne suis pas capable de mettre une définition sur « lacanien », mise à part le fait que j’avais rejoins la bande à Freud.

        • Mat

          4 juillet 2014 à 12 h 49 min - Répondre

          Lacanien, disciple de Lacan, quoi… Il considérait les jeux de mots comme la clé de la psychanalyse.

  3. Emmanuel

    17 avril 2014 à 8 h 45 min - Répondre

    Pour être rentré il y a de cela 1 mois, je me retrouve entièrement dans le § « Etre à la hauteur de ce que le voyage enseigne »
    Tes mots sont d’une justesse et expriment bien un décalage que beaucoup de voyageurs au long cours sentent lorsqu’ils « rentrent ».
    Quelque chose ne tourne pas rond est ce que je me tue à dire autour de moi en ces temps-ci. C’est le vrai « choc » auquel je ne m’attendais pas vraiment sur cet aspect alors que pour le reste, je m’y attendais plus ou moins (fossé qui se creuse avec famille/amis, perceptions et regards différents etc…)
    Par contre, tu cites reprendre pied avec la réalité. Je nuancerai le titre en citant: reprendre pied avec une ancienne réalité, laissée de côté le temps d’un long voyage bouleversant ton regard sur le monde.

    • Emmanuel

      17 avril 2014 à 8 h 56 min - Répondre

      et pour terminer sur la société et ses maux, l’enjeu pour le voyageur au retour est de devoir accepter que le système est imparfait, mais qu’il n’y a pas mieux pour le moment….. à chacun de trouver une juste adaptation..

    • Mat

      17 avril 2014 à 12 h 06 min - Répondre

      Merci Emmanuel 🙂
      Ah oui, c’est vrai qu’au retour on a tendance à pointer du doigt tous les dysfonctionnements et à énerver ses proches avec ses petites phrases et son air de donneur de leçon 😉
      Je me suis très vite censuré. Car, oui, ce qui change c’est d’abord ton regard. La réalité, elle, n’a pas changé. Ses imperfections nous sautent juste à la figure. Qu’il y ait mieux ou pas, finalement peu importe. Ce qui compte, c’est d’être en phase avec soi même (et c’est pas tous les jours facile !).
      Bon retour Emmanuel et bonne adaptation !

  4. Mathieu de VoirLeMonde.fr

    17 avril 2014 à 9 h 59 min - Répondre

    Le titre de ton article est vraiment très bien choisi et résume parfaitement le véritable défi d’une telle aventure. Partir n’est finalement pas si difficile. Abandonner pour un temps et s’alléger est une sensation tellement agréable qui permet de se concentrer sur l’essentiel.
    Mais revenir, quelque part c’est « renoncer » à cette frugalité, tourner une page… et ouvrir un nouveau chapitre. Le voyage au lent court, comme tu le dis très joliment, vous transforme et au retour un choix s’impose. Peut-on continuer comme avant ? Chacun trouvera sa réponse et devra en quelque sorte se réinventer !

    • Mat

      17 avril 2014 à 12 h 15 min - Répondre

      Salut Mathieu !
      Tu me fais penser à Titi Robin, un musicien que j’aime beaucoup et dont une phrase avait fait tilt : »Ses peines, ce qu’il imagine de l’amour, puis ce qu’il en fait, ses souvenirs heureux ou amer qui lui collent au train, le goût de la beauté, le prix d’une vie debout, voilà ce que raconte ma musique. le vrai voyage est intérieur. La musique se nourrit à cette source, au creux du coeur, sous l’étoile, car il n’y a pas d’ailleurs meilleur ni d’âge d’or dans le passé ».
      J’espère que tu as réussi à te réinventer 🙂

      • Marc

        19 avril 2014 à 18 h 31 min - Répondre

        Je suis bien d’accord!! Quand je partais réaliser mon tour du monde, des amis me disaient que j’étais « courageux ». Je ne me sentais pas spécialement courageux, plutôt chanceux de pouvoir quitter boulot, appart, avec des économie et sans dettes, en sachant qu’à mon retour je pourrais trouver du boulot… Chanceux. En revanche, quand je suis rentré il y a 1 an et 2 mois, c’est bien là où j’ai ressenti qu’il me faudrait du courage pour revenir à Paris. Revenir sans rentrer dans la routine, cultiver tous les enseignements découverts sur la route dans le terreau peut-être pas très propice de la vie d’avant… Là il faut faire preuve de courage.
        À mon retour, je m’étais pris deux mois pour m’écrire mes impressions à ce moment-là; Histoire d’avoir une trace de mon état d’esprit. https://itunes.apple.com/fr/book/partir-verifier-si-la-terre/id643196454 Ce n’est pas de la grande littérature, mais c’est un plaisir de pouvoir le bouquiner de temps à autres et réviser ce que j’avais appris. 🙂

        • Mat

          20 avril 2014 à 22 h 08 min - Répondre

          Hey Marc ! Merci pour le lien 🙂 Je vais potasser ça illico !
          Ca va me rappeler des trucs, j’ai l’impression 😉

  5. tiphanya

    20 avril 2014 à 15 h 58 min - Répondre

    Après 6 mois de voyage, nous contentant de l’Europe, nous avons fait un passage en France et inclus quelques jours avec la famille. C’est horrible cette sensation de ne jamais être parti, d’être de nouveau coincé à la même place.
    Nous sommes repartis rapidement, déçu et irrité par cette confrontation avec un monde qui n’a pas bougé, pas évolué.
    Un autre retour est déjà prévu, trop vite, trop proche, inéluctable. La seule chose qui nous fait accepter la situation, l’idée de repartir. Pas sur que ce soit la meilleure façon d’appréhender les choses, c’est la seule que j’ai pour le moment.

