Amtoudi, sur les traces du soleil

4 commentaires - Amtoudi - Publié le

Rejoindre Amtoudi, canyon-oasis retranché dans les reliefs de l’Anti-Atlas et remonter les sources de l’oued jusqu’au plateau. C’était l’objectif de ce voyage au Maroc. Un trek de cinq jours, coupés du monde, dans le silence du désert, à la poursuite du soleil. Avec le ciel pour ennemi.

Saint Louis : 2227 kilomètres. Le taxi Mercedes vert émeraude au toit jaune est lancé comme un avion sur la route qui tire entre les montagnes de l’Anti-Atlas. Nous filons vers le grand sud. Attention, moutons.

De petites gouttes mouchètent le pare-brise.

«  Il pleut souvent ici ? »
« Non. Tu aimes la pluie ? »
« Pour marcher, non. Pour dormir encore moins ! »

La dernière fois que Bertrand est venu, les averses ont gonflé le lit des oueds. Canyons impraticables, inondations meurtrières. Il ne pleut jamais dans le coin. Normalement.

Derrière la vitre, la montagne se dilue. Une aquarelle gris-orange-vert infusée de noir. Et puis la pluie s’installe. Et le silence. Seuls sur la route, les montagnes défilent en cinémascope. Oasis éparses. Ligne solitaire des poteaux électriques qui signalent un village quelque part.

Si les oueds gonflent, on sera coupé du monde.

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

L’oasis

Le chant de la prière et le rire des enfants s’engouffrent par la porte de notre chambre.

Amtoudi, versant sud de l’Anti-Atlas. Un canyon-oasis, peut-être le plus beau. La route s’arrête ici, avec le bruit des moteurs. On n’emprunte qu’à pied les chemins qui escaladent la falaise et font corps avec la roche.

Sur les cartes, le canyon serpente entre les courbes de niveau. L’itinéraire est simple : suivre les falaises jusqu’au plateau.  À l’entrée de la palmeraie, le chef du village – ce regard droit et fier ! – prend note de nos plans : remonter le cours de l’oued pour aller aussi loin que possible. Nous avons des vivres pour 5 jours.

C’est notre dernière rencontre. Nous disparaissons dans la végétation, en équilibre sur les canaux d’irrigation. Le chemin le plus court est celui de l’eau.

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Le canyon

Les falaises nous regardent de tous leurs yeux progresser maladroitement et déranger le silence qui règne dans ce décor pétrifié.

Sous nos godasses, les petites pierres croustillent comme des gâteaux secs. Nous savourons le bruit mat des cailloux qui trébuchent, désaccordés, le choc des cuillères dans les gamelles en fer blanc, le vent qui siffle dans les branches. Nous jouons la musique du désordre.

Les falaises ne répondent que lors des baignades. L’eau cristalline des gueltas, délicieusement glaciale, nous arrache des cris repris en écho par la roche. Au reflet de l’une dans l’autre, je les crois complices.

Les pierres et les cailloux roses, bleus, jaunes, violets qui jonchent le lit de la rivière sont les confettis d’un mariage. Leurs mouvements ont épousé ceux de l’eau. Doucement polies par l’oued, les roches ondulent. Leurs couleurs sont douces à la lumière d’un ciel de pluie. Elle se couvrent de petits ronds sombres lorsque les impacts de gouttes apparaissent, nettes, sur la roche mat.

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

La falaise

Il faut escalader la falaise pour contourner une cascade infranchissable. Nous scrutons la paroi. Des escaliers naturels de blocs en déséquilibres millénaires se révèlent dans le chaos illisible de la roche. Des signes cabalistiques et des cartes codées apparaissent dans les infractuosités passées au sable ocre. Celui-là, il colore tout, s’imisce dans chaque interstice. Avec le silence, c’est l’autre maître des lieux. Insidieusement, nous changeons de couleur.

Et quand nos gesticulations cessent entre les pierres, quand l’heure du bivouac est arrivée, nos esprits vides s’abandonnent autour du feu et d’un bon bol de soupe chaude. Alors, le silence s’invite et nous parle sans bruit.

J’avais oublié comme il apaise.

>> La suite du trek : Du feu et de l’eau dans le désert

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Amtoudi-anti-atlas-trek-maroc

Tags: , , ,


Vous avez fait bon voyage ?

Un petit clic pour dire merci ?

Je vous emmène dans mes valises ?
Inscrivez vous, le billet est offert.

Globe-trotter chaque mois sans bouger de chez soi()

Laissez un petit mot

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

* :


neuf − = 3

Laissez un petit mot

Pssst... Je suis sur la route !

Je vous emmène dans mes valises ?