Le GR10, du pic d’Orhi au pic d’Anie

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Le GR10, du pic d’Orhi au pic d’Anie

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3 mai 2016

4 Commentaires

Aux confins du pays basque, la neige rend ma progression sur le GR10 délicate. Du pic d’Orhi au pic d’Anie, je m’offre une dernière étape rocailleuse à travers les gorges d’Holzarte.

Bruits de bambous, de sarbacanes, de xylophones. La neige qui fond dans les branches fait des sons délicats. Trois jours durant, pendant que je regardais les nuages tourner autour de mon gîte sur le plateau de Phagalcette, elle s’est accumulée en altitude.

Un soleil magnifique bombarde les petits tas qui tombent et se désagrègent comme du sucre glace. Aux chalets d’Iraty, qu’on soit luge ou bonhommes de neige, tout le monde célèbre la première neige de la saison.

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Raquettes dans la forêt d’Iraty

Les pistes se lancent à travers bois en direction des sommets. Après quelques virages, on aperçoit le pic d’Orhi, le premier deux mille de la chaîne des Pyrénées, fumer dans le vent. La luminosité intense fatigue les yeux.

L’ombre plus intime du sous-bois fait du bien. Mes raquettes s’enfoncent en craquant dans la poudreuse. La forêt bruisse. Quelques paillettes caressent parfois la joue, fondent sur le nez. La neige semble fleurir sur les arbres.

Un skieur de randonnée me montre le tracé que suit le GR10 jusqu’à ma prochaine étape, Larrau. Face à nous, le pic des escaliers disparaît sous la neige. Sans sac, raquettes aux pieds, je suis infatigable. Mais une fois redevenu simple randonneur, est-ce jouable ?

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Jour blanc

Visibilité nulle, neige cotonneuse, le jour suivant est un jour blanc. J’en profite pour glaner des informations sur les étapes à venir. Niveau d’enneigement, endroits où dormir… Chance, le veilleur de nuit de la station est aussi le propriétaire du gîte de la prochaine étape : le Logibar, à Larrau. Son humour est un peu particulier.

« On est fermé. Mais j’ai pensé, pourquoi tu ne ferais pas un igloo pour dormir ? Ce serait une bonne occasion ! »

Pendant la saison, l’affaire de Domi emploie une douzaine de personnes.

« Le plus dur, ici, c’est de trouver des salariés. Dans les villages, il n’y a plus que des vieux. Les jeunes sont partis en ville. C’est malheureux de se dire qu’il y a du boulot et que personne n’en veut. »

Je m’absorbe dans la contemplation des flocons. Les chutes de neige des derniers jours risquent de rendre le franchissement des cols compliqué. Passé mille mètres, les balises disparaîtront sous la neige. Suivre le GR10 s’avère difficile. Il me faut composer un itinéraire qui reste en deçà de cette limite. Ce sera la première fois que je me défile en prenant la route.

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Sur la route de Larrau

Sur la route de Larrau, je croise des panneaux « attention troupeaux ». Toutes les sortes de bruits d’eau, goutelettes, cascades, torrents, m’accompagnent dans ma descente jusqu’au fond de la vallée de la Soule.

Il fait encore soleil lorsque mes chaussures crottées piétinent  la moquette claire de « Chez Etchemaïte ». L’hôtel arbore deux étoiles, mais ce sont surtout les deux toques au Gault et Millaut qui justifient ma présence.

Pour vingt tout petits euros, le menu proposé aux pensionnaires de l’hôtel offre un bel aperçu de la gastronomie basque et des talents du chef Pierre Etchemaïte :

Oeufs pochés basquaise, tartine de boudin de pays, piperade basquaise et pleurote.
Filet de dorade grillée servi sur une tartine de pied de porc, croustillant de légumes.
Entremet aux trois chocolats, glace vanille et sablé coco

Cette fois-ci, je range l’appareil photo. Je veux savourer le moment comme un lot de consolation en lieu et place de cette ascension du pic des escaliers qui s’avérait sublime.