    Mais il ne faut pas oublier que la France peut être généreuse, surprenante, délicieuse, exotique. Il faut juste garder les yeux ouverts, même quand tout le monde baisse la tête et se tait. Bon courage.

    • Mat

      20 avril 2014 à 23 h 52 min - Répondre

      Hello Tiphanya 🙂
      Peut-être que si vous vous sentez coincé en France, c’est que vous avez besoin d’aller vivre à l’étranger, non ?
      On ne peut pas reprocher aux autres leur immobilisme. Mais si vous, vous avez des idées, faites ce qui vous chante. « Soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde », disait Gandhi.
      Quant à la France généreuse, délicieuse et exotique, c’est précisemment le thème de mon prochain voyage à travers la diagonale du vide ! Tu vois, on est raccord 😉
      Bon vent (dans le dos), miss !

  6. Bertrand

    21 avril 2014 à 15 h 08 min - Répondre

    Salut Math,
    Pas évident que de reposer les pieds sur terre 🙂
    Avec le voyage notre niveau de conscience s’élève et avec le retour il faut réapprendre à vivre au milieu de gens dont la conscience beigne dans le mensonge de la société jour et nuit. Le défit c’est d’une part de rester soi même, de rester dans la vrai, de ne pas céder à la lâcheté en réintégrant le moule ou en reprenant la route par défaut. D’autre part d’éveiller les consciences en montrant l’exemple, en ne cédant plus aux aberrations de notre société.
    Ce qui signifie aucunement que tout voyageur est dans le vrai post voyage puisqu’une bonne partie ne peuvent plus envisager la vie sans voyage et retombent par conséquent dans l’illusion de notre société : la dépendance à une source de bien être extérieur qui ne vaut pas mieux que la dépendance aux biens matériels, puisque le mécanisme psychologique qui se trouve derrière est exactement le même.
    Comme je l’avais écrit dans mon article traitant du sujet, c’est au retour qu’il faut faire preuve de force, certainement pas sur la route et dieu sait qu’il faut l’être pour assumer d’avancer à contre courant passant constamment pour un marginal. Mais si tu aime réellement le monde que tu viens de traverser, tu assumes car à l’évidence ta présence n’est pas tout à fait inutile au sain d’une société malade qui se rapproche chaque jour un peu plus du précipice, toute négativité gardé ;).

    • Mat

      22 avril 2014 à 23 h 39 min - Répondre

      Hello Bertrand ! Merci pour ton commentaire qui me donne l’occasion de mettre les pendules à l’heure.
      Eveilleur de conscience ? Bigre, j’espère bien que non ! S’il y a bien quelque chose que je déteste, ce sont les donneurs de leçon, les faiseurs d’opinion et autres gurus. Que des exaltés pensent avoir percé le mystère de la vie, grand bien leur fasse. Mais qu’ils s’avisent de venir me faire l’article et je deviens désagréable.
      Sur mon blog, je souhaite raconter des histoires et partager un point de vue personnel avec ceux qui auront la curiosité de me lire. Point. A chacun ses envies, ses recettes, ses blocages et ses raisons d’agir. Je ne suis pas un juge, encore moins un prophète.

  7. Nath'

    21 avril 2014 à 18 h 20 min - Répondre

    Bonsoir,
    J’ai découvert ton blog ce matin et hormis le fait d’avoir lu des choses qui ont fait écho en moi (je n’ai pas fait de tour du monde et pourtant, j’ai un mal de chien à m’acclimater à certains aspects de la société occidentale…), j’ai été très touchée par ton style d’écriture.
    Tu sais donner une couleur aux mots, leur donner vie, leur donner corps, tes textes semblent couler de source.
    Alors juste merci pour ce partage 🙂

    • Mat

      22 avril 2014 à 23 h 45 min - Répondre

      Olala Nath’, ton commentaire me fait vraiment plaisir 😀 Merci beaucoup. C’était mon petit bonheur du jour !

  8. Virginie

    23 avril 2014 à 9 h 13 min - Répondre

    Hello,
    Un très beau voyage que tu as fait et je comprends ce que tu es en train de vivre pour l’avoir vécu il y a 8 mois en arrière.

    Au début on est un peu perdu, effrayé et puis chasser le naturel il revient au galop. Mais tous ses souvenirs, toutes ses rencontres on fait de toi quelqu’un de différent et tu vas voir la suite c’est que du bonheur… Très certainement que tu repartiras (j’en suis même sûr) mais il est parfois bien de poser ses valises dans un endroit familier.
    Peut être qu’on se croisera sur les routes de France, ou du monde 😉
    « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité » Antoine de St-Exupéry

    • Mat

      26 avril 2014 à 14 h 09 min - Répondre

      Merci Virginie !
      Tu ne crois pas si bien dire : je suis déjà parti, reparti, re-reparti… Et le prochain départ est pour bientôt (clique donc dans le menu sur « la diagonale du vide » !
      Au plaisir de te croiser ici ou ailleurs 😀

  9. blogloindici

    24 septembre 2014 à 15 h 36 min - Répondre

    Le retour « à la vie ordinaire », c’est bien ce qui peut effrayer lorsque l’on a dans la tête de faire un tour du monde. Pour ma part, c’est une des raisons qui me font encore hésiter car un tour du monde ne doit pas être qu’une parenthèse dans une vie mais contribuer à un enrichissement personnel qui nous permet d’avancer encore plus fort et plus sereinement, avec pourquoi pas l’optique d’un changement radical. Mais bon, pour une raison ou une autre, ce n’est pas toujours réalisable…

    • Mat

      25 septembre 2014 à 16 h 02 min - Répondre

      Hello Steph ! Ce serait dommage de se priver du plaisir de faire un tour du monde par peur du retour. Si ce retour n’est pas toujours facile à vivre, c’est justement parce qu’on se transforme pendant le voyage. On pousse de nouvelles portes, on apprend beaucoup sur soi, on relativise. De retour, tout ça a un impact sur sa manière de voir les choses. Si le tour du monde n’est qu’une parenthèse, c’est une sacrément belle parenthèse ! Je ne connais personne qui ai regretté son départ. Ensuite, c’est vrai qu’il y a des contraintes qui peuvent rendre ce départ difficile. Mais tout est question de choix et de priorité. Je crois que ceux qui partent ont tout simplement VRAIMENT envie de partir. Si tu savais le nombre de fois que j’ai entendu « Moi aussi, je rêve de faire le tour du monde, mais… » suivi d’une litanie de raisons plus ou moins valables.
      Moi mon conseil, si tu as vraiment envie, c’est de te lancer. Tu ne le regretteras pas ! Et puis le retour, ça s’anticipe, ça se prépare. Moi j’avais pas trop préparé 😉
      Merci d’être passé par là 🙂

      • Flo

        15 janvier 2015 à 1 h 44 min - Répondre

        Salut!
        Je rentre de près de 10 mois d’un voyage en solitaire et j’ai beaucoup aimé ta façon d’exprimer ce retour, ton retour.
        Reprendre les habitudes d’avant me surprend aussi après tout ce qu’on a pu vivre. Alors oui, la France offre beaucoup de belles choses, la Culture, la Sécurité, la Santé … Mais à côté de ça, les gens semblent tellement blasés! Et arriver aux moments des fêtes où tout le monde cherche désespérément à consommer, dépenser… Bref, pour ma part, j’espère repartir et cette fois sûrement rester à un endroit précis.
        Je trouve aussi étrange que beaucoup abordent le voyage comme une fuite. N’est ce pas fuir la réalité que de se laisser happer par une société où l’on ne prend même plus le temps de savoir qui l’on est vraiment et en suivant un mouvement de foule parce « c’est conforme ».
        Bref, et toi que fais-tu maintenant? De retour sur la route?
        Amicalement,

        • Mat

          15 janvier 2015 à 15 h 51 min - Répondre

          Salut Flo ! Welcome back 🙂
          C’est vrai que les fêtes de fin d’année ont un petit côté surréaliste quand on rentre de destinations où la simplicité est de mise. Mais il faut voir le bon côté des choses : c’est une période pour se rassembler et voir la famille. Et puis aussi pour bien manger – ça compte pour moi 😉
          Fuite ou pas… Chacun prend la route avec ses bonnes ou ses mauvaises raisons. On se rend compte assez vite qu’il n’y a pas d’ailleurs meilleur ou pire. Il y a des endroits où l’on se sent bien ou pas, et libre à chacun de chercher son petit coin de paradis, où qu’il soit.
          Moi j’ai tenté pendant 10 ans l’expérience de la vie sédentaire à Paris. J’y ai laissé quelques plumes et finalement perdu du temps.
          L’année dernière, j’ai quitté la morosité de Paris pour Berlin où j’ai retrouvé le sourire. Et je reprends la route au printemps pour un périple d’un an en France ! Olé !
          Ecouter ma petite voix intérieure, c’est un des trucs que j’avais appris en voyage. J’aurais du faire de même une fois de retour. Ce qui compte au final, c’est de se sentir à sa place, non ?

          • Flo

            15 janvier 2015 à 16 h 13 min

            Salut!

            J’entends beaucoup de bien de Berlin! Pour ma part, je lorgne sur la Bolivie et pense retourner m’y installer.
            Sympa la photo du Salar. C’est tellement beau avec toutes les lagunes. J’y avais croisé qques personnes en vélo. Impressionnant! C’est finalement en voyageant qu’on se dit que « Rien est impossible ».
            Bonne route!
            🙂