Je quitte la table tout à fait consolé.

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Les gorges d’Holzarte

Chaleur et douceur, la neige est déjà oubliée. Les lézards détalent à mon approche, se réfugient dans les infractuosités de la pierre. Le torrent bout au fond des gorges d’Holzarte. La traversée de la passerelle qui l’enjambe me procure un doux vertige.

Je suis au royaume des cascades. Par endroit, le GR10 n’est plus qu’un ruisseau boueux qui dévale la pente. Alors que je reprends un peu d’altitude, les plaques de neige reprennent du terrain, accrochées à l’herbe rase. Je les délaisse, me détourne des cols et de leurs hauteurs pour suivre les courbes de niveau.

Au détour d’un virage, le pic d’Anie surgit. Je sais qu’au delà, la neige rendra la progression impossible. La fin de cette traversée des Pyrénées le long du GR10 approche. Pour l’heure, le soleil décline, la lune se lève et je suis encore bien loin de l’arrivée. Je redescends vers le fond de la vallée en courant, entraîné par les vingt kilos de mon sac qui rebondissent sur mes hanches. La pause à Sainte-Engrâce sera salvatrice. Les chasseurs auront beau festoyer toute la nuit, je dormirai d’un sommeil de plomb.

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Adieu au Pays basque

« Mais c ‘est pas du tout la saison pour faire le GR10 ! »

Combien de fois l’ai-je entendu, cette phrase ? Non, ce n’était pas la saison en effet, mais je voulais voir les Pyrénées sous la neige et je n’ai pas été déçu.

À Arête, je quitte définitivement le tracé du GR10 et avec lui le pays basque alors que la grande traversée des Pyrénées bifurque vers la station de la Pierre-Saint Martin. Petit pincement au cœur en passant au pied des pistes de ski. Attachés à leur niche, des chiens de traîneaux hurlent. Pleurent ? Je passe un bon moment à les observer.

Si j’étais un chien de traîneau, je pleurerais comme eux de frustration.

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  1. Nico

    3 mai 2016 à 22 h 00 min - Répondre

    Je connais parfaitement ces chemins et même si j’aurai tenté de vous dissuader de monter à Iraty seul, sous la neige, je vous félicite pour la qualité de votre récit et surtout de vos photos qui mettent « notre » Pays Basque à l’honneur? Bonne route. Je mets votre site dans mes favoris

    • Mat

      3 mai 2016 à 23 h 57 min - Répondre

      Merci Nico !
      Je ne vous aurais pas écouté 😉 J’étais bien trop prêt pour renoncer si près du but. Et d’ailleurs, j’ai bien eu raison. Je serais passé à côté d’un des plus beaux moments du voyage !

  2. Marie Claude Lafitole

    28 mai 2016 à 10 h 50 min - Répondre

    Oh, Matt, je connais si bien ces coins, puisque je suis de Mauléon. C’est mon trésor intérieur, l’indicible bien que vous le faites si bien…. Ahusquy et Iraty, Larrau et Etchemaïte, Holzarte, les gorges de kakoueta aussi même si vous ne les mentionnez pas ici…Quelles belles photos! Merci, de ce pas, je m’en vais partager votre article sur Facebook. Bonne continuation dans votre périple. Où êtes-vous, là, en ce moment?
    Je vous envoie plein de pensées positives…

    • Mat

      30 mai 2016 à 22 h 53 min - Répondre

      Coucou Marie-Claude 🙂
      Halala oui, quel bouquet final, cette vallée de la soule ! Je connais un autre natif de là-bas, et il est tout aussi fan que vous de chez lui.
      Là je suis dans les gorges de l’Aveyron, où j’essuie orages après orages. Ça commence à devenir pénible… Heureusement les arrêts au stand sont autant d’occasions de faire de belles rencontres !
      Merci pour les pensées positives, je hisse l’antenne 😉

Pssst... Je suis sur la route !

Je vous emmène dans mes valises ?